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Refondation du PS

Vendredi 20 juillet 2007 5 20 07 2007 15:57

La tête à gauche

 

N°118 -19 juillet 2007

www.lateteagauche.org

Imperdable ?

Voici venu le temps de l’analyse, dfe l'introspection et du débat. Des premiers textes de socialistes ont déjà été rendu publics en attendant les ouvrages de la rentrée qui livreront les différentes lectures des défaites de la gauche à la présidentielle et aux législatives.

C’est sain, utile et pour tout dire indispensable,surtout si l'on considère le climat qui règne aujpourd'hui au Parti Socialiste et plus encore le désemparement de  ses militants qui n'ont jamais économisés leurs forces dans les difficiles batailles de 2007.

Mais pour qu’il soit efficace, ce profond travail de réflexion doit être réalisé sans aucun tabou ni concession. C’est-à-dire, pour être clair, qu’il devra d’abord et avant tout être déconnecté des enjeux de personnes, des calculs de boutiquiers et des intérêts de sous crèmeries.

C’est même ce en quoi doit consister le premier acte tangible de la rénovation dont tout le monde parle sans jamais dire concrètement ce qu’elle recouvre.

Chacun jurera bien entendu que cela va de soi. Et pourtant, ce n'est pas le cas. Car déjà nombreux sont celles et ceux qui ont commencé leurs propos en disant que la présidentielle était "imperdable". Ne tournons pas autour du pot : imperdable, c'est une façon qui se veut polie de dire que si Ségolène Royal n'avait pas été notre candidate, nous aurions gagné le 6 mai, ce qui est assez grossier.

Faut-il pour autant, symétriquement, exonérer la campagne de Ségolène Royal de toute erreur ? Evidemment non. Si en démocratie, par nature, aucune élection n’est gagnée d’avance, aucune défaite n’est par avance programmée.

 Néanmoins, "imperdable", convenons-en, c'est un peu court.Court parce que cela revient à considérer que l'UMP de Sarkozy qui a fait l'union des droites était un adversaire de pacotille. Court parce que c'est remiser la division de la gauche issue du référendum européen au rang d'anecdote. Court parce que cela fait l'impasse sur les conditions particulières de la désignation - trop tardive, trop violente - qui ont tant affaibli notre candidate et permis à la droite de la pilonner sans relâche en creusant un sillon déjà bien travaillé en interne. Court parce que cela omet de reconnaître à quel point ont manqué l’unification des mots d’ordre et l’homogénéisation des discours pour gagner et crédibiliser la volonté de tous les socialistes de rénover la gauche.

C’est court mais surtout une erreur politique. Car dans cette "réflexion", on peut lire en creux que le projet ne comptait pour rien  et que les circonstances dispensaient les socialistes de se présenter devant les français en ayant montré qu'ils avaient tiré toutes les leçons du passé et que leur démarche s'inscrivait bien dans la société réelle, telle qu'elle est, et pas telle qu'on la rêve. Affirmer que l'élection était imperdable, cela revient à dire que n'importe qui pouvait gagner car le souvenir du 21 avril, l'anti-Sarkozysme et le bilan du gouvernement devaient largement suffire à assurer la victoire.

Nous pensons tout au contraire que la défaite vient de loin. Et que c'est le projet socialiste qui doit d'abord nous interroger et mobiliser notre réflexion. Car dans le cas contraire, nous resterions au mieux dans l'incantation, au pire dans le calcul interne. Comme toujours dans l'histoire de la gauche, la question de la rénovation et de la reconquête relève bien plus de l'orientation que des générations et des personnes, même s'il arrive parfois que les deux se rejoignent comme le proclame la célèbre formule : "avec une orientation se meurt aussi la génération qui l'a porté".

Aussi dans ces colonnes, rien d’autre que le fond n’aura sa place. Cela doit commencer par une analyse de la société française et de ses contradictions. Elle est déboussolée par l’impact considérable de la mondialisation sur l’efficacité des politiques économiques et donc par l’utilité de l’action politique même. Elle est travaillée par les peurs et l’inquiétude, hantée par l’angoisse du déclassement social, enfoncée dans le chômage de masse depuis 25 ans et par sa variante de la généralisation de la précarité. Elle est déstabilisée sur ses fondements républicains par les effets terribles de la ghettoïsation matérialisés par l’insécurité et le repli sur soi. Au total, la société française a perdu ses repères fondamentaux.

Comment la rassembler ? Comment la rassurer ? Comment la mobiliser ? Voilà les questions auxquelles devait répondre un projet socialiste capable d'emporter l'adhésion du plus grand nombre. Nous n'y sommes pas parvenus. La force est allée à celui qui donnait le sentiment d’être le plus fort alors que notre projet est apparu comme trop imprécis et peu crédible. Malgré des intuitions justes sur des sujets aussi décisifs que sur l’autorité, l’éducation, la valeur travail ou la réforme de l’Etat, le pacte présidentiel n’a pas suffit alors même qu’il avait corrigé nombre des insuffisances du projet socialiste.

Cela a été particulièrement vrai dans le domaine économique et social, là où se joue une élection puisque c'est ici que se situent le coeur et le fondement de
l'opposition droite-gauche. Il faut citer spécifiquement la question des retraites et celle de la rupture avec l'assistanat et de la modernisation du modèle social, qui auraient du permettre à la gauche de démontrer qu'elle en avait terminé avec l'accompagnement du libéralisme qui faisait d'elle une sorte de soigneuse de touche du capitalisme.

En contrepoint, on nous dit que la campagne de Ségolène Royal n’a pas été suffisamment orientée sur le social. Le débat n'est pas à écarter d’un revers de main. Il faut le mener jusqu’au bout. Car si les injustices de plus en plus criantes doivent être corrigées et appellent à plus de redistribution, celle-ci ne peut s’effectuer que si nous sommes capables de créer des richesses en économie ouverte.

La praticabilité de nos mesures, c’est le point de départ obligé d’un projet crédible. Dans le cas contraire, nous retomberions dans les propositions revendicatives de type syndical de multiplication des allocations et des revenus de transfert. Elles sont nécessaires mais ne peuvent être le coeur d’une politique socialiste. Tout le monde le sait, à commencer par les français, qui se disent eux-mêmes vaccinés par les « y’a qu’a faut qu’on ».

Ils savent bien que si nous nous bornons à multiplier les aides sociales sans création de richesses supplémentaires qui seraient générées par un nouveau modèle de croissance compatible avec la transnationalisation des échanges, cela aboutira inéluctablement à reprendre d’une main ce qu’on l’on aura distribué de l’autre.

En fait c'est d'abord la définition d'un nouveau modèle économique qui pourra nous permettre de constituer un front de classe en lui donnant un contenu. Or en faisant croire à tout le monde que la richesse était à portée de chacun comme si la véracité du rêve américain n'était qu'une question d'état d'esprit, Sarkozy a gommé les antagonismes de classe. Car il ce faisant brisé l'opposition capital-travail et réussi à faire voter des pauvres comme s'ils étaient riches. Son actuelle "ouverture" n'est d'ailleurs que le prolongement gouvernemental de cette stratégie électorale.

Si bien qu’à présent, toute la tâche des socialistes consiste à travailler à la redéfinition d’un nouveau modèle économique. Nous en connaissons le cadre : celui de la mondialisation et de l’urgence écologique. Nous savons quel type de capital –le capital financier- est responsable de l’épuisement des stratégies classiques de redistribution social-démocrates. Nous savons donc que c’est en opposition à lui que pourra se constituer un nouveau front de classe structuré autour de l’enjeu central de la répartition de la valeur ajoutée. Nous savons aussi que ce modèle devra être praticable en économie ouverte de marché pour être crédible.

Fondamentalement, et c’était sous-jacent dans le pacte présidentiel, il s’agit de faire du capital et de l’investissement humains un facteur de production fonctionnant comme un moteur et un accélérateur endogènes de croissance et de création de richesses. C’est le point de départ incontournable de toute ambition redistributrice. Cela implique d’abord et avant tout un investissement public considérable qui pourrait être rapidement efficace si les règles de la BCE et du pacte de stabilité sont réformées.

