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Vendredi 25 avril 2008 5 25 /04 /2008 18:38
Ce matin, sur la forme, les éditorialistes ont vu dans l'intervention de N. Sarkozy "un Président à la manière plus sobre". Reconnaissant ses erreurs, le chef de l'Etat a, pour certains, entrepris un "exercice de modestie inusitée qui constituait une obligation pour renouer le fil avec le pays". Tout en se demandant s'il a convaincu, les journalistes relèvent que le chef de l'Etat a néanmoins "trouvé les mots pour s'installer en président d'autorité, grave et décidé, et pour clarifier son action". Sur le fond, ils ont bien noté que "l'objectif du chef de l'Etat était de restituer un cadre à son action et de donner à entendre à la majorité qu'en dépit des obstacles rencontrés, les objectifs n'avaient pas changé" : N. Sarkozy garde "fermement le cap de son engagement présidentiel pour réformer".

Nombre d'éditos traités : 30

·      L'entretien télévisé du président de la République

5 nationaux

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22 régionaux

·      Le dossier des travailleurs grévistes sans-papiers

 

 

1 régional

·      Thèmes divers

 

 

2 régionaux

   • L'entretien télévisé du président de la République

 

 Ouest France (Michel Urvoy)

"Pour être convaincant, il lui fallait d'abord se montrer lui-même convaincu. N. Sarkozy l'a été. Stimulé par les difficultés, il reste ferme dans ses convictions. Tout juste concède-t-il quelques "couacs". Il n'élude aucune question, prouve qu'il s'occupe de tout. (…) Au fond, hier soir, le président de la République n'est guère sorti de son style. Avec cette impression qu'en traitant par le menu cinquante sujets à la fois, il s'expose à nouveau sur tous les fronts - comme le ferait normalement un Premier ministre -, se prive de hauteur, d'une vraie mise en perspective de sa politique."

 

Le Figaro (Etienne Mougeotte)

"Tout cela suffira-t-il à inverser les courbes de popularité du président ? Les sondages réalisés aujourd'hui donneront une première indication, mais il y a fort à parier qu'il faudra beaucoup de temps pour que N. Sarkozy réinvestisse le coeur des Français. Il est des moments où il faut admettre l'impopularité pour faire accepter les réformes. Le chef de l'Etat semble prêt à relever le défi en assumant sereinement cette position inconfortable."

 

Voix du Nord (Jean-Michel Bretonnier)

"Le président avait commencé de s'éloigner des Français dès sa soirée au Fouquet's et sa retraite sur un yacht. Il s'en est rapproché hier en évoquant la lourdeur et la dignité de la charge. Il les a même sans doute convaincus tant son talent télévisuel est intact. Il reste à savoir si les résultats suivront. On ne l'attend pas que sur le style, mais aussi sur sa capacité à inverser des tendances lourdes, défavorables actuellement à la situation sociale des Français. Les faits économiques internationaux sont hélas têtus. Il fut hier soir bien plus persuasif sur la politique extérieure que sur la politique économique." 

Le Dauphiné Libéré (Didier Pobel)

"N. Sarkozy, pour mieux envisager l'avenir, s'est soumis hier soir, souvent humblement et en reconnaissant d'emblée ses "erreurs", au rude exercice télévisuel du retour sur les douze premiers mois de ses fonctions au sommet de l'État. (…) Reste à savoir si sa confession, aux accents à la fois graves, pédagogiques, contrits et attentionnés, a été entendue par la France qui s'est couchée tard. Pour l'écouter."

 

Le Progrès (Francis Brochet)

"Notre Président est un homme simple. Il dit ce qu'il veut faire, puis il essaie de le faire, envers et contre tout. Peu importe alors que la réalité résiste, qu'éclate une crise pétrolière ou monte une grogne populaire. Il l'avait écrit : "Dans un monde qui bouge à toute vitesse, l'immobilisme est la posture la plus risquée". C'est bouger ou mourir. (…) Il y a bien eu quelques hésitations, quelques couacs, mais "tout est rentré dans l'ordre", dit-il, usant des mêmes mots pour son ménage et son gouvernement. Notre Président est un joueur : il semblait perdre, il choisit de doubler la mise."

 

La Nouvelle République du Centre Ouest (Denis Daumin)

"Beaucoup n'y auront vu qu'une touche très show télévisé et quelques indulgents l'empreinte de Carla. Cette nouvelle liturgie, époussetée, modernisée et simplifiée aura-t-elle porté le message présidentiel ? Eparpillé et répétitif, dupliqué sur tous les fronts et les registres ces derniers mois, les Français ne l'entendaient plus. Hier toutes les précautions avaient été prises, la soirée était traduite en continu dans le langage des sourds et muets."

