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Mardi 22 janvier 2008 2 22 01 2008 18:09
Les municipalités de gauche boudent le service minimum
 
LE MONDE | 22.01.08 | 11h23  •  Mis à jour le 22.01.08 | 11h23

Les syndicats d'enseignants souhaitent, jeudi 24 janvier 2007, assurer la meilleure participation possible à la grève de la fonction publique sur l'emploi et le pouvoir d'achat. Mais pour Xavier Darcos, ministre de l'éducation, le but serait plutôt que cette date reste dans les annales comme celle de l'expérimentation de son "service minimum d'accueil des élèves". Le principe est que dans les communes volontaires, les frais supplémentaires occasionnés pour assurer cet accueil seront remboursés "à partir des fonds correspondant aux retenues sur salaire des enseignants grévistes".

Sur environ 22 000 communes disposant d'au moins une école primaire, 1 630 s'étaient portées volontaires lundi 21 au soir. M. Darcos a indiqué qu'il s'attendait à ce que le chiffre de 2 000 soit atteint jeudi. Mais Chambéry (Savoie) n'en sera pas. Son maire socialiste, Bernadette Laclais, a démenti "fermement", lundi, faire partie des communes volontaires, comme l'avait affirmé la veille M. Darcos.

Le 9 janvier, M.Darcos avait fait la même annonce pour Lyon, et s'était déjà attiré un démenti. Comme le laissait présager le refus opposé dès le 9 janvier à Paris par le maire, Bertrand Delanoë, les municipalités socialistes n'ont donc pas avalisé le service minimum. Quant aux municipalités communistes, elles multiplient les communiqués destinés à faire savoir qu'elles ne mangent pas de ce pain-là.

Lunéville (Meurthe-et-Moselle), dont le maire PS est Michel Closse, ancien proviseur, n'est pas non plus preneuse. Dans cette commune de 21 112 habitants, l'accueil des élèves "n'a jamais été un problème", assure Lucien Schersach, premier adjoint. "Habituellement, sur 15 écoles, nous en avons une seule, une maternelle, qui ferme complètement. L'accueil est assuré par l'école voisine. Pour le taux de grévistes, nous sommes dans la moyenne générale. Il reste toujours assez de personnel présent pour accueillir les élèves, sans dépenses supplémentaires".

"IMPROVISATION"

Autre municipalité socialiste, Niort (Deux-Sèvres), dont le maire est Alain Baudin, compte 59 346 habitants et 37 écoles. Le taux de grévistes dans le primaire y dépasse habituellement les 60 %, mais l'équipe municipale considère que M. Darcos a "tout faux" sur ce dossier. Sur le fond, c'est "une pernicieuse manœuvre visant à dresser les unes contre les autres les différentes catégories de salariés" , commente Robert Plantecôte, adjoint au maire chargé de l'enseignement élémentaire.

Sur la forme, le système proposé "relève de l'improvisation et ne répond pas aux problèmes de sécurité, de responsabilité et d'assurance posés par l'accueil des élèves", estime-t-il. Jeudi 24, la commune fera donc "comme à l'accoutumée" : elle fermera les écoles où tous les enseignants sont grévistes, mais assurera l'accueil, l'animation et la restauration scolaire partout où au moins un enseignant sera en activité.

A Thionville (Moselle), 42 100 habitants, le maire UMP, également député, Jean-Marie Demange se montre au contraire enthousiaste. "Nous prenons cela sous l'angle du service aux parents, souligne Harold Labesse, directeur de cabinet. Chez nous, un actif sur quatre travaille au Luxembourg et prend sa voiture tôt le matin." Jusqu'à présent, les familles trouvaient "des palliatifs dans l'urgence". Cette fois, selon les pointages, 5 écoles sur 35 sont annoncées en majorité "grévistes" et une n'aura que la moitié de ses enseignants. "Nous allons donc organiser l'accueil minimum dans 6 écoles, ce qui représente environ 600 enfants sur un total de 3 300." Les problèmes d'assurance seront réglés par la signature par les parents d'un document ad hoc.

L'accueil devant être pris en charge par des personnels municipaux volontaires, il ne devrait pas générer de dépenses supplémentaires et, de ce fait, ne pas donner lieu au remboursement proposé par le ministre. Alors, pourquoi ne pas avoir organisé cet accueil lors des grèves précédentes ? "Il manquait sans doute une impulsion au niveau national", indique la mairie.


Luc Cédelle
 
 
Jeudi 24, la manif est à 14 h devant la préfecture d'Annecy.
Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
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