Les choix de long terme devront guider et orienter les choix budgétaires dans ce retour de l’Etat volontaire. L’investissement massif dans l’éducation, l’innovation et la recherche est une clé majeure pour que la France renoue avec son potentiel de croissance. La matière grise, l’intelligence, notre niveau éducatif global, sont nos principaux atouts dans la mondialisation. Celui dans le développement durable aussi, avec la volonté de ne pas faire du défi écologique un ennemi de la croissance mais au contraire un de ses déterminants. Le choc technologique que représente la naissance -obligatoire- d’un nouveau mode de production avec la définition de nouvelles normes de consommation est porteur de millions d’emplois nouveaux potentiels.

Cela doit s’accompagner dans le même temps d’une complète refonte de la conception et de la pratique du dialogue social et de la mise en place d’une véritable sécurité sociale professionnelle. Car c'est d'abord cette « convergence positive », cette alliance des productifs, qui détermine le niveau d’emploi et de création de valeur ajoutée, et donc au final qui décide de l’ampleur de la redistribution. C’est bien dans l’entreprise de la sphère productive que se créent les richesses, dans l’alchimie qui mêle le travail des salariés à la prise de risque des entrepreneurs qui réinvestissent leurs bénéfices dans la production. La sphère financière, celle du CAC 40, est uniquement spéculative et totalement déconnectée du circuit de l’économie réelle : elle organise les délocalisations et redistribue l’ensemble de ses profits sous forme de dividendes, qu’elle obtient en compressant la rémunération du travail et en abandonnant toute prise de risque et toute innovation.

C’est ce socle théorique là, encore balbutiant et déjà sous-jacent pendant la campagne présidentielle, qui peut redonner un sens à la social-démocratie. Il nous a fait défaut dans le moment décisif. Il n’était pas prêt et par conséquent nous non plus. Il faut nous atteler dès maintenant à son développement. Tout en dépend : donner le sentiment aux français que nous sommes à la tâche et pas dans le délitement, enclencher la rénovation pour de bon, et reconstruire une véritable stratégie d’union. Car sur quoi d’autre que le fond ne s’est jamais construit un rassemblement victorieux ? En 1981, il y avait les nationalisations, la relance de la consommation. En 1997, la gauche plurielle se confectionne autour des 35h et des emplois jeunes. Ce qu’il faut à la gauche, c’est un programme. Et un programme, c’est d’abord un modèle économique et social.

Eric BENZEKRI

s’abonner : lateteagauche@free.fr

www.lateteagauche.org

lettre du club de la gauche socialiste

Responsable de la publication: Eric Benzekri. Comité de rédaction: Geneviève de Kerautem, Tristan Klein, Geoffroy Michel, Sébastien Pietrasanta, Patricia Philippe, Flora Saladin, Jean- Alain Steinfeld, Boris Vassaux, Hélène Orain

Mon commentaire : ce texte me semble poser les bonnes questions de fond, à quelques nuances près. Mais il fait l'impasse sur le calendrier, interne et externe. L'ampleur de la tâche montre qu'elle ne peut être conduite valablement en quelques mois. Mais les adhérents et les électeurs de gauche attendent un signal fort. Il ne pose pas non plus la question de la méthode, ni celle du mode de fonctionnement du PS, c'est loin d'être négligeable. Si on tient compte de tout, le scénario que j'ai déjà évoqué me semble toujours le plus pertinent.

Par EXCOFFIER Jean
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Mardi 24 juillet 2007 2 24 07 2007 17:54

PARIS (AFP) - Le député socialiste de l'Essonne Manuel Valls a estimé lundi sur RMC qu'il fallait "faire imploser" le PS et "changer en profondeur ses idées" et ses méthodes de travail.

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"Je suis d'abord ambitieux pour ma formation politique, pour qu'elle change en profondeur son logiciel, ses idées, ses propositions, pour qu'elle se rénove, change aussi ses méthodes de travail", a-t-il dit, ajoutant qu'il fallait "faire imploser ce parti".

"Cette rénovation ne se fera pas d'abord autour des hommes, des femmes ou des générations, elle se fera d'abord autour des idées", a souligné Manuel Valls, estimant qu'il ne fallait "surtout pas" poser "d'abord la question en terme de pouvoir et d'hommes, sinon malheureusement la rénovation des idées sera impossible".

Manuel Valls a accueilli vendredi à Evry, ville dont il est maire, la première étape d'un cycle de réflexion sur "l'avenir de la gauche", qui a réuni plusieurs députés PS désireux de refonder le parti, comme Arnaud Montebourg et Gaëtan Gorce.

Le projet socialiste à l'élection présidentielle "était en décalage par rapport aux attentes des Français et aux évolutions de la société, sur le travail ou sur l'autorité républicaine par exemple", a relevé M. Valls sur RMC.

Concernant les 35 heures, il a estimé que "parfois, cela a été perçu par beaucoup de nos compatriotes comme un frein à gagner plus, comme une répartition du travail qui ne correspondait pas à leur envie de travailler plus pour gagner plus".

"Je constate que beaucoup au sein du PS se contenteraient d'attendre les erreurs du gouvernement ou que le PS soit une grande formation d'élus locaux, mais qu'elle n'accède plus au pouvoir", a-t-il encore relevé.

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Par EXCOFFIER Jean
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Mercredi 25 juillet 2007 3 25 07 2007 19:37

PARIS (AFP) - Le Bureau national du PS a adopté mardi soir une "charte de la rénovation"
détaillant le calendrier et la méthode pour fonder "la gauche du 21e siècle" et se donner les moyens d'assurer l'alternance en 2012.

Ce texte a été accepté "par consensus" à l'issue d'une réunion clairsemée, la dernière avant les vacances, et en dépit d'"un certain scepticisme" d'une partie des participants, selon le porte-parole du parti, Julien Dray.

Mais seul le député de la Nièvre Gaëtan Gorce s'est nettement démarqué, ne prenant pas part au vote, a ajouté M. Dray.

Trois forums seront organisés à partir de l'automne, portant sur "les socialistes et la nation" (24 novembre), "les socialistes et le marché" (15 décembre), "les socialistes et l'individu" (20 janvier 2008), indique le texte de la charte remis à la presse.

Ils seront préparés par des débats "au niveau national comme au niveau des fédération", des "rencontres avec des intellectuels, des syndicalistes, le monde associatif et des responsables d'entreprise", ainsi que par l'étude des expériences européennes.

Cependant, il est ressorti de la discussion, de manière "implicite" qu'ils ne seront pas sanctionnés par un vote, selon Julien Dray. Après la défaite aux législatives, les partisans de Ségolène Royal - elle-même actuellement en vacances - avaient insisté pour que les militants soient consultés tout au long du processus.

Les travaux devront déboucher sur "des réponses précises et mobilisatrices, notamment sur le travail, la croissance, l'entreprise, la fiscalité, la protection sociale, l'énergie, l'écologie, la population et la sécurité", précise la charte.

D'autre part, selon le texte, "une commission de la rénovation sera mise en place" le 20 janvier 2008, au terme de ces forums, et remettra son rapport le 9 février. Elle aura notamment pour mission de "redéfinir les règles de délibération (et) processus de décision" pour faire du PS "un instrument politique moderne et offensif".

Dernier volet, ce travail devra "tracer les nouvelles frontières de la gauche" afin de "construire un rassemblement majoritaire et cohérent". A cette fin, des rencontres avec les autres partis de gauche commenceront "dès l'automne".

Les responsables de cette oeuvre de rénovation n'ont pas été désignés.

Nous sommes dans le mouvement (...) Il y a unanimité, ou presque. Les socialistes veulent être au travail ensemble et mettre tout sur la table. Je suis heureux et fier qu'on puisse donner aux militants un programme de travail", a déclaré à la presse le premier secrétaire François Hollande.

Interrogé à la sortie de la réunion, M. Gorce a critiqué un "processus tronqué", jugeant notamment "trop resserrée" l'organisation des forums. "Le changement doit être beaucoup plus radical (...), j'ai l'impression de revivre 2002", a-t-il ajouté.

