Législatives : le PS favorable à 10% de proportionnelle "correctrice"
PARIS, 25 sept 2007 (AFP) - François Hollande a indiqué mardi devant le Comité de réflexion sur les institutions présidé par Edouard Balladur que le Parti socialiste était favorable pour les élections législatives à une proportionnelle "correctrice" qui concernerait 10% des sièges de l'Assemblée nationale.
Ce mode de scrutin permettrait que l'Assemblée soit "plus représentative", avec une dose de proportionnelle "compatible avec la possibilité d'obtenir une majorité pour gouverner", a-t-il souligné devant le comité.
"Une proportionnelle stricte", sur 10% de l'Assemblée, "ne changerait pas grand chose a la représentation de l'Assemblée nationale", a-t-il estimé.
Le système de proportionnelle "correctrice", en vigueur notamment en Allemagne, compense les sous-représentations induites par le scrutin majoritaire. Selon M. Hollande, 10% de proportionnelle correctrice, favorisant les petits partis, équivaudrait à une représentation à la proportionnelle de la moitié de l'Assemblée.
Le président du Modem François Bayrou défend la même position, avec également 10% des 577 sièges à la proportionnelle correctrice.
Les deux chefs de partis -qui peuvent, unis, empêcher la majorité des 3/5èmes des parlementaires requise pour faire modifier la Constitution- doivent se rencontrer mercredi en fin d'après-midi à huis-clos à l'Assemblée, pour parler des institutions.
Un autre sujet devrait être abordé par François Hollande lors de cette rencontre : l'éventualité que le chef de l'Etat puisse s'exprimer devant le Parlement, comme le souhaite Nicolas Sarkozy.
M. Hollande a réitéré à cet égard mardi l'opposition des socialistes à cette idée. "Cette situation créerait des ambiguïtés", a-t-il estimé. "S'il vient et disparaît aussitôt, nous serions dans la soumission". S'il y a ensuite débat, ce serait "normal qu'il y ait vote", ce qui ferait, selon M. Hollande, basculer la Vème République dans un régime présidentiel.
"Si le président de la République a une communication à faire, son message peut être lu" au Parlement, et "s'il veut faire une communication au pays, il y a des moyens plus directs", a-t-il souligné.