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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 18:58

LA FONDATION ABBE PIERRE ET LE LOGEMENT SOCIAL

 

De quoi parle-t-on quand on évoque le logement social ?

Le logement locatif social, ce sont les logements familiaux pour nos concitoyens à revenus modestes.

La loi SRU, c’est autre chose. Outre les logements familiaux indiqués ci-dessus, elle comptabilise (dans les fameux 20 %) : les foyers de jeunes travailleurs, les foyers de personnes âgées, les foyers de travailleurs migrants, les  centres d’hébergement d’urgence, les logements étudiants …. qui sont nécessaires mais spécifiques.

Dans la plupart des communes, cela ne change pas grand-chose car il n’y a pas ou peu de ces logements autres que familiaux.

Mais dans l’agglomération annécienne, confondre les deux choses pose problème et masque la réalité. Pourquoi ? Annecy est le chef lieu du département. C’est au chef lieu que ces logements autres que familiaux sont concentrés. La plupart date d’ailleurs de plusieurs dizaines d’années.

Annecy-le-Vieux est un autre exemple de dérive. On sait que le député-maire UMP, comme son prédécesseur, tient à limiter au maximum les logements locatifs sociaux. Il n’a pas respecté une seule fois les objectifs, pourtant modestes, que l’agglomération s’était fixée (contrairement à d’autres communes dont Annecy). Il préférait payer une amende ! Alors il a trouvé un truc. Il fait du logement … étudiant. Plus de 1000 à ce jour. Si bien que quand on lit les chiffres « Loi SRU »  il y a plus de logement social à Annecy-Le-Vieux qu’à Cran-Gevrier !!! On croit rêver quand on connaît la composition sociologique des deux populations. B. Accoyer vient d’ailleurs de demander qu’à l’avenir, les statistiques de l’agglo ne fassent plus du tout mention des logements locatifs sociaux mais seulement de la loi SRU dans sa globalité. Et le maire d’Annecy, président de l’agglo, vient d’accéder à sa demande et d’accepter ce camouflage de la réalité.

 

Le classement établi par la Fondation Abbé Pierre pose un autre problème.

Tout le monde comprend bien qu’une commune qui a déjà beaucoup de logements locatifs sociaux voit son pourcentage augmenter faiblement, même si elle continue à en construire. Annecy et l’agglomération (sauf Seynod et Meythet, qui dépassent les 20 % de « vrais » logements sociaux) ne sont pas du tout dans cette configuration. Nous avons un retard considérable, nous partons de très bas. A Annecy, quand je suis entré au conseil municipal en 1983, nous avions 11,5 % de « vrais » logements sociaux. Vingt cinq ans plus tard, nous sommes à 16,5 %. Il y a eu un effort, certes – et la gauche y est pour beaucoup parce qu’elle a constamment bataillé à la mairie et à l’agglomération – mais il est encore très insuffisant. En prenant en compte uniquement une courte période de 5 ans, avec une erreur dans les chiffres puisque les objectifs n'étaient pas de 215 mais de 330, la Fondation occulte une partie de la réalité.

 

Mais surtout, l’élément que la Fondation Abbé Pierre ne prend pas du tout en compte, c’est la demande de logements sociaux.

 

La Haute-Savoie, y compris le bassin annécien, connaît un formidable accroissement de sa population Si on y ajoute l’envolée du prix de l’immobilier, on comprend facilement que la demande d’HLM est très forte et qu’elle augmente constamment. Et l’offre ne suit pas. Autrement dit, malgré les efforts de certaines communes, le retard ne se résorbe pas, il s’accroît. Les demandes sont chaque année plus nombreuses et l’attente plus longue. Et il faut aussi savoir que nos communes produisent surtout des HLM les plus chers alors que ce ne sont pas les plus demandés, ni les plus urgents.

 

En se contentant d’une approche sommaire de la question la Fondation Abbé Pierre ne rend pas service à la cause qu’elle défend. Elle conforte la droite, les candidats UMP et Nouveau Centre, dans leur volonté de continuer à se contenter d’une production insuffisante de logements sociaux.

 

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