Le patron de la fédération de Paris, Patrick Bloche, a dit "rester très interrogatif" et "insatisfait", exprimant la crainte "qu'on retarde une clarification très attendue".

Selon Julien Dray, proche de Mme Royal, la large approbation de la charte s'explique par "la volonté de ne pas marquer a priori un esprit négatif" à l'égard des initiatives du premier secrétaire.

Le texte intégral adopté par le bureau national, avec le calendrier complet, c'est sur le blog : http://74segolenepresidente.over-blog.org/ 

Par EXCOFFIER Jean
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Mercredi 25 juillet 2007 3 25 07 2007 19:40
Analyse
François Hollande et l'art de la sortie, par Michel Noblecourt

LE MONDE | 25.07.07 | 13h25  *  Mis à jour le 25.07.07 | 13h25


Une fois encore, François Hollande est à la manoeuvre. Mais il ne s'agit pas cette fois - à la différence de ce qu'il avait entrepris en 2002, après la défaite de Lionel Jospin, ou encore en 2005, après la victoire du non au référendum européen - de sauver sa place de premier secrétaire du Parti socialiste. Sa manoeuvre vise aujourd'hui à lancer le processus de rénovation d'un PS qui patauge dans le brouillard et la confusion et à déjouer le pronostic de Nicolas Sarkozy, convaincu que les socialistes vont hiberner dix ans dans l'opposition, tout en voulant démontrer son savoir-faire dans un nouvel art, celui de sa propre sortie.

Au prochain congrès du Parti socialiste, probablement en juin 2008, cinq mois avant la date statutairement prévue et après les élections municipales de mars, François Hollande, 53 ans, quittera le poste de premier secrétaire, qu'il occupe depuis novembre 1997. Près de onze ans de règne - un record dans l'histoire du PS - pour celui qui s'est senti perçu par ses militants comme "un réducteur de crises, un amortisseur des chocs, un rassembleur des socialistes". Promis, juré, M. Hollande, qui aime à se décrire comme un "Sisyphe de la politique" - qui sans cesse doit remonter la montagne pour recommencer son ouvrage -, mais un "Sisyphe heureux", ne s'accrochera pas, même si les élections municipales sont aussi roses que l'annoncent les augures. Il ne sera plus que député de Corrèze et maire de Tulle.

Le départ de M. Hollande pose trois interrogations : pourra-t-il être l'artisan de la rénovation - alors que les "rénovateurs" le gratifient d'une "stratégie d'endormissement" - sans en être le maître d'oeuvre? Quel sera son successeur ? Aura-t-il encore un destin politique ? Capitaine contesté et affaibli d'un navire sans boussole, cerné par les "jeunes lions" qui le pressent de déguerpir, M. Hollande veut imprimer sa marque à cette "refondation". Après l'université d'été de La Rochelle (31 août- 2 septembre), trois groupes, "rassemblant toutes les générations", prépareront trois forums dont les thèmes ont été (mollement) adoptés par le bureau national, mardi 24 juillet, sous la forme d'une "charte de la rénovation". Ils porteront sur "les socialistes et la nation" (24 novembre), "les socialistes et le marché" (15 décembre) et "les socialistes et l'individu" (20 janvier 2008).

Pour le maire de Tulle, cette mise au clair des idées socialistes doit aboutir à un "aggiornamento" qui, estime-t-il, "est moins lié à l'économique et au social qu'aux questions de société, d'immigration, de droits et de devoirs, ou encore aux mécanismes de l'Etat-providence". Une fois cette nouvelle matrice élaborée, la deuxième étape consistera à voir quel nouveau parti pourra correspondre à cette conception du socialisme réformiste et quelle stratégie d'alliances pourra être conduite sur la base d'un "rassemblement de la gauche et au-delà". Le 20 janvier 2008, une "commission de la rénovation" aura la mission de "redéfinir les règles de délibération (et) les processus de décision". M. Hollande estime que ce n'est qu'après cette phase que le PS devra rechercher un nouveau pilote. Une volonté qui rejoint celle de certains rénovateurs qui, comme Gaëtan Gorce dans La Croix du 20 juillet, réclament un "cessez-le-feu" sur le sujet du leadership, jugeant au passage que le "système des éléphants" ne produit que "du blocage collectif et du conflit personnel". A la différence de François Mitterrand (qui avait choisi Lionel Jospin) ou de l'ancien premier ministre (qui en avait fait son successeur), M. Hollande n'a pas de "dauphin" ou de dauphine... Mais il assure qu'il sera "extrêmement attentif et vigilant" afin que "le changement soit clair et net" et s'inscrive dans la "continuité" de la majorité qui l'a soutenu au congrès du Mans, en novembre 2005.

L'art de la sortie de M. Hollande sera de sortir le PS du cycle d'Epinay, ouvert en 1971, tout en veillant, avant de s'effacer, à sa stabilité et à sa "cohérence politique"... Ségolène Royal, qui a fait acte de candidature au poste de premier secrétaire au soir même du second tour des élections législatives - alors qu'était annoncée sa séparation d'avec son compagnon, François Hollande -, pourra-t-elle lui succéder ? Depuis sa défaite, l'ancienne candidate a accumulé les faux pas, entre son absence au conseil national du 23 juin et sa déclaration jugeant non crédibles des propositions qu'elle défendait pourtant (smic mensuel à 1 500 euros, 35 heures), au point que sa cote subit une forte érosion. Difficile de prétendre diriger un parti si l'on donne le sentiment de le dédaigner ou de le mépriser. A la faveur de l'été, Mme Royal, qui a montré moult fois ses capacités à rebondir, peut retrouver une santé politique. Elle aura dès lors le choix entre deux stratégies : briguer la direction du PS dès juin 2008, sachant que certains peuvent l'y encourager en pariant qu'elle se brûlera les ailes dans un jeu d'appareil qui lui est étranger ; soutenir un proche, de la jeune génération, en 2008 et attendre 2010, année des élections régionales, pour se présenter, dans la foulée de son éventuelle réélection à la présidence de la région Poitou-Charentes, à la candidature pour l'Elysée.

LES "JEUNES LIONS"

Mme Royal pourrait toutefois rencontrer un obstacle en la personne de Bertrand Delanoë. A 57 ans, le maire de Paris brûle de jouer un rôle de premier plan dans la rénovation du PS. La proximité des élections municipales et du congrès rend difficile sa candidature au poste de premier secrétaire. Mais M. Delanoë, qui tente de fédérer l'ancien courant jospiniste, pourrait être fortement tenté de se mettre sur les rangs pour la présidentielle de 2012. "Paris n'est pas la France", l'avertit déjà Arnaud Montebourg dans L'Express (19 au 25 juillet)... Il y a aussi les "jeunes lions" qui veulent incarner la relève générationnelle. Même si la plupart d'entre eux sont plus âgés que ne l'était M. Hollande en 1997 - soit 43 ans, le même âge que M. Jospin lorsqu'il prit la tête du PS en 1981 -, qu'il s'agisse de Manuel Valls (45 ans), Arnaud Montebourg (44 ans), Vincent Peillon (47 ans), Gaëtan Gorce (48 ans). Et le benjamin, Benoît Hamon (40 ans), n'est pas celui qui a le plus de chances d'y arriver.

Quel(le) que soit son (sa) successeur(e), M. Hollande sera un ancien premier secrétaire. Un "ex-patron" du PS qui, à la différence de ses six prédécesseurs, n'a jamais été ministre. Il assure n'aspirer à aucun autre rôle et n'entend pas ainsi ravir à Jean-Marc Ayrault la présidence du groupe socialiste de l'Assemblée nationale. Le député de Corrèze veut profiter pleinement de sa future liberté, un peu à la manière du "transcourant" qu'il fut en 1984... Dans un "ailleurs" pas trop à distance, lui permettant de peser dans le débat sans prendre trop de coups, et surtout, le cas échéant, de revenir dans la course pour 2012. Quitte à aller jusqu'à affronter, en 2010, son ancienne compagne ?