 

La Montagne (Daniel Ruiz)

"Le satisfecit sur la forme et sur le ton sera assez généralement partagé ce matin, le fond par contre ne bouleversera pas l'opinion et la courbe des sondages. N. Sarkozy s'est livré à une remise en perspective, il a tenté des corrections sur le RSA, le chômage, ou le pouvoir d'achat. Mais parce qu'il est allé trop dans le détail de son catalogue, le président de la République aura bien du mal à provoquer le retour à la confiance. La remise en ordre qu'il a voulue de son puzzle de réformes aura bien du mal à passer pour un tableau bien fini."

L'Est Républicain (Rémi Godeau)

"Le chef de l'Etat a trouvé les mots pour s'installer en président d'autorité, grave et décidé, et pour clarifier son action. (…) La première année de réformes a un peu gagné en cohérence. La clé reste donc la réhabilitation du travail. (...) Il y avait quand même hier, dans le formalisme de l'interview en direct de l'Elysée, comme un retour à la plus pure tradition de la Ve République. A une époque où les intentions pesaient plus que les actes. (…) N. Sarkozy n'a pas pour autant abandonné son image de modernisateur. (…)Toute la question est maintenant de savoir si les Français le sont aussi."

Les Dernières Nouvelles d'Alsace (Jean-Claude Kiefer)

"N. Sarkozy sait s'y prendre ! (…) On le savait et il l'a encore montré hier. En bon professionnel, devrait-on ajouter. (...) Comme s'il fallait montrer que le chef de l'État prend des décisions difficiles, que sa tâche est moralement éreintante. Le tout avec, n'en doutons pas, un brin de démagogie dans de l'art de jouer sur la corde de l'empathie. (...) Le message va-t-il passer ? Il a promis des réformes, il doit en réaliser. Plus que ses prédécesseurs à l'Élysée, il sera jugé sur ses résultats. Placer la barre trop haut pour assurer son élection peut aussi être une faute, en politique."

 

L'Alsace (Françis Laffon)

"Soigner le mal par le mal ! Le chef de l'État a voulu signifier sa métamorphose - moins d'attirance pour les paillettes et les caméras - à travers une longue intervention... télévisée. Voici donc le nouveau... nouveau Sarkozy, lui qui a changé souvent de style. Nouveau ? Pas tant que ça. Désormais, le président se veut humble. (...) Le naturel revient cependant au galop. La première personne du singulier reste présente à dose caricaturale, "Je suis chef d'État" revient en leitmotiv sur un ton qui frise l'autoglorification. Intact aussi, le talent de " pédago"." 

Midi Libre (Philippe Palat)

"Toujours volontariste dans ses choix, toujours énergique dans son propos, l'homme a reconnu, à de multiples reprises, ses erreurs. (…) Là où on attendait une posture grave et rassurante, là où on escomptait pédagogie et clarté, maîtrise présidentielle et stratégie oxygénante, perspectives sonnantes et trébuchantes, on a vu un chef de l'Etat besogneux et laborieux, parfois brouillon dans ses explications. (…) N. Sarkozy a peiné pour rassurer les Français. (…) L'opération "retour de la confiance" a manqué de flamboyance."

 

L'Indépendant du Midi (Bernard Revel)

"Il s'est beaucoup défendu, il a très peu attaqué, il a reconnu des erreurs et les assume, il assure avoir "mis de l'ordre" aussi bien à l'Elysée que dans sa vie privée, il travaille main dans la main avec le Premier ministre, il garde toutes ses convictions et sa foi dans le bien fondé de ses réformes. (…) N. Sarkozy (…) a tenté de concilier l'image d'un homme d'action "portant" sa charge avec une stature plus présidentielle. (…) Le discours est toujours le même, axé essentiellement sur les "réformes nécessaires" pour "réveiller la France", sur la réhabilitation du travail, sur l'objectif "déficit zéro"."

 

L'Union et L'Ardennais (Hervé Chabaud)

"N. Sarkozy a été plus moyen qu'à son habitude à l'exception de ses propos de politique étrangère sur la Chine, l'Afghanistan et ceux sur les couacs du gouvernement. Un oral honnête mais pas brillant. (...) Cela ne lui a pas interdit d'être très déterminé à conduire les réformes indispensables à la transformation de la France et à l'amélioration du pouvoir d'achat des Français. (...) Le chef de l'Etat qui aime la culture du résultat s'est efforcé de tempérer les impatiences des Français. (…) Bref, les réformes restent le centre de gravité du quinquennat de N. Sarkozy et sa feuille de route." 

