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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 11:25
L’Essor Savoyard  – Jeudi 8 novembre 2007

Pharmaciens en colère : « la santé n’est pas une marchandise »

 Jusqu’au 8 novembre, les pharmaciens d’Annecy, et plus largement de la Haute-Savoie et de la région Rhône-Alpes, se sont mobilisés pour dénoncer le projet du ministère de la Santé.

De nombreux patients ont signé la pétition proposée par les pharmaciens annéciens et haut-savoyards.

Les pharmaciens sont malades, la fièvre leur monte à la tête. Au cœur de leurs inquiétudes, un projet ministériel. Les professionnels craignent de perdre leur monopole sur la vente des médicaments, à cause notamment de la volonté déclarée par la Commission Attali de mettre fin aux marchés réglementés. Le souhait émis par le Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, de « libéraliser » la vente en officine de certains médicaments non soumis à prescription, ne fait qu’aggraver l’appréhension des pharmaciens. Ces médicaments pourraient alors de retrouver dans les rayons des grandes surfaces, comme aux Etats-Unis ou prochainement en Italie.

Depuis le vendredi 26 octobre, les différents syndicats de pharmaciens de la région Rhône-Alpes, dont celui de la Haute-Savoie, les professionnels ont entamé le dialogue avec les patients pour les informer du projet ministériel. Une pétition a d’ailleurs circulé pour dire que « le médicament n’est pas un produit comme les autres ». Des affiches ont été apposées sur toutes les officines pour sensibiliser la population. « Quand on discute avec les patients, on sent vraiment une grande inquiétude », explique Daniel Cerutti, pharmacien.

Un risque dangereux d’automédication

Les spécialistes souhaitent insister sur les dérives potentielles d’une telle automédication. « Actuellement, tout est vérifié, il y a une traçabilité du médicament car ils sont achetés dans des circuits de distribution répertoriés » commente Joël Peytavin. Pour le président du syndicat des pharmaciens de la Haute-Savoie, le pharmacien suit aussi de près les interactions médicamenteuses. « On peut refuser la vente de médicaments sans ordonnance s’il y a danger de combinaison avec d’autres produits. Quand on est pharmacien, on a une obligation professionnelle ».

De son côté, le ministère insiste sur l’économie de 2,5 milliards € par an que l’Etat pourrait réaliser grâce à ce nouveau système. « Certes, mais combien coûterait à l’Etat les conséquences liées au mouvais usage des médicaments ? ». rétorque Daniel Cerutti qui ne comprend pas pourquoi le gouvernement français veut retirer ce monopole aux officines. « On a un rôle de conseil et de contrôle. C’est l’Etat qui nous a formés, c’est lui qui nous a accordé ce monopole. Nous sommes ce que l’Etat a voulu que nous soyons ».

Pour le Président du syndicat, les grandes surfaces essaient de s’insérer dans un nouveau marché à cause de la conjoncture économique actuelle. « On sent que les grandes surfaces sont en stagnation de leur chiffre d’affaires à cause de la concurrence des hard-dicount. Elles se sont emparées des livres puis de la bijouterie. Et maintenant elles s’attaquent à la santé. Sauf que la santé n’est pas une marchandise et le médicament n’est pas un petit pois qu’on achète en supermarché ».

Disparition de petites pharmacies

Les pharmaciens tempêtent aussi du devenir de certaines officines. En France, on compte 23 000 officines pharmaceutiques, ce qui permet d’avoir une pharmacie à six minutes de chaque habitant. « C’est une question de proximité avec la population. Que deviendra-t-il des personnes âgées, par exemple ? ». Et à Joël Peytavin d’ajouter, « actuellement, la rémunération de nos entreprises repose sur la rémunération des médicaments remboursés, qui est déjà depuis quelques années en forte baisse, sans compter que les médicaments sont de plus en plus chers » justifie le président du syndicat des pharmaciens de la Haute-Savoie, « on trouve notre équilibre financier dans les médicaments qui ne sont pas remboursés. Si on amène à déséquilibrer cette donne, on perd une partie de nos ventes ».

Les pharmaciens sont aussi inquiets du devenir du réseau de distribution. « Aujourd’hui, on a un système sérieux de sécurité fait par des entreprises professionnelles. La France est le pays européen le mieux protégé contre la contrefaçon. Pourra-t-on encore garantir un tel système ? » s’insurge Daniel Cerutti.

 Leila Lamnaouer 

Mon commentaire. 
Les choses ne me paraissent pas aussi simples. Les pharmaciens disposent d'un monopole, qui représente pour beaucoup une véritable rente. Il n'y a qu'à voir le prix de vente des pharmacies. Leur organisme professionnel fait tout pour limiter au maximum l'ouverture de nouvelles pharmacies, sans trop se soucier des besoins des populations. C'est la réalité.
Dans quelques pays, les médicaments sont en vente dans d'autres commerces, parfois en grande surface, mais par des pharmaciens diplômés. Pourquoi pas ? 
Ceci dit, je ne suis absolument pas pour une concurrence sauvage. Simplement le monopole n'a pas que des avantages pour les malades. La difficulté est de trouver l'équilibre afin que chacun y trouve son compte.

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commentaires

PAUVERT Olivier 28/01/2008 09:30

Votre ami oublie de préciser que dans 99% des cas le pharmacien avance le vaccin au patient qui va ensuite se le faire injecter chez le médecin. Il revient ensuite à la pharmacie avec le bon de prise en charge tamponné (démarche administrative absurde imposée par les caisses et dont la suppresion a été proposée). Si votre ami fait autant de voyages, c'est qu'il aime ça ! Et puis, puisqu'on en est à vouloir supprimer le monopole pour de telles petites choses, pourquoi ne pas autoriser le pharmacien à lui faire l'injection? En voilà une économie !

EXCOFFIER Jean 25/11/2007 12:01

Un ami habitant en milieu rural me rapporte son expérience. Il veut se faire vacciner contre la grippe. Il passe chez son médecin, puis chez le pharmacien, puis à nouveau chez son médecin pour la vaccination. Bien entendu cela fait trois déplacements différents. Il demande au médecin s'il ne lui serait pas possible d'avoir un stock de vaccins à son cabinet.Cela supprimerait 2 déplacements et une visite. Réponse du médecin : ce serait parfaitement possible mais les pharmaciens s'y opposent au nom du monopole !

EXCOFFIER Jean 22/11/2007 08:46

C'est vrai aussi.

sagnieres claire 22/11/2007 07:32

Je ne suis pas sûre que le fait que les grandes surfaces (encore du beurre pour elle) vendent des médicaments sous la responsabilité de pharmaciens (nouveaux salariés mal payés de ces grandes surfaces) soit un plus pour les malades. Ceux-ci sont habitués à leur paharmaciens, qui, surout les connaissent, les conseillent et les rassurent.
J'ai peur qu'on remplace un petit inconvénient pas un plus gros et plus incontrolable.