Michel Noblecourt
Article paru dans l'édition du 26.07.07

Par EXCOFFIER Jean
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Jeudi 2 août 2007 4 02 08 2007 15:42

Socialistes, croyez-vous encore à vos mythes ?

 
 
I. Vers le bipartisme

Quand la mousse de l'événement sera retombée. Quand les municipales du printemps prochain constitueront, comme dira alors «le Monde», un sérieux avertissement pour la majorité. Quand Nicolas Sarkozy, lassé de jouer les Fregoli de la politique française, se résignera à n'être plus que le président de la République. Alors on s'apercevra que la principale nouveauté de la récente présidentielle aura été l'entrée de la France dans le bipartisme...

La Ve République nous avait donné la bipolarisation, c'est- à-dire l'organisation de la vie politique autour de deux pôles, la majorité et l'opposition. Les électeurs sont en train de nous donner le bipartisme, c'est-à-dire la réduction de chacun des deux camps, la gauche et la droite, à un parti dominant.

Contrairement à ce que l'on prétend, la France n'est pas le pays qui a inventé la division de l'opinion en deux camps. Son idéal n'est pas le bipartisme, mais l'union nationale. L'Ancien Régime et la Révolution sont sur ce point d'accord: la seule question, mais elle est décisive, est de décider autour duquel des deux camps se fera cette union. Des grandes démocraties occidentales, la France a été la plus lente et la plus réticente à admettre que la division de la robe sans couture de l'unité nationale n'est pas un accident dû au mauvais vouloir de quelques «séparatistes» (le mot est de De Gaulle), mais une situation normale.
 
La dernière présidentielle, si elle est confirmée par les prochains scrutins, aura été une étape décisive dans la normalisation bipartisane. C'est la droite qui est la plus avancée dans cette voie. Nicolas Sarkozy a parachevé la démarche unificatrice qui avait été avant lui celle de De Gaulle. D faut se souvenir que tout au long de la III e et de la IVe République la droite n'était pas la grande cathédrale que redoutent ses adversaires, mais une série de chapelles rivales, d'autant plus irréductibles les unes aux autres qu'elles n'étaient guère séparées que par la concurrence des personnes.
 
Quel ménage aujourd'hui, et quel remue- ménage! Les petites sensibilités narcissiques qu'incarnaient encore à la veille de la présidentielle les noms de Bruno Mégret, Christine Boutin, Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan ont pratiquement disparu. Rien ne dit qu'elles ne réapparaîtront pas, mais il y faudra du temps, et l'occasion. Ne restait donc que le Front national.
L'idée d'un ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration fut l'arme absolue qui laissa Le Pen sans voix, à tous les sens du mot. Affaibli par le vieillissement de son leader, dépossédé de son jingle xénophobe, le Front national ne disparaîtra pas; mais il redeviendra sans doute ce qu'il était avant la grande chevauchée de Le Pen un petit noyau antirépublicain, aux tendances intégristes, xénophobes, voire fascisantes. Sarkozy, aidé par les circonstances, a réduit l'extrême-droite comme Mitterrand avait réduit le communisme. Où il est démontré une fois de plus que c'est à chacun des camps de s'occuper de ses extrémistes.
 
A gauche, le travail n'est pas aussi avancé, mais la tendance est la même.
 
Le Parti communiste, faute d'avoir rompu à temps avec son passé stalinien, est entraîné dans un inexorable processus d'annihilation. D'ores et déjà, il n'est plus guère qu'une amicale d'élus municipaux des banlieues. Comme disent les médecins, le pronostic vital est engagé. Qui se plaindrait, hormis quelques vieux nostalgiques, de la disparition de cette survivance?

Le gauchisme, plus dynamique en raison même du coma dépassé du PC, a eu le tort de croire que le non au référendum européen de 2005 pouvait constituer la base d'un front du refus. La présidentielle et les législatives ont démontré que c'est désormais son insignifiance intellectuelle et politique qui est en cause. Pour comprendre les différences entre les trois groupuscules trotskistes qui se partagent une poignée d'irréductibles et une autre de populistes, il faut se référer au programme de transition deTrotski, datant de 1939... Cette déroute de l'intelligence ne peut être compensée par l'intense noyautage des «luttes», dont les flambées intermittentes ne sauraient tenir lieu de critique sociale cohérente.

Chez les altermondialistes enfin, le narcissisme, l'intrigue, voire la corruption, ont dégradé de façon durable un mouvement fondé sur des bases réelles, mais incapable de comprendre que l'ancien tiers-monde se rue dans le capitalisme et voit dans la mondialisation sa chance historique. Que pèse la critique de celle-ci face à un taux de croissance à deux chiffres comme celui de la Chine?
Quant aux Verts, ils ont fait un naufrage que l'on peut croire définitif. On dirait qu'ils s'acharnent à ne retenir du grand souffle écologique qui balaie aujourd'hui la planète que ses absurdités. Comment comprendre leur acharnement anti-nucléaire, quand le nucléaire est la principale source d énergie sans responsabilité dans l'effet de serre et le réchauffement de la planète? Comment comprendre leur obsession, peu crédible scientifiquement, à propos des OGM? Nicolas Hulot, en démocratisant les thèmes écologiques, a porté à l'écologie politique un coup fatal: de même que la banalisation des thèses du Front national a eu pour conséquence l'effondrement du FN comme formation séparée et monothématique, de même la banalisation des thèmes écolos, favorisée par les accidents climatiques actuels, a eu pour conséquence le naufrage des écolos comme formation séparée et monothématique.

Un mot enfin à propos du centre. François Bayrou a évidemment raison lorsqu'il affirme que le système électoral actuel l'empêche de se développer. A condition d'ajouter que la famille centriste existe certes; mais que c'est une petite famille, riche dans le meilleur des cas, de 10 à 15% des suffrages. Valéry Giscard d'Estaing a dit un jour que la France voulait être «gouvernée au centre». Rien de plus vrai, les premiers pas de Nicolas Sarkozy en sont la preuve. Mais il n'a pas dit que la France voulait être gouvernée par le centre. Paradoxalement, le gouvernement «au centre» implique un centre faible, qui permette à la gauche d'appuyer sur son aile droite, et à la droite d'avancer sur son aile gauche. En France comme en Allemagne, le centre est condamné à rester un parti d'appoint.
Le résultat de cette évolution? C'est que jamais un grand parti réformateur de gauche n'avait eu une voie aussi dégagée. Plus de rival sérieux dans son camp, plus d'idéologie concurrente, plus d'objection à une politique franchement réformiste. Le PS a été battu une troisième fois; mais son avenir n'est nullement menacé.

II. La défaite intellectuelle et morale du Parti socialiste

Alors, pourquoi ces propos désabusés, ces mines attristées, ce moral en berne? Parce que partisans, adversaires ou observateurs partagent le sentiment que le mal est plus profond qu'une défaite conjoncturelle, fût-elle répétée deux fois, parce que chacun sait bien au fond que cette défaite n'est pas volée et que le Parti l'a bien cherchée. C'est lui, plus que Sarkozy, qui en est responsable. Cette défaillance est la sienne, c'est une défaite intellectuelle et morale.

Il y a longtemps que le PS a cessé de penser et de croire ce qu'il raconte. Depuis 1989 au moins, date de la chute du Mur, la gauche tout entière est malade, parce qu'elle n'a pas su analyser ni tirer les conséquences de ce qui s'est passé. On dira que c'est injuste: les sociaux-démocrates n'ont-ils pas été toujours et partout la cible préférée des staliniens victorieux? Alors, pourquoi devraient-ils être emportés dans le naufrage de leurs pires ennemis? Parce que, qu'on le veuille ou non, le socialisme (comme la Révolution, au dire de Clemenceau) est un bloc! Que le communisme a été pendant près d'un siècle l'horizon d'attente du mouvement ouvrier tout entier; Jaurès et Blum, les deux parangons du réformisme, n'ont cessé de proclamer que seules les méthodes séparaient les réalistes des maximalistes.

