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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 17:25

Pour alimenter votre réflexion sur la mondialisation et l'économie de marché. Je vous fais partager mon livre de chevet en Macroéconomie.

Vincent-Marie BILOA
DA Pays de Savoie

Titre de l'ouvrage: Un autre monde( Contre le fanatisme du marché)

Prix Nobel d'économie en 2001, l'Américain Joseph Stiglitz a publié en 2006 un ouvrage sur la mondialisation. A la fois très critique, pragmatique et optimiste, l'auteur démontre que d'autres orientations économiques sont possibles.

 

 
Joseph Stiglitz © - 3.4 ko
Joseph Stiglitz ©
« Peut-être la mondialisation est-elle en train de créer des pays riches au peuple pauvre. » Joseph Stiglitz est clair : la mondialisation qui a émergé au début des années 90 était porteuse d'espoirs immenses. Une décennie plus tard, ce phénomène a réussi à fédérer les peuples contre lui. Pourtant, selon l'auteur, une autre voie est possible. Encore faut-il en avoir la volonté politique...

« Fanatisme des marchés »
Dans Un autre monde (Editions Fayard), l'ancien conseiller de Bill Clinton et ancien membre de la Banque mondiale décrit le système mis en place et dénonce le « fanatisme des marchés ». Il y oppose les nécessités de protéger l'environnement, de rendre « morale » la gouvernance mondiale, de réformer les institutions internationales et surtout, pour les pays dits riches comme pour les autres, de réduire la dette publique, véritable frein à toute politique de développement. Née sur l'idée qu'elle allait profiter à tous, la mondialisation ne sert aujourd'hui que les intérêts de petits groupes. Pour l'économiste, ce système va droit dans le mur. Selon Stiglitz, il est impératif pour les pays développés d'aider ceux qui sont à la traîne (et qui le sont de plus en plus), sous peine d'être rattrapés par le même schéma. Entre le Nord et le Sud, il oppose le concept de « juste échange » contre celui communément admis de « libre échange ».

Le rôle contre-productif du FMI
Concernant les pays dits « en voie de développement » qui sont souvent, et malheureusement, en « voie de sous-développement », l'auteur dénonce principalement le rôle contre-productif du Fonds monétaire international (FMI) et le phénomène appelé « malédiction des ressources ». De nombreux pays, en Afrique par exemple, sont dépositaires de ressources naturelles à forte valeur ajoutée (pétrole, diamants, etc.). Cette richesse ne sert évidemment pas les peuples, et souvent se retourne contre eux car les gouvernants l'utilisent pour financer des luttes armées. Pour Stiglitz, cette pratique n'est pas irréversible (tout comme celle de la corruption), et les mécanismes d'une bonne gouvernance sont à portée de main. Encore une fois, tout dépend de la volonté politique...

 

© Editions Fayard - 3.4 ko
© Editions Fayard
 
Démocratiser la mondialisation
Sur le plan macroéconomique, Stiglitz stigmatise deux phénomènes essentiels : le pouvoir des entreprises multinationales et le « fardeau de la dette ». Proche à la fois des altermondialistes et des grands argentiers de la planète, l'économiste néo-keynésien aimerait voir appliquer une politique à la fois plus souple (pour éviter le scénario argentin à d'autres pays) et plus interventionniste afin de calmer les ardeurs des grands groupes transfrontaliers et de réformer le système de réserves mondial. Il est évident, remarque Stiglitz, qu'il faut démocratiser la mondialisation, c'est-à-dire remettre l'homme au centre des préoccupations.

L'environnement au cœur du problème
Outre l'économie, le prix Nobel s'attarde longuement sur l'environnement : « A la différence des autres problèmes de la mondialisation, écrit-il, les problèmes environnementaux planétaires touchent tous les pays, développés et en développement ». D'après Stiglitz, les mêmes leviers de la mondialisation, qui ont été si néfastes à l'environnement ces vingt dernières années, seraient aussi efficaces dans l'autre sens. Tous les outils pour protéger notre planète sont là, à portée de main. Pour sa démonstration, il utilise l'exemple de la pêche industrielle où tous les pays piochent sans vergogne dans une ressource naturelle disponible pour tous, sans penser aux répercussions.
Joseph Stiglitz revient également sur le réchauffement planétaire, sur la conférence de Rio et le protocole de Kyoto. Même si la situation climatique vire de plus en plus vers la catastrophe annoncée, l'auteur affirme que des objectifs positifs, et réalistes à court terme, sont envisageables et que la mondialisation est porteuse, aussi paradoxal que cela puisse paraître, de tous les espoirs pour y parvenir. Finalement, tant au niveau purement économique qu'environnemental, Stiglitz met un point d'honneur à recentrer la mondialisation sur son véritable objectif : l'amélioration de la vie des individus.

Bio express
Economiste américain né en 1943, Joseph Eugene Stiglitz est l'un des plus célèbres économistes du courant des « nouveaux keynésiens ». Diplômé du Massachussetts Institute of Technology (MIT), éminent chercheur, Stiglitz cumule actuellement les casquettes : il enseigne à l'université Columbia de New York, il est rédacteur en chef de The Economist Voice, il est membre du Conseil d'Oxford pour la bonne gouvernance, et avait même été nommé par Jean-Paul II à l'Académie pontificale des sciences sociales. Théoricien de l'économie de l'information avec Akerloff et Spence (ce qui leur a valu à tous trois le prix Nobel d'économie en 2001), Stiglitz est aussi un auteur très lu : en 2002, son ouvrage sur le FMI, La grande désillusion (Editions Fayard), est un best seller traduit dans plus de 30 langues. Ce farouche opposant à George W. Bush dirige également plusieurs groupes d'études, dont un qui s'attarde sur le véritable coût de la guerre américaine en Irak.

David Hury, Octobre 2006(source rfo.fr)

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