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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 18:40

Richard Corbett, député européen travailliste (PSE)

 

"Je suis bouleversé par la mort de Benazir Bhutto. Nous sommes devenus amis lorsque nous étions ensemble étudiants à l'université. C'était l'époque où elle paraissait insouciante et heureuse de vivre, l'époque où ceux qui l'avaient connue à Harvard l'appelaient encore "Pinkie", l'époque où elle faisait déjà preuve d'une intelligence politique aiguë même lorsqu'il ne s'agissait que d'élire les responsables du syndicat étudiant.

 

Plus tard, lors de nos rencontres, nous évoquions ce temps-là qui devait lui paraître bien loin de la vie douloureuse et dangereuse qui a suivi son entrée en politique après l'assassinat de son père dont elle se sentait très proche. D'autres drames devaient suivre : la mort de ses deux frères, cinq années d'emprisonnement dont la plus grande partie seule dans sa cellule, et, ces dernières années, un exil forcé par les militaires après deux mandats comme Premier Ministre.

 

L'été dernier, en rangeant mon grenier, je suis tombé sur de vieilles lettres et cartes postales qu'elle m'avait envoyées. Il n'y a pas même une année que j'étais avec elle pour la présenter au centre municipal de Leeds. Et maintenant je sais que je ne pourrai plus jamais lui parler.

 

Elle était parfaitement au courant des risques qu'elle prenait en rentrant au Pakistan. Elle m'avait invité à l'accompagner pendant son voyage de retour. Avec courage elle espérait restaurer la démocratie et l'emporter à la fois face aux militaires et aux intégristes. Mais finalement ses ennemis ont montré qu'ils étaient sans pitié en la tuant en même temps que beaucoup d'autres, au risque de voir le Pakistan sombrer dans la guerre civile."

 

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