On dira encore que tout cela est de l'histoire ancienne et que la jeunesse d'aujourd'hui a d'autres soucis. Erreur! On ne vote jamais sur un programme, on vote sur une pensée, et même sur une arrière-pensée. Il n'est pas besoin de relever la tête bien haut pour savoir que l'horizon est bouché, que l'orient rouge est délavé, que le soleil levant s'est drapé de deuil. Or le fait est que jamais les socialistes ne nous ont donné une analyse convaincante de ce qui s'était passé, qui engageait pourtant la vision qu'ils se faisaient de l'avenir. Il ne se passe pas d'année que l'on ne publie deux ou trois livres importants sur le nazisme, et tant mieux. Le ventre est encore fécond... Celui du communisme, la tentation du stalinisme, serait-il donc définitivement stérile? Qu'en savons-nous? En dehors du livre de François Furet, «le Passé d'une illusion», rien qui nous explique pourquoi l'un des plus beaux rêves de l'humanité s'est transformé en un immense cauchemar. Devons-nous nous contenter de l'explication triviale en termes de déviation (le trop fameux «culte de la personnalité ») ou s'agit-il d'un vice intrinsèque? Par exemple, la concentration des pouvoirs politiques, économiques, sociaux, culturels entre les mêmes mains. Comment se désintéresser d'une aventure qui ne fut jamais la nôtre, mais qui porte au moins le même nom que la nôtre? Et l'on voudrait que ce pieux désintérêt soit sans conséquence sur notre subconscient et celui de notre électorat? Quand parut «l'Archipel du Goulag», un socialiste dont par bonheur j'ai oublié le nom déclara que ce Soljénitsyne allait nous faire perdre les cantonales!

Il y a une vingtaine d'années, Paul Veyne écrivit un petit essai pénétrant, intitulé «Les Grecs croyaient-ils à leurs mythes?» Le grand historien de l'Antiquité répondait: oui et non. Oui en public, non dans leur for intérieur. On célébrait solennellement le culte de Zeus ou d'Athéna, mais rentré chez soi on se gardait bien d'adhérer à ces blagues. C'est pourquoi je pose la question: les socialistes croient-ils encore à leurs mythes tels que la lutte des classes - encore fort à la mode du temps de Mitterrand -, le prolétariat, la nationalisation des moyens de production et j'en passe? Si l'on n'y croit plus, alors qu'on le dise, et surtout que l'on en tire les conséquences. Trop longtemps on a cru pouvoir gagner la partie au moyen d'un logiciel que l'on savait faux. Pour un parti qui se veut le parti de l'intelligence, quel mépris de l'intelligence! Quelle dénégation du réel! Quel mépris de l'électeur! Et l'on voudrait que celui- ci ne s'en aperçût pas?

Le plus grave, c'est que cette démission de l'intelligence a produit ce qu'il faut bien appeler une imposture morale. Au propre comme au figuré, les socialistes n'habitent pas où ils militent, ils ne mettent pas leurs enfants dans les écoles qu'ils défendent, la plupart ne vivent pas comme ils sont censés vivre. L'écart entre l'être et paraître est devenu le principal handicap social du parti, et le mérite de Ségolène Royal est d'avoir pratiqué ce qu'en d'autres temps on appelait le parler-vrai.

Mais on ne comble pas en quelques semaines des décennies de mensonge. Ce que les électeurs ont salué chez elle, c'est le courage, selon le mot de Bernstein, d'oser paraître ce qu'elle était. Sans doute son programme a-t-il manqué d'ambition et de lignes générales. Mais qui, au Parti socialiste, après avoir adhéré à la synthèse du Mans, synthèse en effet de tous les mensonges, de toutes les impostures et de toutes les démagogies, aurait le front de lui reprocher d'avoir manqué à la cohérence?

Quels masques de cire que ces éléphants! La preuve, c'est leur débandade actuelle. Les mêmes qui multipliaient les réserves à l'égard du rapprochement de Ségolène avec Bayrou entre les deux tours de la présidentielle ne trouvent pas mauvais un mois plus tard de se jeter dans les bras de Sarkozy. Sans parachute! Tel qui déclarait il y a quelques jours vouloir se consacrer entièrement à la rénovation du socialisme décide tout à trac de partir à New York rénover le FMI! Une fois de plus, on constate que les morales rigides sont moins solides que les morales souples. Une fois franchie la ligne de barbelé de l'union de la gauche, on capitule en rase campagne devant la droite et on laisse l'adversaire occuper en vainqueur le champ de bataille. Du jour au lendemain, toutes les objections à la collaboration de classe ont cédé, et l'on passe sans transition du programme suicidaire du Mans à l'acceptation ravie du pouvoir personnel de Sarkozy. Faut-il rappeler le ralliement de la majorité de la chambre du Front populaire à un autre pouvoir personnel, auquel je me garderai bien de le comparer? Le seul point commun, c'est la faillite morale des socialistes.

III. Pour un nouveau départ

Il ne m'appartient pas de décider à la place des socialistes leurs orientations pour l'avenir. Que cent fleurs fleurissent, que les bouches s'ouvrent et que la vérité soit celle de ceux qui n'ont pas flanché! Car le peuple a tenu! Contre la télé sarkozyste, contre la bourgeoisie triomphante, contre les dirigeants socialistes défaitistes. Les électeurs sont toujours là, et on ne me fera pas croire qu'un parti qui recueille 47% des voix au second tour de la présidentielle est un parti à l'agonie. Nicolas Sarkozy le sait bien, qui pratique l'ouverture à bride abattue. Mais l'ouverture aux éléphants, pas au peuple! Aux premiers, des places, des fauteuils. Aux autres, la franchise sur la Sécurité sociale, en attendant la TVA du même nom. Je me contenterai donc de quelques directions de recherche.

a) Ne pas se payer de mots. Ceux qui se rallient à l'idée sociale-démocrate quand celle-ci a cessé d'être opératoire sont des gribouilles. Faute d'un syndicalisme puissant et unifié, la social- démocratie n'est qu'un slogan creux. Quand l'Etat-providence est en crise, on ne peut se contenter de crier: vive l'Etat-providence! Il faut repenser l'ensemble de la philosophie du socialisme, inventer un socialisme de marché pour faire face à la paupérisation d'une partie de la population, au défi de la mondialisation et à l'ardente obligation d'une économie du savoir.

b) Réunifier la gauche. Les divergences idéologiques dont on faisait hier grand cas n'ont plus grand sens. Le PS doit se penser désormais comme le parti de toute la gauche. Comment définir une ligne d'action acceptable par les classes moyennes et les bobos, qui sont libéraux, les fonctionnaires, qui sont jacobins, les ouvriers et les employés, qui sont sociaux-démocrates, les intellectuels, artistes et gens de la communication, qui sont libertaires? La solution n'est pas dans une improbable «synthèse», dans la tradition de ces grands rassemblements de cocus que l'on nomme congrès, elle est dans la définition, au ras du réel et au plus près de l'idéal, d'une ligne nouvelle et fédératrice.

c) Penser la démocratie d'opinion. La démocratie participative n'est pas une solution, elle est d'abord un problème. Elle est même le problème. Les trois principaux candidats de la récente présidentielle ont compris que l'irruption de l'opinion sous toutes ses formes (médias traditionnels, réunions et manifestations publiques, internet et blogs) change les conditions d'exercice de la démocratie. L'opinion peut être, comme la langue d'Esope, la meilleure ou la pire des choses. Elle peut être cette traînée, cette fille publique dont parlait un jour M e Moro-Giafferi, prête à suivre n'importe quel beau parleur. Elle peut être aussi la forme enfin trouvée de la participation du peuple à la politique, c'est- à-dire au lieu où se traitent ses propres affaires.

d) Résister à la ploutocratisation de la société qui est en marche. Il n'est que de regarder ce qui se passe aujourd'hui dans la presse et les médias audiovisuels, cette formidable concentration du pouvoir journalistique en des mains qui n'ont rien à voir avec le journalisme, pour se convaincre qu'il s'agit là d'une des grandes batailles des années à venir. Ce n'est pas en soi le pouvoir de l'argent qu'il faut combattre, c'est la capacité de l'argent d'exercer le pouvoir là où il n'a rien à faire: dans la science, l'art, l'éducation, la religion, le sport, l'information. En un mot, dans tout ce qui relève de la vie intellectuelle. Notre esprit n'est pas une marchandise!

