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Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /2008 19:53

L'UMP compte sur les sièges nouvellement créés pour limiter les pertes. Le PS progresse, mais n'est toujours pas en situation de conquérir la présidence.

Ils sont 50 873. Députés, conseillers régionaux, conseillers généraux, conseillers de l'Assemblée des Français de l'étranger et, surtout, représentants des communes de France, ce sont les grands électeurs des sénatoriales 2008. Le 21 septembre prochain, cent quatorze sièges sont à pourvoir. Ils représentent les départements de l'Ain à l'Indre, le Territoire de Belfort et la Guyane, quatre collectivités territoriales d'outre-mer et les Français de l'étranger.

Cette série n'a pas été soumise au scrutin depuis une décennie. Élus à l'époque pour neuf ans, les sénateurs concernés ont vu leur mandat prolongé d'une année en raison de «l'encombrement électoral» de 2007. Dans la majorité, certains regrettent aujourd'hui ce choix, car le recul de la droite aux municipales et aux cantonales du printemps ne facilite pas la tâche de leurs candidats. «On nous explique aujourd'hui qu'organiser les sénatoriales dans la foulée de la présidentielle aurait été plus judicieux, philosophe un cadre de l'UMP. Mais souvent, les reproches viennent de ceux qui, à l'époque, demandaient que l'on décale le calendrier. Alors…» Alors, chacun s'habitue à l'idée que les résultats ne seront pas très bons pour l'UMP cette année. La décennie que viennent clore ces élections est en effet marquée par un recul historique de l'UMP et de ses alliés dans les collectivités locales. Depuis 1998, la droite n'a connu qu'une seule vraie victoire, les municipales de 2001, malgré la perte de Paris et de Lyon. Les municipales de 2008, les cantonales de 2001, 2004 et 2008, les régionales de 2004, à l'inverse, sonnent comme autant de défaites pour l'actuelle majorité, alors que la gauche échouait dans le même temps aux scrutins nationaux.

Cette succession de vagues roses permet ainsi à la gauche de présenter un profil avantageux à la veille des sénatoriales : elle contrôle aujourd'hui 20 Régions, 58 départements, 183 des 314 communes de plus de 30 000 habitants. Forte de ce bilan, la gauche réclame une réforme du mode de scrutin sénatorial. Le président du groupe socialiste, Jean-Pierre Bel, en avait fait une «condition majeure» à un vote favorable de la révision constitutionnelle. «Le Sénat, qui représente les collectivités territoriales, ne peut pas passer à gauche et ne peut pas changer de majorité. Il y a là une espèce d'iniquité démocratique, une anomalie démocratique», dénonçait le sénateur de l'Ariège, reprenant la formule de Lionel Jospin. Depuis 1958, le Sénat est la seule institution française à n'avoir pas connu d'alternance. On connaît cependant la suite : la révision constitutionnelle a été adoptée et le mode de scrutin des sénatoriales demeure. Il est la meilleure garantie pour la majorité de limiter la casse.

 

Petites communes surreprésentées

Sur les 50 873 grands électeurs appelés à voter le 21 septembre, plus de 48 000 proviennent des conseils municipaux. Or la gauche a beau détenir une majorité de grandes villes, les petites communes, où la droite est largement dominante, restent favorisées. Une ville de 5 000 habitants, qui envoie 15 délégués, est ainsi surreprésentée par rapport à une ville de 100 000 habitants qui en désigne 125.

Lors du scrutin de septembre, 56 des 159 sièges du groupe sont soumis à renouvellement, et l'UMP, qui a perdu la majorité absolue en 2004, pourrait y laisser encore quelques plumes. Le groupe socialiste détient actuellement 95 sièges, et le groupe Communiste, Républicain et Citoyen (qui réunit sénateurs du PCF et chevènementistes) en compte 23. Même avec l'appui d'une partie du groupe RDSE, qui rassemble radicaux de droite et de gauche, il manque près d'une cinquantaine de sièges à l'opposition pour faire basculer la majorité. Autant dire mission impossible.

«Nous progressons régulièrement même si cela ne va pas assez vite à notre goût, concède Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections du Parti socialiste. Cette année, nous tablons sur la conquête d'une douzaine de sièges pour la gauche.» Le PS mise notamment sur plusieurs départements qui n'envoient aujourd'hui aucun sénateur de gauche.

Par EXCOFFIER - Publié dans : Actualité politique nationale
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