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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 18:15

François Hollande sur la voie Royal

Par Maud PIERRON
leJDD.fr

Mercredi François Hollande et François Bayrou se rencontreront pour tenter de trouver des points de convergences sur la réforme des institutions souhaitée par l'Elysée. Cette rencontre, première du genre entre les deux hommes, ne fait pas de vagues au sein du PS, loin des cries d'orfraies entendues lors du débat de l'entre-deux-tour Royal-Bayrou. Merci qui ? Merci Ségolène Royal.
Les deux François auront une entrevue mercredi à huis clos, à l'Assemblée, pour tenter de trouver une réplique commune aux intentions présidentielles sur la réforme des institutions. Il est loin le temps où François Hollande répliquait d'une boutade à l'appel de Ségolène Royal à François Bayrou, lors des dernières législatives: "Chacun peut appeler qui il veut. Nous sommes dans une démocratie". Là, le Premier secrétaire n'a pas boudé l'invitation centriste. Mais seules les institutions seront évoquées lors de ce rendez-vous, a précisé Hollande, puisqu'ils se rejoignent sur le diagnostic de la pratique du pouvoir de Nicolas Sarkozy, trop présent et trop puissant. "Sur le contenu c'est autre chose", juge-t-il.

De fait, la réforme des institutions ne pourra être entérinée qu'après approbation du Parlement et du Sénat, réunis en Congrès. Pour mettre à mal le projet élyséen, l'opposition doit réunir les deux cinquième des voix, soit 363 élus sur 908. Or, le PS, le PC, les Verts le PRG et les MRC ne disposent que de 358 élus. D'où l'appoint nécessaire du MoDem. Bayrou, même avec ses modestes troupes, pourrait faire pencher la balance. Il ne disait pas autres choses, d'ailleurs: "Il ne peut y avoir de réforme des institutions sans les voix du PS ou celles de mon courant politique". Bayrou, comme lors de la présidentielle se voit à nouveau en homme providentiel. Le PS a d'ores et déjà défini " six points essentiels", prévoyant entre autres, l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives - comme le souhaite Bayrou - ainsi que le droit de vote des étrangers aux scrutins locaux. Des points de vues que le MoDem pourrait rejoindre.

Les électeurs du MoDem ont pesé lors des dernières législatives

Que de chemin parcouru en quelques mois dans le dialogue PS-centre, entamé à l'initiative de Ségolène Royal, lors de la dernière présidentielle... Combien de caciques du PS étaient tombées à bras raccourci sur la candidate - toujours anonymement - lorsqu'elle a tendu la main à François Bayrou durant l'entre-deux tours de la présidentielle ? Seul le sénateur de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon la fustigeait publiquement: "C'est du temps perdu", disait-il, soulignant que Bayrou "c'est la droite" et que dialoguer avec lui revenait à "jouer avec le feu". Certes, l'appel de Royal était un calcul, puisqu'ayant fait le plein de voix à gauche, il lui fallait trouver des alliés ailleurs, pour espérer battre Nicolas Sarkozy. Mais dans la "Royal-démocratie", cette tentative apparaissait cohérente politiquement. En réitérant ses appels au MoDem et à ses électeurs lors des législatives, Ségolène Royal a contribué à faire tomber un tabou au PS. Un de plus, pour celle qui ne cesse - pour le meilleur ou pour le pire, c'est selon - de transgresser les codes socialistes.

Et puis les législatives sont passées par là. Dans de nombreuses circonscriptions promises à la droite, les électeurs du MoDem on fait basculer le scrutin à gauche. Une cinquantaine, avec l'appui de la polémique sur la TVA dite sociale, ce qui leur a permis d'avoir un groupe parlementaire au-delà de leurs espérances, avec 186 députés. Désormais au PS, certains ne considèrent plus les alliances qu'exclusivement à gauche, et ce à haute voix, tel François Rebsamen, le maire de Dijon, bras droit de Ségolène Royal.

Le PS lorgne vers le centre, du moins vers ses électeurs, et le dialogue est possible, pour déterminer "les convergences et les divergences", comme le dit Pierre Moscovici, qui a animé le débat "Y-a-t-il un centre ?", lors des dernières universités d'été de La Rochelle. Le député du Doubs, proche de DSK, se réjouissait alors de la tenue de ce débat, "inimaginable" quelques années auparavant. Sur France 2, il a affirmé mardi: "Je suis pour un dialogue critique avec le centre pour vérifier ce qui est convergences et divergences entre nous. Il faut tendre la main, mais pas pour faire des alliances". Pour le moment...
 


Législatives : le PS favorable à 10% de proportionnelle "correctrice"

PARIS, 25 sept 2007 (AFP) - François Hollande a indiqué mardi devant le Comité de réflexion sur les institutions présidé par Edouard Balladur que le Parti socialiste était favorable pour les élections législatives à une proportionnelle "correctrice" qui concernerait 10% des sièges de l'Assemblée nationale.
Ce mode de scrutin permettrait que l'Assemblée soit "plus représentative", avec une dose de proportionnelle "compatible avec la possibilité d'obtenir une majorité pour gouverner", a-t-il souligné devant le comité.
"Une proportionnelle stricte", sur 10% de l'Assemblée, "ne changerait pas grand chose a la représentation de l'Assemblée nationale", a-t-il estimé.
Le système de proportionnelle "correctrice", en vigueur notamment en Allemagne, compense les sous-représentations induites par le scrutin majoritaire. Selon M. Hollande, 10% de proportionnelle correctrice, favorisant les petits partis, équivaudrait à une représentation à la proportionnelle de la moitié de l'Assemblée.
Le président du Modem François Bayrou défend la même position, avec également 10% des 577 sièges à la proportionnelle correctrice.
Les deux chefs de partis -qui peuvent, unis, empêcher la majorité des 3/5èmes des parlementaires requise pour faire modifier la Constitution- doivent se rencontrer mercredi en fin d'après-midi à huis-clos à l'Assemblée, pour parler des institutions.
Un autre sujet devrait être abordé par François Hollande lors de cette rencontre : l'éventualité que le chef de l'Etat puisse s'exprimer devant le Parlement, comme le souhaite Nicolas Sarkozy.
M. Hollande a réitéré à cet égard mardi l'opposition des socialistes à cette idée. "Cette situation créerait des ambiguïtés", a-t-il estimé. "S'il vient et disparaît aussitôt, nous serions dans la soumission". S'il y a ensuite débat, ce serait "normal qu'il y ait vote", ce qui ferait, selon M. Hollande, basculer la Vème République dans un régime présidentiel.
"Si le président de la République a une communication à faire, son message peut être lu" au Parlement, et "s'il veut faire une communication au pays, il y a des moyens plus directs", a-t-il souligné.

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