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4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 19:38
Enquête – A Annecy, le coût de la vie assomme les classes moyennes.

Source : L’Essor Savoyard  – Jeudi 26 avril 2007 

Annecy – De plus en plus de travailleurs pauvres

Annecy : ville de riches ? Pas tant que ça !

Le coût de la vie et le prix de l’immobilier dans la capitale de la Haute-Savoie fragilisent les classes moyennes.

Son image de ville bourgeoise plutôt classe a fait d’Annecy une cité prisée par les touristes. Cela en fait-il pour autant une ville « de riches » ? Adjointe de longue date à la mairie d’Annecy, Danielle Mantilleri, en charge du logement et des questions sociales, n’est pas d’accord avec cette étiquette, qu’elle considère comme une idée reçue. « Ce n’est absolument pas la vision qu’il faut avoir. C’est une idée que l’on a de l’extérieur, car Annecy est une belle ville, avec un joli cadre. Mais la réalité, c’est que 60 à 70 % des gens auraient doit à un logement social. Annecy, ce n’est pas seulement une cité de villégiature, c’est aussi une ville qui travaille ».

«Travailleurs pauvres»

 Au fil des années, Danielle Mantilleri a noté que les demandes d’aides qui parviennent au CCAS (Centre communal d’action sociale), dont elle est vice-présidente, ont augmenté de façon sensible (alors que la population globale, elle, tend à stagner depuis quelques années). Des aides qui touchent notamment à la vie quotidienne : eau, électricité… « Cela est probablement dû à une certaine paupérisation de la population », avance l’élue. Les raisons, on les devine : des salaires trop bas, qui n’augmentent pas assez vite par rapport au coût de la vie, et de l’immobilier en particulier, dont les prix ont flambé à vitesse grand V au bord du lac. Le pouvoir d’achat en est par conséquent considérablement amoindri. Comme les autres villes importantes du pays, « mais avec un temps de décalage », Nelly Pesenti, directrice de la prévention et du développement social au conseil général, indique qu’Annecy est touchée à son tour par le phénomène des « travailleurs pauvres ». Des personnes salariées, mais qui ont du mal à joindre les deux bouts à la fin du mois.

Si l’on considère le critère du nombre d’allocataires du RMI (Revenu Minimum d’Insertion), Annecy et son agglomération présentent néanmoins des rations en baisse, et généralement inférieurs à ceux de la région Rhône-Alpes et de la France. Au 1er janvier 2007, 774 allocataires du RMI étaient recensés à Annecy, soit 1,52 % de la population (1), le taux moyen en France s’établissant à 1,84 %. Il est nettement moins important dans les principales communes de la C2A : 0,81 % à Cran-Gevrier, 0,66 % à Seynod et 0,59 % à Annecy-le-Vieux. « Des ratios plutôt bons, cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de gens dans le besoin, même si les difficultés dans le bassin d’Annecy, comme en Haute-Savoie, sont moins prégnantes qu’ailleurs », témoigne Nelly Pesenti. A la direction de la prévention et du développement social, qui délivre un certain nombre d’aides financières aux personnes en difficulté, Nelly Pesanti reconnaît que le volume de ces aides augmente chaque année. « Ce ne sont pas les montants par personne qui augmentent, mais le nombre de dossiers traités », précise la directrice, qui évoque une « précarisation » d’une partie de la population. Les personnes aidées ne sont pas d’ailleurs nécessairement des personnes vivant des minima sociaux, ce qui accrédite l’idée d’un accroissement des « travailleurs pauvres ».

Car si l’agglomération annécienne, à l’image du département, reste un secteur privilégié en terme de niveau de vie, il y est d’autant plus difficile d’y habiter avec de faibles revenus. Dans une étude rendue récemment, la MRIE (Mission régionale d’information sur l’exclusion), avait évoqué le paradoxe « de chiffres en baisse, mais de situation de pauvreté qui se renforcent » sur l’ensemble de Rhône-Alpes.

O. D.

(1) Les chiffres de la population pris en compte sont ceux de 2003. Dans les communes où la population a augmenté depuis, cela peut amener un ration encore légèrement inférieur.

MON COMMENTAIRE : ANNECY N'EST PAS (ENCORE) UNE VILLE DE RICHES MAIS C'EST (HELAS) DE PLUS EN PLUS UNE VILLE POUR RICHES.

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