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17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 12:13
Ségolène Royal a réunit ses proches lundi pour une séance de travail consacrée à l'analyse de la campagne. Dans les comités locaux de Désirs d'avenir, on dresse un premier bilan et on s'interroge sur l'avenir.

Par Cordelia Bonal et Sandra Gérard
LIBERATION.FR : lundi 16 juillet 2007


Au moment où les proches de Ségolène Royal se retrouvaient lundi autour  de l'ex-candidate pour un séminaire de travail sur l'analyse de la campagne  Liberation.fr a interrogé des militants de Désir d'avenir, le mouvement cré  par la présidente de Poitou-Charentes. Un peu plus de deux mois après l  défaite socialiste à la présidentielle, ils tirent les leçons de la défait  socialiste
Joseph Conesa, cadre bancaire, Désirs d'avenir 69 (Rhône): < >
< J'ai toujours soutenu Ségolène Royal, j'ai monté le comité local Désirs d'avenir dès le premier jour, mais je dois dire que j'ai été très déçu, elle n'a pas été à la hauteur. Le principal défaut de cette campagne c'est de ne pas avoir été suffisamment concret. De ne pas avoir traité les vrais problèmes, comme la dette. Franchement, l'ordre juste, ce n'est pas concret, tout le monde s'en fout.
Si Ségolène Royal veut se présenter la prochaine fois, il faudra aussi qu'elle maîtrise mieux certains dossiers. Cela éviterait des imprécisions comme il y en a eu sur le nucléaire par exemple. Je me demande aussi si ses les problèmes familiaux n'ont pas pesé sur sa conduite. Si elle l'avait dit, on aurait peut-être mieux compris le manque de concertation avec François Hollande.
Aujourd'hui, il faut que le PS ouvre les yeux, qu'il assume ses contradictions et définisse ce qu'il veut, au niveau social comme sur le plan économique. Il faut, à la tête du parti, des gens qui ne sont pas dans l'éternelle négation mais veulent aller de l'avant, comme DSK ou Manuel Valls. Quant à Ségolène Royal, elle doit se repositionner au PS, dire ce qu'elle veut faire, avec qui, et vers où.>>

Isabelle Avezac, attachée territoriale, Désirs d'avenir 32 (Gers): < >
< Je ne crois pas qu'on puisse parler d'échec de Ségolène Royal: elle a quand même été présente au second tour, ce qui n'était pas le cas en 2002. Surtout, avec Désirs d'avenir, elle a imposé un mode de fonctionnement participatif repris aujourd'hui au PS. Il peut y avoir des rancOEurs ici ou là, mais je ne rejette la faute sur personne. Je pense que le résultat aurait été le même avec un autre candidat.
Notre principal problème: nous n'avons pas eu de candidat avant décembre, alors que Sarkozy était sur  tous les fronts depuis 2002, qu'il maîtrisait tous les rouages.
Je suis persuadé que le PS ne pourra pas éviter Ségolène Royal. Il faut qu'elle y ait une place importante, et elle l'aura. Quant à Désirs d'avenir, il a toute sa place aux côtés du PS, sans pour autant être à part. Parmi les adhérents à Désirs d'avenir, beaucoup ne sont pas encartés au PS et ne le seront jamais. Mais il est vrai que nous devons nous structurer davantage. Par exemple, il faudrait un seul comité par département, avec une bonne équipe, et non plein de petits groupes qui favorisent les tensions.>>

Cyrille, chercheur, Désirs d'avenir 92 (Hauts-de-Seine): < >
< Mais le PS a progressé, notamment sur la question centrale de la relation entre la politique et les citoyens. De nouvelles idées sont apparues dans le débat politique, sur la sécurité par exemple.
Désirs d'avenir doit rester une plate-forme de soutien à des idées nouvelles et à leur mise en OEuvre. Quant à Ségolène Royal, je la soutiens toujours sur ses idées, mais j'attends d'elle qu'elle rende sa personnalité compatible avec le PS. Elle doit montrer aux militants que c'est bien avec le PS qu'elle veut travailler, et continuer à proposer.>>

Sabine Guichet-Lebailly, coordinatrice de Désirs d'Avenir 14 (Calvados) depuis avril 2006 : < >
< >. C'était un essai, manqué certes, mais ce n'est pas grave. Il faut maintenant analyser pourquoi nous avons échoué, ce qui a fait que ça n'a pas fonctionné. Il faut également partir de la réalité, voir le monde tel qu'il est si l'on veut faire avancer les choses et non pas rêver à des utopies irréalisables. On compte sur Ségolène Royal pour mettre en place une machine qui gagne en prenant un nouveau départ.
Royal nous a rendu notre liberté et notre capacité d'agir. Durant la campagne, elle nous a montré qu'on était capable de reprendre la main sur les grands dossiers, de réfléchir et de nous débrouiller sans avoir à composer avec les ténors du parti, qui passent leur temps à se déchirer. Il est possible de  contourner, de ne pas entrer dans le rapport de force et réussir à faire quelque chose. C'est ce qu'on veut pour Désirs d'Avenir. On n'est pas socialiste (au sens traditionnel du terme), mais une association à côté, ouverte à tous.
Sur le terrain, on a subi des pressions des barons du parti qui voudraient bien mettre la main sur le mouvement. Mais le plus important, c'est l'ouverture. On ne doit pas se laisser enfermer dans un parti. C'est pas un hasard si ça marche pour Sarkozy. Dans le Calvados, le parti socialiste était déchiré par des combats de chef. Le premier secrétaire fédéral a essayé de jouer le jeu en laissant les différents courants s'exprimer. Ségolène Royal est finalement arrivée en tête dans tous les tissus péri-urbains, provoquant ainsi un basculement à gauche. Cela a révélé notre capacité à travailler avec d'autres gens, en dehors du PS.>>


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/267335.FR.php
© Libération

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