LA POLITIQUE NATIONALE
L'ACTUALITE POLITIQUE, ECONOMIQUE ET SOCIALE D'ANNECY, DE L'AGGLOMERATION ANNECIENNE
ET DE LA HAUTE-SAVOIE
par Jean EXCOFFIER
Les analyses et opinions émises sur ce blog personnel n'engagent que moi.
jean_excoffier@yahoo.fr
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Discours de Ségolène Royal
université populaire participative
15 juin 2008
Chers amis,
Notre université populaire sur « comment sortir de la crise ? » a été fixée il y a bien longtemps mais force et de constater qu’elle intervient dans un contexte politique que l’on ne peut pas passer sous silence. D’autant qu’elle renforce notre volonté de travail, de dialogue, d’écoute et de proposition.
Et d’abord l’abstention, quelles leçons en tirer ?
En effet, l’abstention record en France (60 %) comme en Europe (57 %) avec des pointes à 80 % dans les départements d’outre-mer et à près de 90 % dans de nombreux quartiers de banlieues en passant par 70 % chez les 18-30 ans, 70 % chez les ouvriers et employés, cette abstention appelle un sursaut, une audace nouvelle, surtout ici à Désir d’Avenir où notre raison d’être a toujours été la démarche participative c'est-à-dire la conviction que toute politique qui se fait sans le peuple, sans les citoyens, est une politique qui finit par se faire contre les peuples.
Pour en revenir à notre sujet d’aujourd’hui, ce sont ceux qui souffrent le plus de la crise qui sont le moins venus voter.
Ce n’est pas de l’incivisme ni de la négligence contrairement à ce qui a pu être dit par des commentateurs pressés ou condescendants. C’est un message politique de la part de ceux qui attendent parfois désespérement des solutions porteuses d’espoir.
Sur le Parti Socialiste je dirai juste un fait non polémique qui est un fait précis et incontestable : ce sont 6,7 millions de voix qui ont été perdues depuis le premier tour de l’élection présidentielle. Surtout chez les jeunes, les femmes et les quartiers populaires. Ce qui veut dire que ceux qui subissent la crise sont ceux qui ce sont détournées du vote.
Face à cette situation nous devons avoir l’audace d’espérer, le courage de reconstruire, la
générosité pour changer de système.
Pourquoi cette université populaire participative ?
Tout d’abord pour évaluer l’ampleur de la crise qui comme comme chacun l’admet aujourd’hui nous plonge dans une longue et douloureuse récession.
L’OCDE prévoit une baisse de 3,3% du PIB en 2009 et un taux de chômage de 10% en 2009 et de 11% en 2010.
Quel politique pour défendre l’emploi et le pouvoir d’achat et comment la crise nous oblige à repenser le modèle pour mettre résolument la France sur le chemin de la croissance durable dans l’économie mondialisée.
Je remercie chaleureusement nos intervenants d’avoir accepté notre invitation et Dominique Bertinotti de nous accueillir à la mairie du 4ème arrondissement.
- Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE et qui participe au projet et co-auteur d’un rapport à paraître sur les nouveaux indicateurs de croissance avec Amartya Sen et Joseph Stiglitz qui sera parmi nous en direct par liaison vidéo. Auteur de La nouvelle écologie politique : économie et développement humain.
- Yann Algan, qui a beaucoup travaillé sur la confiance comme condition d’émergence d’un nouveau modèle de développement, vient de recevoir le prix du meilleur jeune économiste français, et est l’auteur du livre « la société de défiance ».
Dans cette démarche pour construire un nouvel ordre économique, social et écologique, il y a au moins cinq défis que je voudrais voir évoqués ce soir.
Nous avions pensé que la crise marquerait le début d’une ère nouvelle de responsabilité et de contrôle. Malgré les avancées du G20 nous voyons persister des signaux inquiétants : le bilan des banques en Europe demeure est opaque ; le crédit ne circule toujours pas ; aux Etats-Unis, les banques américaines s'empressent de vouloir se dégager de tutelle publique que Barack Obama a courageusement mis en place.
Par ailleurs, le rapport remis par le directeur général de l’INSEE Jean-Philippe Cotis montre que les très hauts salaires ont connu les
plus fortes hausses quant ceux des moyens et petits salariés stagnaient ou baissent en pouvoir d’achat. Quand à la rémunération des actionnaires, elle a explosé au cours des vingt
dernières années, au détriment de l’investissement et des salaires. Il n’y a pourtant pas de fatalités : en faisant passer la part des dividendes de 36% à 12% des profits, il est possible
d’augmenter la masse salariale de 10%.
L’angoisse monte, face aux risques de perte d’emploi et de pouvoir d’achat, de fermetures d’entreprises, de manque de débouchés au sortir de l’école, de problèmes d’accès à la santé et à la montée de toutes les formes de violences et d’agressivité, nous devons apporter des réponses car les peurs nourrissent les conservatismes et empêche notre pays d’aller de l’avant.
Conclusion
N’en doutons pas : faire la société plus humaine et plus fraternelle c’est la tâche immense des socialistes et de la gauche.
Qu’est ce qu’un parti politique de gauche, et il deviendra exemplaire ce parti, s’il est plus enthousiaste, plus aventureux, plus audacieux, plus généreux, plus hospitalier aux idées et aux êtres, plus sincère, et, en son sein, plus fraternel que la société qu’il veut transformer ?
Les citoyens viendront voter s’ils se sentent respectés, il sont les meilleurs experts de ce qu’il concerne. Nous avons droit à l’information indispensable qui nous permet de mieux comprendre le monde afin de le transformer. C’est le sens du travail que nous faisons ce soir.
Cette université est diffusée sur Internet, car nous nous sommes engagés, justement, à mettre l’excellence de la connaissance et de
l’expérience, à la portée de tous.
Merci par votre exigence et votre présence d’y contribuer.
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