La Charente Libre (Jacques Guyon)

"Nul doute que N. Sarkozy est toujours aussi sûr de lui. (…) Il y a bien eu hier soir quelques moments où le Président a dû consentir à certains mea culpa, à quelques menus regrets, à d'infimes concessions. Mais s'il est allé à confesse, ce n'est certainement pas pour se battre la coulpe. (...) La réhabilitation du travail, la rupture, les réformes, la cohérence, le courage c'est lui ! (…) Il est partout et partout se dit sûr d'être dans le vrai. Et d'ailleurs comment pourrait-il en être autrement? Dès lors que le Président assène qu'il n'y a pas d'autre voie..."

Libération (Laurent Joffrin)

"Un président à la manière plus sobre, une certaine remise en ordre de l'équipe dirigeante, une lucidité inédite, tout cela ne peut pas faire de mal. La chose prouve aussi que les critiques qui lui étaient adressées n'étaient pas toutes partisanes ou infondées. Reste l'essentiel : la politique menée. (...) Mais la meilleure communication du monde ne pourra pas faire oublier, entre autres, que le pouvoir est trop concentré, que le bouclier fiscal (…) [est] injuste. (…) Le plaidoyer soudain plus humble du Président change un peu le décor. La pièce, elle, reste rigoureusement la même."

 

Les Echos (Françoise Fressoz)

"N. Sarkozy veut rester dans l'histoire comme celui qui aura le plus réformé la France parce que, dit-il, dans la mondialisation "la place n'est garantie pour personne". "Bouger ou mourir", telle est sa devise. Le peut-il ? C'est toute la question. (…) D'où vient, alors, le malaise du moment ? Des promesses inconsidérées sur le pouvoir d'achat qui, crise du "subprime" aidant, se sont transformées en cruelle désillusion. Le fort crédit dont bénéficiait N. Sarkozy au moment de son élection s'est mué en défiance." 

Paris Normandie (Michel Lepinay)

"Il prend les sujets les uns après les autres, sur le ton du bon sens qu'il affectionne, avec l'aplomb de celui que toutes les injustices indignent. Ça vaut pour le nombre de profs dans les lycées, pour les retraites, mais aussi pour l'immigration. A l'heure de la conclusion, il donne la touche finale : se pose serein, et pugnace, pour rassurer, mais sans autosatisfaction, pour ne pas braquer. Aura-t-il convaincu ? Pas sûr, mais il accepte "l'impatience des Français" inquiets pour leur quotidien. Son échéance à lui est dans quatre ans."

 

La Tribune (Pascal Aubert)

"On a visiblement eu tort d'attendre de l'intervention télévisée du chef de l'État hier soir ce qu'elle ne pouvait pas nous apporter. On disait le président en fâcheuse posture et dans l'obligation de recadrer son action et celle de son Gouvernement. (…) Le président de la République a beaucoup expliqué hier soir. Trop peut-être. (...) Car le désir d'être complet, clair, pédagogique, de n'esquiver aucune question délicate ou embarrassante a laissé un sentiment de profusion proche de la confusion."

 

L'Humanité (Maurice Ulrich)

"Il fallait que (…) le chef de l'Etat tente de remonter la pente calamiteuse des sondages qui indiquent désormais que plus de deux tiers des Français (…) sont mécontents de son action. De son action ou de son style ? Des deux sans doute (…). Indiquer qu'il avait entendu, écouté les malaises, ressenti les inquiétudes, surtout, qu'il les partageait, mais qu'il était en charge, lui, des affaires, que les sondages en aucun cas ne pouvaient affecter la conduite de sa politique et qu'il irait au bout des réformes car il faut les faire, quoi qu'il en coûte, quoiqu'il lui en coûte."

 

L'Est-Eclair (Patrick Planchenault)

"N. Sarkozy (…) ne renoncera à rien. (…) Bref, on l'a compris, quelles que soient les contraintes nationales et internationales ainsi que les difficultés économiques, politiques et financières qui en accroissent la nécessité en même temps qu'elles en compliquent l'exécution, la "réforme" est en marche. Elle ne s'arrêtera pas... Seule la méthode pour la conduire pourrait changer. À l'image de son pilote, N. Sarkozy lui-même qui, hier soir, en s'adressant aux Français droit dans les yeux, à donné l'impression d'endosser enfin l'habit "présidentiel" et d'un équilibre personnel retrouvé." 

