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9 juin 2007 6 09 /06 /juin /2007 10:50

Dans la grande distribution, l’arrivée programmée de caisses complètement automatiques engendre l’inquiétude. Avec le nouveau dispositif, une caissière pourrait en remplacer quatre.

 LA PEUR DES CAISSES AUTOMATIQUES

Action du syndicat CFDT à AUCHAN-Epagny

EPAGNY – Peut-être avez-vous été arrêtés hier matin sur le parking d’Auchan à Epagny pour signer une pétition ? Des délégués syndicaux CFDT interpellaient  la clientèle. Objectif : la sensibiliser sur l’arrivée programmée de caisses complètement automatiques. Au cœur des inquiétudes, la présence effective de nombreuses caisses semi-automatiques qui annonceraient, selon les délégués, l’apparition d’ici cinq ans d’une puce dite RFID (radio frequency identification), système excluant en partie les hôtesses de caisses. Ce dispositif permettrait entre autres, d’éviter de scanner les articles.

Selon Christian Gamarra, délégué syndical du groupe Casino : « Avec lui, une caissière pourrait en remplacer quatre ». Le but de la mobilisation de la CFDT : instaurer un dialogue avec les leaders de la grande distribution pour savoir à quelle sauce les employés vont être mangés. Il ajoute : « Nous savons que la marche vers l’innovation est inéluctable mais nous voulons savoir comment le personnel sera reclassé ».

15 % du chiffre d’affaires

Bernard Mondiro, délégué syndical, explique comment aujourd’hui les encaissements s’organisent à Auchan. Sur les 48 caisses, une dizaine (baptisée Rapid’Auchan) est semi-automatique. Le client, équipé d’un « pistolet » comptabilise au fur et à mesure ses achats et passe devant une hôtesse qui effectue l’encaissement. D’après lui, ces caisses, installées en 2002 à grands frais, représenteraient 15 % du chiffre d’affaires réalisé dans l’hyper.

Là encore, il craint qu’elles n’incarnent les prémices de la marche vers le tout automatique. Selon Christian Gamarra, la venue de la puce RFID poserait non seulement des problèmes d’emplois mais aussi de société car le produit pucé (actif en dehors du magasin) permettrait de mieux cernés les goûts du client et d’établir des mailings en fonction de ses modes de consommation. Il la qualifie « d’espionne qui permettrait de passer au scanner les habitudes de l’acheteur ». Une sorte de taupe bien difficile à maîtriser.

Colette LANIER 

L’avis du directeur d’Auchan

Philippe Goetzmann, directeur de l’hypermarché Auchan, s’étonne des inquiétudes des syndicats. En effet, l’instauration dans son magasin des caisses dites « Rapid’Auchan » aurait, d’après lui, entraîné « une réduction de la pénibilité du travail mais aucune suppression de postes ». Il analyse : « les caissières sont en train de se transformer en hôtesse d’accueil et de contrôle. Les tâches répétitives et aliénantes ont été supprimées. Au regards des 6 000 chariots que l’on enregistre en moyenne chaque jour, la nouvelle me semble plutôt bonne. D’ailleurs les caissières préfèrent ce type de caisses aux classiques ». En effet, elles sont dispensées de la facturation et assurent le contrôle et l’encaissement. Elles vérifient, entre autres, que les clients ont bien soumis la totalité de leurs articles au «pistolet». Il ajoute « 15 % de nos clients utilisent ces caisses ». Les autres préfèrent passer aux caisses ordinaires. Nous sommes aussi obligés de tenir compte de leurs souhaits ».

Quant au tout automatique, que les syndicats brandissent comme un grand danger, il estime que le scénario relève de la fiction. Il explique : « Il faudrait équiper chaque produit d’une puce qui coûterait un euro. Imaginez le coût ! Et que faudrait-il faire pour les fruits et légumes ? ». Même s’il reconnaît que le dispositif est déjà opérationnel en France pour les palettes stockées dans les entrepôts, il le juge irréalisable dans la grande distribution. « Notre véritable ennemi, c’est Internet, pas l’automatisme, conclut-il. Notre arme, c’est précisément l’humain en tant que valeur ajoutée ». D’après lui, ces évolutions technologiques suscitent des craintes qui relèvent du « fantasme ».

C.L.

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