Je conclus. Les forces de gauche sont aujourd'hui face à un défi inattendu: la contradiction entre la diversification de la société, que n'avait pas prévue Marx, et la massification de l'opinion publique, qu'avait très bien prévue Tocqueville.

C'est la paresse intellectuelle qui a engendré l'effondrement de la morale socialiste. Il faut, en pensant aux générations futures, faire la révolution culturelle du socialisme français. Sinon, la jeunesse se détournera de lui. Il ne faut pas que les fils désespèrent parce que leurs pères ont menti.


Ceci est le texte, très légèrement amendé, de l'intervention de Jacques Julliard en tant qu'observateur externe, lors de la rencontre organisée par Ségolène Royal le 16 juillet dernier, à Paris, afin de tirer les premières leçons de l'élection présidentielle .

 

Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur
Par EXCOFFIER Jean
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Jeudi 23 août 2007 4 23 08 2007 10:39
Tribune de Gaetan Gorce sur son blog : Une rentrée à risque

Difficile pour le Gouvernement, la rentrée risque de l'être également pour le Parti socialiste. Saurons-nous en effet résister à la double tentation du déchirement comme de l'affrontement ?
Le déchirement, c'est celui qui nous menace depuis mai dernier et qui n'est au fond que la résurgence des vieilles fractures et des mauvaises habitudes. A cet égard, La Rochelle  tombera, comme chaque année, on ne peut plus mal. Qui ne voit que ce rendez-vous, dans sa forme comme dans son contenu, est désormais totalement dépassé ? Au lendemain d'une nouvelle et profonde défaite, notre Parti a besoin de réflexion, de concertation et, j'ajouterais, de maturité et de modestie. < > de déclarations en tout genre qui nous est offert chaque année au pied des tours en constitue le parfait contrepied. Le Bal des procureurs est déjà commencé : réquisitoire au titre accrocheur qu'on trouvera en librairie et que leurs auteurs auront tout loisir de commenter à l'extérieur, naturellement, des séances de travail.
Plutôt que ce rendez-vous surfait, sorte de concours des mondanités socialistes, ne faudrait-il pas plutôt tenir, à l'instar des travaillistes, une Conférence annuelle associant les dirigeants du Parti à des représentants élus directement par les sections, afin de maintenir vivant notre lien démocratique ? Cette conférence pourrait être préparée en amont par le travail d'un Conseil national qui redeviendrait un lieu de réflexion et de délibération collective.
L'affrontement, c'est celui dans lequel nous avons déjà, au cOEur de l'été, choisi de nous engager avec la Droite. Cette tentation-là est d'autant plus forte qu'elle permet pour ses promoteurs de conjurer le risque du déchirement ou, à tout le moins, d'en limiter l'impact. Elle sert aussi au fond d'exutoire à l'absence de débat interne et invite au rassemblement contre l'adversaire à peu de frais.
La ficelle est cependant un peu grosse. Alors que le suffrage universel vient à peine de rendre son verdict, est-il raisonnable de se livrer à des condamnations systématiques sans appel, même si bien des dossiers peuvent le justifier ? Et quelle est la crédibilité de nos critiques dès lors qu'elles ne sont adossées à aucune contre-proposition cohérente ? L'opinion ne nous en voudrait pas de consacrer un peu de temps à panser nos plaies et surtout à penser l'avenir. D'autant plus que si certains sujets appellent une opposition sans concession, comme par exemple le bouclier fiscal, à la fois socialement injuste et économiquement dangereux, d'autres nécessiteront de notre part doigté et circonspection. Je pense en particulier à la réforme des retraites dont le bilan est prévu pour 2008. Ne serait-ce pas la marque d'un PS fort et sûr de lui que de proposer sur ce dossier, qui touche le coeur même de notre système de protection sociale, la recherche de convergences avec la majorité pour déboucher sur un accord national à l'espagnol ?
Celui-ci serait-il possible que le pays tout entier y aurait gagné. Serait-il impossible que l'opposition aurait fait la démonstration de son esprit constructif et de sa capacité à dépasser des différents stériles ?
Maîtriser ses humeurs, rénover son fonctionnement en privilégiant l'écoute de sa base et en redonnant tout leur rôle à ses instances, réévaluer son rôle en choisissant une opposition, ni caoutchouc ni frontale, mais simplement intelligente et efficace. Telles sont les bases sur lesquelles nous pourrions, dès cette rentrée, préparer et construire l'avenir. A supposer naturellement que ce soit bien cette préoccupation qui d'abord nous guide tous !
Par EXCOFFIER Jean
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Jeudi 23 août 2007 4 23 08 2007 10:46
Municipales: François Rebsamen (PS) pour "des alliances locales" avec le MoDem

PARIS, 22 août 2007 (AFP) - Le numéro deux du PS, François Rebsamen, s'est déclaré "favorable" à des alliances avec le MoDem aux élections municipales de mars 2008, "sur la base de propositions communes", dans un entretien à paraître jeudi dans l'hebdomadaire Le Point.
"Les candidats présentés par le Parti socialiste doivent chercher le rassemblement le plus large. Je suis favorable à des alliances électorales locales sur la base de propositions communes avec le MoDem. Avec un désistement au second tour pour celui qui arrive en tête", affirme le maire de Dijon.
Selon l'ex-directeur de la campagne présidentielle de Ségolène Royal, "on ne dirige ni une ville ni un pays replié sur son camp".
D'autre part, M. Rebsamen ne ferme pas la porte à une présidentialisation du régime. C'est "une question sur laquelle nous devons plancher. Le PS ne peut pas en rester à la culture du pouvoir acquise sous François Mitterrand", estime-t-il.
Enfin, le dirigeant socialiste prend la défense de Ségolène Royal, qui "a une légitimité électorale". "Elle a été battue mais, contrairement à Lionel Jospin qui, en 2002, avait assumé seul la défaite, elle s'est penchée sur les causes de l'échec" à la présidentielle, juge-t-il.

Mon commentaire : que représente aujourd'hui le MODEM ? Rappelons qu'en Haute-Savoie, la totalité de ses élus locaux et nationaux ont rejoint Sarkozy et le Nouveau Centre. Il reste quelques jeunes militants plutôt amers. Localement il est peut-être possible de travailler avec eux ?
Comment le Modem se situe dans le débat national ? Quel positionnement va adopter Bayrou à la rentrée parlementaire ? C'est quand même le point fondamental ? Et n'oublions pas que le centre émerge quand il y a carence de la gauche ? Commençons par faire le travail chez nous !
 
Par EXCOFFIER Jean
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Vendredi 24 août 2007 5 24 08 2007 10:09
AFP - Jeudi 23 août, 11h42

QUIMPER (AFP) - Bernard Poignant, député PS européen, et Jean-Jacques Urvoas, député PS du Finistère et premier secrétaire fédéral, ont suggéré jeudi aux Verts de travailler avec le PS à un "contrat d'avenir" qui définisse une "coalition durable" pour l'ensemble des élections.

Dans une "lettre ouverte aux Verts", ils avaient auparavant lancé un appel au rassemblement des Verts et du PS, qui gèrent "ensemble la quasi-totalité des régions et des milliers de communes".

"Nos divergences sont devenues plus techniques que stratégiques", affirment-ils, voyant en elles non une différence de lignes mais "une discussion sur le choix des moyens" pour aboutir à des "objectifs communs".

"Le temps est venu d'ouvrir un nouveau cycle à gauche, celui d'une coalition durable", ont estimé encore les élus socialistes.

Sans souhaiter "la naissance d'un parti de toute la gauche", Bernard Poignant et Jean-Jacques Urvoas ont suggéré de "travailler à un +contrat d'avenir+ qui soit un socle d'engagements communs valable pour l'ensemble des élections".

"La gauche témoignerait ainsi de son unité tout en laissant à chacune de ses composantes le moyen de manifester son autonomie", ont-ils souligné.

