Paris - AFP : Ségolène Royal a visité un centre d'hébergement d'urgence du Secours catholique à Paris, où elle a réclamé des mesures
"énergiques" pour résoudre la crise du logement.
"Le jour de Noël, c'est là sans doute qu'on prend conscience de la façon la plus aiguë des inégalités criantes, qui loin de se réduire s'aggravent", a affirmé l'ex-candidate socialiste à la
présidentielle.
"Je demande au gouvernement et au Président de la République d'agir, il y a eu des promesses de campagne, on attend des mesures énergiques et efficaces, qu'on passe des discours aux actes", a lancé
Mme Royal.
Ségolène Royal visite un centre d'hébergement et réclame des mesures énergiques
PARIS, 24 déc 2007 (AFP) - Ségolène Royal a visité lundi, veille de Noël, un centre d'hébergement du Secours catholique à Paris, réclamant des
mesures "énergiques" pour résoudre la crise du logement, comme la substitution de l'Etat aux communes défaillantes en matière de logements sociaux.
"Le jour de Noël, c'est là sans doute qu'on prend conscience de la façon la plus aiguë des inégalités criantes, qui loin de se réduire s'aggravent", a affirmé l'ex-candidate à la présidentielle
après avoir discuté avec des habitants de la cité Saint Martin, dans le quartier de l'Arsenal (IVe arrondissement).
L'immeuble, dans ce quartier cossu, abrite quelque 150 personnes - plus de 200 en comptant les chambres d'hôtels et appartements liés au centre. Célibataires, divorcés, familles entières avec
enfants - une soixantaine d'enfants au total - ont échu là.
Les témoignages fusent: qui a perdu son logement après un licenciement, qui après un divorce. L'emploi n'est seul en cause: "l'immigration, la violence conjugale" sont aussi facteurs d'exclusion,
souligne la directrice, Catherine Cabbanes.
"La moitié des personnes hébergées ici travaillent", souligne-t-elle.
"La crise du logement touche les exclus et les bas salaires mais aussi les catégories moyennes", souligne Mme Royal.
Le centre ne peut plus remplir sa fonction d'accueil "d'urgence" puisqu'en application de la loi du logement opposable les associations sont tenues de garder leurs pensionnaires tant qu'ils n'ont
pas trouvé à se reloger.
Désormais, "il y a une problématique de la sortie" qui a conduit à "un "engorgement", alors que la demande explose, souligne Mme Cabbanes. Elle rappelle le manque notamment de maisons relais
permettant le relogement, alors "qu'un tiers des personnes du centre sont pourtant éligibles à un logement social".
"Je demande au gouvernement et au Président de la République d'agir, il y a eu des promesses de campagne, on attend des mesures énergiques et efficaces, qu'on passe des discours aux actes", lance
Mme Royal.
Pour elle, "des solutions simples" existent et si le gouvernement ne les prend pas c'est qu'il "ne veut pas bousculer" les communes de droite qui ne respectent pas leurs obligations.
Elle propose que "l'Etat se substitue aux 700 communes qui ne construisent pas les 20% de logements sociaux" imposés par la loi, et aussi à celles qui ne respectent pas "le quota d'un logement
d'urgence pour 1.000 habitants".
Elle demande également de "donner aux communes la possibilité de réquisitionner des logements vacants spéculatifs" et que l'Etat mette "à disposition des communes" pour construire du logement
social, les terrains qu'il compte vendre dans les villes.
Mme Royal salue enfin "le travail extraordinaire des associations". "Sans elles la misère serait encore plus forte".
em/so/sh
Ségolène Royal: des "solutions simples" existent pour résoudre la crise du logement
PARIS, 24 déc 2007 (AFP) - Ségolène Royal a estimé lundi que des "solutions simples" existent pour résoudre la crise du logement, proposant notamment
"la réquisition des logements spéculatifs" et la substitution de l'Etat aux communes ne respectant pas leurs obligations en matière de logements sociaux.
"Le jour de Noël, c'est là on s'en doute qu'on prend conscience de la façon la plus aiguë des inégalités criantes, qui loin de se réduire s'aggravent en France", a affirmé l'ex-candidate à la
présidentielle après une visite de la cité Saint Martin, structure d'hébergement d'urgence du Secours catholique qui abrite quelque 150 personnes dans le IVe arrondissement.
Selon Mme Royal, "des solutions simples existent, il y a des moyens d'agir très rapidement" et si le gouvernement ne les adopte pas c'est qu'il "ne
veut pas bousculer" les communes de droite qui ne respectent pas leurs obligations.
Elle propose donc que "l'Etat se substitue aux 700 communes qui ne construisent pas les 20% de logements sociaux" prévus par la loi SRU (solidarité et rénovation urbaine) et à celles qui ne
respectent pas "le quota d'un logement d'urgence pour 1.000 logements".
