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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 11:00
FERMER DES CLASSES, OUVRIR DES PRISONS : BILAN DU PASSAGE DE SARKOZY AU GOUVERNEMENT !

BONNEVILLE A LA PRISON LA PLUS SURPEUPLEE DE RHONE-ALPES

Maison d’arrêt – L’établissement compte 190 détenus pour 90 places.

Dans cette maison d’arrêt, il est arrivé qu’une cinquantaine de détenus couchent par terre sur un matelas. Depuis avril, les travaux de peinture ont même dû être stoppés car il n’était pas possible aux peintres d’accéder aux murs des cellules.

BONNEVILLE – Neuf mètres carrés pour trois, c’est deux détenus en lits superposés, le troisième sur un matelas par terre. Quand ils ne sont pas quatre. La maison d’arrêt de Bonneville compte actuellement 190 écroués sur site pour 90 places. Ils étaient même 205, il y a quelques semaines.

Pour le directeur, Régis Pascal, l’établissement est le plus surpeuplé des régions Rhône-Alpes et Auvergne.

Dans sa dernière analyse, Pierre Tournier, directeur de recherche au CNRS et spécialisé des questions pénales, cite Bonneville comme l’un des plus surchargés de France. « On a eu jusqu’à 50 détenus qui couchaient sur un matelas par terre ».

« Une maison d’arrêt ou une boîte de conserves » titre le Forum Social de la Haute-Savoie dans publication Internet, visant à dénoncer la surpopulation carcérale à Bonneville. La tendance à la hausse du nombre de détenus continue à se renforcer et ce sont les maisons d’arrêt qui en souffrent le plus.

Contrairement aux établissements pour peine, elles ne sont pas soumises à la règle de l’encellulement individuel. Elles ont pour obligation d’accueillir l’ensemble des incarcération ordonnées par les tribunaux. « Ce n’est pas raisonnable » lâche un gradé du service pénitencier de Bonneville.

Cyril Alric, représentant syndicat UFAP, réagit aussi vivement sur  ce problème devenu trop régulier : « on a plus le même relationnel avec 200 détenus. On prend moins le temps avec chacun  pour régler les problèmes de la vie quotidienne. Ca crée des malentendus entre les prisonniers et nous. La tension monte ».

Avec l’arrivée de l’été, le thermomètre aussi devrait grimper. Sur le cours de promenade entièrement bétonné, il peut faire jusqu’à 45 °C. Dans les cellules, la chaleur est étouffante. « Malgré les activités et la promenade, ils restent en moyenne 9 heures en cellule dans la journée. Quand il sont  trop dans le dortoir, même entre eux, il y a des étincelles » poursuit le syndiqué. Le personnel pénitencier et le chef d’établissement multiplient les mesures pour minimiser l’impact de ce sureffectif.

Régis Pascal a pris les rênes de la maison d’arrêt il y a 15 mois, depuis il a lancé un rafraîchissement des locaux pour « améliorer l’environnement des détenus ». Mais depuis avril, les travaux de peinture ont dû être stoppés. « Trop de monde » pour accéder aux murs des cellules.

Le personnel a aussi mis en place des listes de désencombrement : « Pour ceux qui n’ont pas de parloir ni de travail sur le secteur, on essaie de les délocaliser dans une maison d’arrêt moins chargée ».

Malgré ces mesures, ils ont été jusqu’à 50 détenus à coucher sur un matelas par terre. Actuellement, c’est le quartier homme le plus touché.

Coté femmes, elles sont 10 pour 14 places, c’est-à-dire deux par 9m2. Mais le gradé détenteur des clés de la cellule 2, se rappelle les avoir vues à quatre, serrées entre les barreaux du lit, les guirlandes de linge qui sèchent et les quelques effets personnels qu’elles ont eu droit de conserver.

Jennifer PARISOT

L’établissement carcéral de Bonneville doublerait sa superficie en 2008

La seule issue possible face au surpeuplement carcéral serait de pousser les murs de la maison d’arrêt de Bonneville. Une idée pas si invraisemblable puisque le projet d’établissement prévoit une extension qui doublerait la superficie actuelle. Après quatre ans de réflexion, les travaux devraient débuter au premier trimestre 2008. « C’est la date annoncée, mais tout dépend des prochaines directives et décisions de la nouvelle équipe présidentielle » précise Régis Pascal, le chef d’établissement.

Les nouveaux plans prévoient l’agrandissement du quartier femme, composé actuellement de seulement 14 places, et du quartier homme. De nouveaux parloirs seront aussi réalisés, le nombre étant largement insuffisant à ce jour, provoquant une attente de plusieurs heures pour les proches.

Mais la grande nouveauté, c’est la création d’un centre de détention pour mineurs.

Les jeunes condamnés sont actuellement transférés aux centre de Chambéry, Saint-Quentin Fallavier, Aiton ou même Villefranche-sur-Saône selon les places disponibles. De longues distance à parcourir pour les familles notamment celles résidant dans le nord de la Haute-Savoie.

Le personnel pénitencier, qui verra ses locaux ainsi que ceux de l’administration agrandis, espère la création de nouveaux espaces pour les détenus. Les prisonniers ont seulement deux petites cours de promenade, l’un aménagé en plateau de jeux de fortune. La salle polyvalente fait office de salle de sport, mais très prisée pour diverses réunions, elle est difficilement accessible. Le chef d’établissement rassure : « Après l’extension, de nouvelles salles d’ateliers seront créées ».

Du côté des syndicats, Cyril Alric de l’UFAP espère que « la capacité d’accueil sera assez augmentée pour prévenir l’explosion démographique du département ».

J.P.

(Source : Le Dauphiné Libéré –  Mardi 26  juin 2007)

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Published by EXCOFFIER Jean - dans Actualité départementale
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commentaires

françois 08/07/2007 19:10

dommage pour votre papa et courage....comme quoi faut refléchir à deux fois avant de faire des conneries...on est mieux dehors qu'en prison.

Cindy MARTINEZ 06/07/2007 18:06

Mon père est incarcéré à la maison d'arrêt de Bonneville depuis 9 mois et 20 jours, il a été condamné à 12 ans de réclusions criminels, il devrait être transféré à la maison de détention de Jouaville mais en attendant, il vit avec 5 autres détenus dans une cellule de 12m²..ils sont donc six en tout! Je suis la victime dans l'affaire qui a mené mon père en prison et malgré tout le mal qu'il a fait, et bien je ne peux m'empecher de souffrir en connaissant ses conditions de vie là bas! C'est inadmissible, pas de places, pas beaucoup d'hygiène, la nourriture est infecte, mon père a perdu 12 kilos en 6 mois. Pourvu que les projets d'agrandissements arrivent à termes, ce n'est plus supportables, pour les détenus, le personnel et les familles! Et au secours pour les parloirs...ils ressemblent à des box à poney..même pas une table!