Personnellement je n'excluerai pas un grand parti de toute la gauche de gouvernement.
Par EXCOFFIER Jean
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Samedi 25 août 2007 6 25 08 2007 10:27
Tribune de Jean-Louis Bianco, député des Alpes de Hautes Provence, a paraître dans le quotidien "le monde"

PROGRAMME POUR UNE REFONDATION


- I -



Le monde a changé et continue à changer vite. Les comportements changent eux aussi mais la nature humaine change -t-elle vraiment ? Le système médiatique va à 2000 à l'heure, le marché va très vite, l'action publique se déclenche souvent en retard, et a besoin de temps pour produire ses effets, au-delà de l'action symbolique, et importante, des mots.


C'est pourquoi la première refondation nécessaire est liée au temps. Redonner de la profondeur de champ. Cela veut dire donner une priorité à l'enseignement de l'Histoire. C'est aussi ouvrir un grand débat avec les journalistes et les responsables des médias sur les moyens d'éviter l'instantanéité et l'atomisation du temps.


La deuxième refondation est liée à la morale. Je suis convaincu que la stabilité et la qualité de la vie collective dépendent de la morale, de la vertu des citoyens, comme disait Rousseau. En affirmant cela, je n'oublie pas la réalité des rapports de force et la nécessité d'une action collective pour changer les choses. Mais à une époque qui se caractérise à la fois par la montée de l'individualisme (ce qui compte d'abord, c'est moi et les miens ; je peux - ou je dois - m'en tirer seul ; je ne crois plus aux systèmes collectifs) et par la pression sur l'individu des modes et des médias, c'est aussi l'individu qui peut contribuer au progrès.


Le citoyen-usager tient une partie de la solution aux accidents de la route. Le citoyen-consommateur peut choisir le commerce équitable et le citoyen- investisseur les fonds éthiques.


Jaurès parlait de << socialisme individuel >>. Ce qui veut dire quoi aujourd'hui ? Admettre que la lutte de chaque individu pour conquérir son autonomie et son épanouissement est légitime et nécessaire. Débattre, puis mettre en évidence les comportements vertueux, les comportements citoyens. Y éduquer dès l'école : une éducation citoyenne, et pas seulement une instruction civique. Les valoriser par la reconnaissance publique.


La troisième refondation est liée au sens du monde, et dépend pour une part des deux premières. Comment redonner un sens au monde, et, au passage, à l'action collective ? Comment ré enchanter le monde, face à la religion de l'instant, à la religion de l'argent, face aussi aux tendances sectaires qui se développent dans beaucoup de religions ? Du côté des dérives religieuses, la réponse s'appelle évidemment laïcité, c'est-à-dire autonomie de l'espace public et tolérance. La laïcité n'est pas une vieille lune, c'est une nécessité d'avenir.


Du coté des dérives de l'argent - roi, la réponse devrait être simple. Valoriser, dans tous les sens du terme, le non-marchand, le coopératif, l'économie sociale et solidaire, l'engagement citoyen. Mais aussi abolir les privilèges de l'argent : rémunérations excessives et opaques (pas seulement des dirigeants d'entreprises !), passe-droits, privatisation des territoires ...



La quatrième refondation consiste simplement à rappeler et à se rappeler, les fondamentaux de la gauche , c'est à dire ce qui fait qu'il y a une gauche et une droite, et que ce n'est pas la même chose ! Affirmons que le combat contre les injustices et les inégalités est le premier de tous les combats, combat contre le désordre établi, combat pour instituer un ordre juste., Un peu plus de justice vaut bien un peu moins d'efficacité, si tels sont les termes de l'échange. Affirmons que la solidarité est nécessaire au lien social comme est nécessaire à la vie l'air que l'on respire.


La cinquième refondation consiste dans un pragmatisme absolu (je sais que je vais choquer !) pour rechercher les moyens les mieux adaptés aujourd'hui aux buts que nous poursuivons. En n'oubliant jamais que << la fin ne justifie pas les moyens >> et que les moyens choisis influent eux aussi sur la fin. Pragmatisme absolu, cela veut dire regarder partout, sans tabou ni préjugé, ce qui marche.


D'où découle une méthode de changement profondément différente de celle qui a été le plus souvent pratiquée en France. Quel programme pour cette méthode ?



  1. Le débat public en France manque dramatiquement d'une culture de l'évaluation. Sur les retraites par exemple, il ignore le plus souvent le travail consensuel mené par le Conseil d'orientation des retraites qui associe parties prenantes et experts. Même chose pour l'école.

  2. Beaucoup, beaucoup moins de lois et de règlements. Evaluer, avant de légiférer. Fixer un objectif << bête et méchant >>, faute de quoi on en restera à l'incantation. Par exemple, diviser par 5 le nombre de lois et de règlements.

  3. Avant une éventuelle loi, bien identifier et caractériser un problème, ce qui suppose un débat public organisé, maîtrisé et participatif. Et faire émerger des solutions, qu'elles viennent << d'en haut >> ou << d'en bas >>.

  4. Privilégier partout, à tous les niveaux, le contrat, la négociation, l'expérimentation dès lors que la loi a fixé le cadre. Par exemple, en cas de licenciement collectif, rechercher un accord majoritaire plutôt que de transformer la procédure de licenciement en cérémonial chinois (Frédéric Tiberghien).

  5. Evaluer en permanence (le Parlement), de manière transparente, les résultats effectifs du changement attendu

- II -



La campagne présidentielle a montré que nous avions aussi à retravailler sur les valeurs.

Quelles sont les valeurs identifiantes de la gauche ? La justice et la solidarité. Nous devons les réaffirmer et les traduire en choix concrets.


Quid alors de la valeur travail ? Nicolas Sarkozy a manifestement gagné la bataille idéologique consistant à s'approprier cette valeur. Ségolène Royal a tenté de réagir, mais nécessairement tard, et par conséquent en n'échappant pas à une certaine ambiguïté. Comme le souligne Dominique MÉDA, les messages qu'envoient les Français sur cette question sont complexes et nuancés.


Je reprends ici son analyse :


  1. les Français sont, parmi les Européens les plus nombreux à dire que le travail est important. Ceux qui sont le plus attachés au travail comme élément clé de leur existence sont les chômeurs et les précaires.

  2. Les Français sont aussi les plus nombreux à dire que le travail devrait occuper moins de place dans leur vie.

  3. Les attentes. qui se portent sur le travail sont de plus en plus fortes : il doit faire sens, il doit permettre des contacts humains intéressants.


Quelle serait une position de gauche sur le travail ?


S'il faut un slogan, travailler tous, travailler mieux

En pratique :


  1. Eradiquer les emplois de piètre qualité (qui d'ailleurs sont souvent peu productifs)

  2. Investir massivement dans la qualification de la main d'OEuvre (formation continue et formation initiale : mettre un terme aux sorties sans qualification du système scolaire).

  3. Refuser la culpabilisation sur le thème : << nous ne travaillons pas assez >>. La durée effective annuelle moyenne du travail en Allemagne, aux Pays Bas ou au Danemark est inférieure à la nôtre (en raison du temps partiel). La productivité française par heure travaillée reste une des plus fortes au monde. Ce qui fait problème ce n'est pas que les Français ne travaillent pas assez, , c'est qu'il n'y a pas assez de Français qui travaillent et c'est qu'il y a trop de précarité (en particulier le temps partiel subi)



- III -


Enfin, quelques propositions majeures.


1) On nous dit : cessez de diaboliser la mondialisation. Reconnaissez que c'est un fait : nous sommes d'accord. Admettez qu'elle a permis le décollage et la croissance d'une partie du monde notamment en Asie : c'est vrai !


Mais le problème n'est pas là. Le problème est que la mondialisation est d'abord et avant tout une mondialisation financière. Et c'est pour cette raison qu'elle est dangereuse, instable, difficile à contrôler. Comme on le constate en ce moment même. Où va le monde avec la recherche d'une rentabilité de 15, 20, 25% des fonds de placements ?