Le Républicain lorrain (Philippe Waucampt)

"N. Sarkozy a reconnu ses erreurs et admis sa part de responsabilité dans la déception ambiante. Ce n'est pas sur un tel socle que l'on reconstruit l'ébouriffante cote de popularité de l'an dernier. Mais cet exercice de modestie inusitée constituait une obligation pour renouer le fil avec le pays. (…) N. Sarkozy ne pouvait pas faire d'étincelles en une heure et demi de travail d'explication. (…) L'objectif du chef de l'Etat était de restituer un cadre à son action et de donner à entendre à la majorité qu'en dépit des obstacles rencontrés les objectifs n'avaient pas changé."  

La Liberté de l'Est (Gérard Noel)

"Le chef de l'Etat a joué la carte de la modestie dans cet exercice d'auto-justification. Modestie au point d'employer à plusieurs reprises le mot "erreur", notamment en ce qui concerne la méthode employée. Sur le fond, il est resté ferme dans ses certitudes (…) Apparaître comme un président tel que les Français appréhendent la fonction était son ambition. Il appartient à ceux-ci de juger s'il a réussi l'examen de fin de premier cycle." 

La République du Centre (Jacques Camus)

"N. Sarkozy n'a pas été avare en autocritiques. (…) Pour le reste, Sarkozy est redevenu l'ardent (et plutôt convaincant) propagandiste des réformes. Au fond, on aurait pu réduire cette heure trois-quarts d'émission aux cinq dernières minutes avec cet aveu de Sarkozy : "Aujourd'hui les choses sont en ordre". Entendez par là que l'ordre règne à l'Élysée. Sans doute fallait-il commencer par cela pour qu'il ait une chance de régner aussi dans le pays ?"      

 

L'Yonne Républicaine (Philippe Noireaux)

"N. Sarkozy a été bon. Et même très bon. Tour à tour incantatoire, badin, solennel, reconnaissant des erreurs - ses erreurs -, ferme aussi, le président de la République n'a négligé aucun registre pour défendre, expliquer sa politique. Et tenter par là même de regagner la confiance perdue des Français. Pas de scoop, pas de coup, pas de montre ostentatoire, pas d'annonce fracassante : retenue, sobriété, détermination. (...) Reste à savoir si ce champion de la forme, des belles paroles, est véritablement capable de donner du fond à ses propos. Mais pour cela, la France va devoir faire preuve d'un peu de patience."

La République des Pyrénées (Jean-Marcel Bouguereau)

"La confiance est brisée et les mots présidentiels sonnent creux. Etait-il indispensable de réunir un plateau de cinq journalistes pour qu'à une exception près, celle d'Y. Calvi, on assiste à une interview où le Président pouvait parler impunément sans qu'on le reprenne sur ses affirmations les plus douteuses ? (...) Finalement comment, en un an, cet homme a pu vider de leur substance les mots qu'il prononce en les transformant en un baratin de joueur de bonneteau ?"  

La Presse de la Manche (Jean Levallois)

"N. Sarkozy est apparu déterminé, reconnaissant avoir commis des erreurs, mais gardant fermement le cap de son engagement présidentiel pour réformer, revaloriser le travail et même améliorer le pouvoir d'achat. (...) Signalons, ce qui est significatif, la mutation qui s'opère quant à la forme. N. Sarkozy ne renie pas ses projets, mais il calme le jeu. (…) Le président a, semble-t-il, appris en une année d'exercice, la nécessité de la distance par rapport à lui-même, sans pour autant, affirme-t-il, s'être éloigné des préoccupations des Français."

 

Libération Champagne (Jorge d'Hulst)

"On retient davantage les mauvaises nouvelles qu'il a annoncées que les bonnes: le passage à 41 années de cotisations pour pouvoir prendre une retraite à taux plein. Et, surtout, que la prime pur l'emploi, mise en place par le Gouvernement jospin pour améliorer les bas salaires, sera rognée pour financer la généralisation du revenu de solidarité active. En d'autres termes, N. Sarkozy va retirer à ceux qui n'ont pas beaucoup pour donner à ceux qui en ont encore moins. Ce n'est pas là franchement améliorer le pouvoir d'achat."

 

  

• Le dossier des travailleurs grévistes sans-papiers

 

Editorial (Le Monde)

"B. Hortefeux est droit dans ses bottes. Contre les "esprits chagrins", le ministre de l'Immigration le réaffirme dans nos colonnes aujourd'hui : la politique qu'il mène est "nécessaire, efficace, équilibrée". Et ce n'est pas la grève inédite de travailleurs sans papiers, coordonnée par la CGT depuis quelques jours, qui le fera changer d'avis : pas question de négociation ni de régularisation globales ; il n'envisage qu'un "examen au cas par cas". (…) C'est pourtant là que le bât blesse. (...) Voilà donc le Gouvernement pris au piège."

 

Par EXCOFFIER - Publié dans : Actualité politique nationale
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