Il faut, par ailleurs, "donner aux communes la possibilité de réquisitionner des logements vacants spéculatifs", a dit la présidente de Poitou Charentes.
Elle a dénoncé la vente de terrains appartenant à l'Etat et aux différents ministères "à des prix spéculatifs". Ces terrains doivent être "mis à la disposition des communes pour qu'elles puissent
construire des logements à des prix modérés", a-t-elle affirmé.
em/so/bg
Par Gérard Bon Reuters - Lundi 24 décembre,
14h00
PARIS (Reuters) - Ségolène Royal
appelle le gouvernement à faire face à la crise du logement social, affirmant que la France a les moyens de loger correctement les familles si les richesses sont réparties autrement.
"Je tire la sonnette d'alarme, je demande au gouvernement et au président de la République d'agir, il y a eu beaucoup de promesses pendant la campagne présidentielle, on voit que
rien n'a bougé", a déclaré l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle.
Ségolène Royal, qui s'est rendue à la veille de Noël à la cité Saint-Martin, un centre d'hébergement du Secours catholique, dans le IVe arrondissement de Paris, a dit y avoir
constaté les effets pervers du Plan d'action renforcé en direction des personnes sans abri (Parsa.)
"Ce que j'apprends ici, en écoutant les associations, c'est que la dernière loi par laquelle l'Etat s'est donné bonne conscience en imposant aux structures d'urgence de garder les
personnes hébergées pose plus de problèmes qu'elle n'en résous", a-t-elle expliqué.
"En demandant aux associations de garder plus longuement les personnes qui sont dans des structures d'urgence, ça diminue les places pour ceux qui en ont le plus besoin", a-t-elle
ajouté.
Le Parsa a été signé en janvier dernier pour sortir de la crise des tentes du Canal Saint-Martin, opération menée sous l'égide de l'association "Les Enfants de Don
Quichotte.
La cité Saint-Martin, qui dispose de 274 lits et accueille des familles comme des personnes isolées, est passée depuis lors de l'hébergement d'urgence à une action de
stabilisation. Du coup, le système est saturé, déplorent des associations.
TRAVAILLEURS PAUVRES
"Nous ne pouvons plus faire sortir les gens s'ils ne trouvent pas de structure plus pérenne. Au lieu de deux mois, la durée moyenne du séjour est maintenant de six à dix mois",
explique Karine Tinière, membre de l'équipe du centre.
Evoquant les "promesses non tenues", la directrice de la cité Saint-Martin, Catherine Cabannes, a souligné qu'il s'agissait d'un problème général, la stabilisation ayant révélé un
manque de place au regard du nombre de personnes à la rue.
"Pour 100 places pour les familles, nous avons 3.500 demandes", a-t-elle précisé.
Ségolène Royal, qui a été accueillie par une trentaine de résidents et a visité les lieux tout en s'informant de la situation des uns et des autres, a pu vérifier que nombre
d'entre eux s'étaient retrouvés à la rue après la perte d'un emploi, des problèmes de santé, ou encore un divorce.
"Ca peut arriver à tout le monde", a dit un homme de 54 ans, père de trois enfants et divorcé.
Dans une chambre, un résident a insisté sur la difficulté pour une personne gagnant le smic de payer une caution et même de pouvoir s'acquitter d'un loyer dans la capitale.
"Ce que je découvre ici, c'est qu'une personne sur deux a un travail, c'est le problème des travailleurs pauvres et ça, c'est insupportable", s'est exclamée Ségolène Royal.
Lors d'un point de presse dans la salle des fêtes du centre, Ségolène Royal a dit attendre en cette fin d'année "des mesures énergiques, des mesures efficaces", en particulier que
l'Etat se substitue aux communes qui ne construisent pas 20% de logements sociaux comme le prévoit pourtant la loi.
"C'est la seule solution. Puisqu'il y a 700 communes qui ne font pas le travail que leur impose la loi, c'est l'Etat qui doit se substituer aux communes et construire les 20% de
logements sociaux qui n'existent pas", a-t-elle dit.
La présidente de la région Poitou-Charentes a également demandé que l'on donne aux communes la possibilité de réquisitionner les logements vacants spéculatifs et que soit appliqué
dans l'ensemble des villes le quota d'un logement d'urgence pour 1.000 logements.
Elle a également dénoncé "toute une démarche de vente de terrains appartenant à l'Etat à des buts spéculatifs", estimant que son rôle n'est pas "de faire des profits sur des
terrains de la collectivité nationale."
"Je demande que ces terrains que l'Etat s'apprête à vendre à des prix très élevés dans un certain nombre de communes de France soient mis à disposition des communes pour qu'elles
puissent construire du logement à des prix modérés", a-t-elle dit.
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