La révolution, c'est que pour la première fois dans l'histoire, la mondialisation est en train d'aboutir à la mise en concurrence directe de tous les travailleurs de tous les pays. C'est pourquoi l'opinion publique est en train de basculer, dans beaucoup de pays développés, vers une peur de la mondialisation.


Il va être très difficile de mettre en place des régulations et des protections, tant les rapports de force sont défavorables, tant cela est contraire à l'hyper - idéologie hyper - dominante. Elles sont pourtant indispensables. Et cela ne pourra se faire qu'en étroite liaison avec le mouvement syndical européen et mondial.


Désormais, le compromis entre le travail et le capital ne peut se construire qu'à l'échelle mondiale. C'est donc à l'échelle mondiale qu'il va falloir mener une gigantesque bataille, qui est d'abord une bataille idéologique.


2) La démocratie sociale doit être pour l'avenir un thème central des socialistes. Ségolène Royal a raison, nous avons besoin d'un syndicalisme de masse C'est une condition nécessaire à la fois pour équilibrer le pouvoir des actionnaires et pour élaborer de meilleurs compromis dans l'entreprise. La démocratie sociale passe évidemment par une représentation forte des salariés dans les conseils de surveillance et les conseils d'administrations. A partir du moment où le syndicalisme sera fort, des négociations seront possibles jusqu'au niveau de l'entreprise.


3) Notre modèle social est entièrement à reconstruire. Plus de solidarité, plus de justice, beaucoup moins de dispositifs et de guichets. Admettons que les normes de portée générale butent sur la complexité du réel et la diversité des situations . Recherchons donc, chaque fois que possible, l'individualisation des réponses, qu'il s'agisse de chômage, d'insertion ou de formation.


4) Education : Priorité au soutien scolaire gratuit pour tous les élèves qui en ont besoin, à une information sur les métiers plus développée et plus en amont, à des << écoles de parents >>, aux écoles de la deuxième chance pour ceux qui ont échoué dans le système scolaire.



5) International : La défense des droits de l'homme doit cesser d'être une incantation pour devenir une pratique raisonnée et conduite autant que possible à l'échelle de l'Europe.

Le terrorisme est la menace numéro 1. On ne peut y répondre qu'en accroissant et en améliorant la coopération internationale, qui repose, au niveau des services, sur la confiance.


L'intégrisme islamique, organisé et pas individuel, constitue une agression en règle contre les valeurs sur lesquelles sont fondées à la fois la démocratie et les droits de l'homme au niveau international. Je suis convaincu que nous ne sommes pas loin d'une guerre des civilisations. A cela, deux réponses :

1) ne soyons plus naïfs

2) encourageons partout, de toutes nos forces, l'émergence d'un islam laïque et progressiste.


6) L'Europe, enfin

Disons la vérité : l'élan est perdu, la foi européenne est à reconstruire. La question centrale n'est pas celle d'un traité européen, mini ou pas. La question centrale est : à quoi sert l'Europe ?

Je suis certain qu'elle est plus que jamais indispensable, comme espace de valeurs partagées, de solidarités et, potentiellement, de croissance économique. Mais cela reste entièrement à démontrer à nos concitoyens européens. Dans l'immédiat, une seule voie : un moratoire sur les élargissements, la recherche d'un minimum de protection par rapport à la course folle au moins-disant social, enfin l'Europe concrète, celle des peuples et des profits, l'Europe par la preuve



Jean-Louis BIANCO

Député des Alpes de Haute-Provence


Par EXCOFFIER Jean
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Lundi 27 août 2007 1 27 08 2007 13:51
RTL - chronique d'Alain Duhamel - 23 août 2007

Et puis après il y aura encore l'université d'été avec François Hollande à La Rochelle. Quel programme, n'en jetez plus. Cette rentrée éclatée du PS est à l'image d'un parti qui se cherche en réglant ses comptes. C'est pathétique et en même temps c'est normal. Après une défaite électorale, il y a toujours une phase où l'on s'entre-tue à droite comme à gauche avant de renaître de ses cendres. Mais la politique, comme la nature a horreur du vide. Nicolas Sarkozy aura beau faire, pratiquer l'ouverture à perpétuité, élargir tous azimuts, tendre la main aux sociaux-démocrates du PS, la gauche remontera la pente, peut-être même avant les municipales de l'an prochain.

Bon d'accord, mais derrière qui ?

C'est la question qui se pose aujourd'hui et elle ne sera sans doute pas tranchée avant plusieurs mois, d'autant que c'est le trop plein en la matière. Deux impétrants font la course en tête. D'abord Ségolène Royal; elle a gardé son célèbre sourire et puis aussi quelques hommes-lige, comme François Rebsamen ou Julien Dray. Mais elle a perdu aussi pas mal de soutiens, d'élus ou de militants, déçus par sa campagne. Ensuite François Hollande; il a déclaré publiquement qu'il comptait quitter son poste de premier secrétaire au prochain congrès du PS mais on le verrait bien le conserver sous l'amicale pression de ses amis qui restent nombreux.

Vous pensez qu'on peut imaginer un match Hollande-Royal pour le leadership du parti ?

Bien sûr, ce ne sera pas la guerre des sexes, ce sera la guerre des ex. Maintenant qu'ils ont réglé leurs problèmes de couple et acté leur séparation, François Hollande et Ségolène Royal vont pouvoir s'affronter sur le terrain politique. Et ça va dépoter, croyez-moi. Ils ne sont pas très éloignés politiquement, ce sont deux sociaux-démocrates mais on imagine déjà la passion qu'ils mettront en coulisse dans leur bataille pour la première place, celle du candidat à l'élection présidentielle de 2012.
Car il est à peu près certain que François Hollande pensait, pendant la campagne électorale, qu'il était, comme le disait d'ailleurs Lionel Jospin, le candidat naturel de la gauche et qu'il aurait fait bien mieux que sa future ex-compagne.
Il est vrai que le député-maire de Tulle gagne à être connu. Il n'a certes pas le charisme de Ségolène Royal mais il a une vraie maîtrise des dossiers, une incroyable agilité d'esprit, beaucoup d'humour aussi. Il faut juste qu'il se méfie de son radical-socialisme, mi-chèvre, mi-chou. Ca doit être un trait corrézien, ça, autrement dit chiraquien, deux mots qui se sont longtemps confondus. Par exemple, François Hollande doit apprendre à dire tout haut ce qu'il pense tout bas. La preuve de ses nouvelles ambitions, c'est qu'il va commencer à changer de look, vous allez voir. C'est un signe qui ne trompe pas...

Et si ni Hollande, ni Royal ne font l'affaire ?

Il y aura toujours l'embarras du choix. Pour jouer le troisième homme, ils sont déjà au moins trois : Dominique Strauss Kahn qui ne passera peut être pas toute sa vie à Washington, au FMI dont il devrait prendre, si tout se passe bien, la direction. Bertrand Delanoë dont l'étoile monte au PS après les résultats des législatives à Paris où la gauche a fait des étincelles. Laurent Fabius, qui même s'il n'y croit plus lui-même, reste une valeur sure. Le problème de ces gens-là c'est qu'ils incarnent l'ancienne génération. La vieille gauche face à une droite renouvelée; ils datent un peu.

Alors dites nous qui il faut suivre parmi les jeunes ?

Là aussi, il y a pléthore. Même si elles ne font pas encore un tabac dans les sondages, les jeunes pousses deviennent de plus en plus crédibles au PS. Manuel Valls, le député-maire d'Évry, a déjà pris quelques longueurs d'avance, tout comme Arnaud Montebourg dont je peux déjà vous dire que le discours de Frangy devrait faire sensation. Il dira qu'il faut casser le vieux PS, avec ses clivages et ses cloisons stupides, je le cite, pour refonder et le reconstruire avec une nouvelle offre politique. En somme Montebourg veut faire à gauche ce que Sarkozy a fait à droite : rassembler. C'est évidemment une stratégie comme celle-là qui pourrait mettre la gauche sur pied, dans l'intérêt de tout le monde, car la France est comme toutes les démocraties, elle a besoin de deux jambes pour marcher. Une gauche, une droite.
Par EXCOFFIER Jean
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