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Actualité politique nationale

Mercredi 30 mai 2007 3 30 /05 /2007 15:09
Le "logiciel" Ségolène Royal est-il PS-compatible ?
LE MONDE POUR MATINPLUS | 30.05.07 | 07h28  *  Mis à jour le 30.05.07 | 07h28


Ségolène Royal est en réserve. Ou, aux yeux de certains éléphants socialistes, en embuscade. Au soir de sa défaite, le 6 mai, la candidate battue avait adopté la posture de leader de l'opposition. "Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles", avait-elle lancé aux militants socialistes.

Au conseil national du 12 mai, elle avait critiqué le "manque de discipline" du PS, lui enjoignant de désigner son candidat pour 2012 - ou plutôt sa candidate...-, dès son prochain congrès, en novembre 2008 (ou avant).

Depuis, Ségolène Royal a baissé le ton. Mais, au nom de ses 17 millions d'électeurs du 6 mai, elle revendique toujours un rôle de premier plan. "Je n'exclus rien et je ne m'interdis rien", a-t-elle déclaré mardi sur France 2, s'affirmant décidée à prendre "toute sa place" dans la rénovation du PS, qu'elle invite à "revisiter la totalité de son logiciel".

Pourrait-elle, le moment venu, briguer la succession de son compagnon François Hollande à la tête du PS ? L'hypothèse n'est pas la plus probable. L'ex-candidate est trop étrangère à l'appareil du parti et à son fonctionnement - elle l'a montré pendant sa campagne présidentielle. Le PS sera plutôt tenté de privilégier une relève générationnelle, avec des quadras comme Vincent Peillon, Manuel Valls, ou de choisir un homme de transition tel François Rebsamen.

L'ambition de Ségolène Royal est d'ailleurs de fonder une nouvelle coalition, allant de la gauche au centre, en incluant si possible le Parti communiste, une sorte de fédération "arc-en-ciel" s'inspirant du modèle italien, et dont elle pourrait prendre la direction.


Michel Noblecourt
Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
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Mercredi 30 mai 2007 3 30 /05 /2007 15:10
Hollande, dix ans et après...
LE MONDE POUR MATINPLUS | 30.05.07 | 07h28  *  Mis à jour le 30.05.07 | 07h28


François Hollande a décidé de jeter l'éponge. Il a présidé, hier soir au Zénith à Paris, son dernier grand meeting parisien, pour des élections législatives, en tant que premier secrétaire du Parti socialiste. Le 23 mai, le député et maire de Tulle (Corrèze), par ailleurs compagnon de Ségolène Royal, a confirmé qu'il ne serait pas candidat à sa propre succession, lors du prochain congrès du PS, en principe en novembre 2008. Une façon pour lui de couper court au feu roulant de critiques venant des éléphants socialistes, Dominique Strauss-Kahn ayant même fait de lui " le principal responsable " de la défaite présidentielle - la troisième pour le PS depuis 1995.

Si le congrès n'a lieu qu'en novembre 2008 - cela paraît peu probable : il sera probablement anticipé -, François Hollande sera resté onze ans à la tête du PS. Un record absolu. François Mitterrand a exercé la fonction de premier secrétaire un peu moins de dix ans (juin 1971-janvier 1981), Lionel Jospin neuf ans, mais en deux fois (1981-1988 et 1995-1997) et Pierre Mauroy quatre ans (1988-1992), les autres ne faisant que passer. En une décennie, François Hollande a fait du PS le parti dominant de la gauche, frôlant les 300 000 adhérents. Mais il a sauté la "case" rénovation et doit aujourd'hui en payer le prix.

Rien ne prédisposait celui qui voyait dans le militant politique un "Sisyphe heureux", à devenir premier secrétaire. Quand en 1984, jeune militant de 30 ans, encarté au PS depuis 1980, il se lance dans l'aventure des "transcourants" - qui fustigent ces courants politiques internes sans lesquels les socialistes ne se sentiraient pas eux-mêmes... -, il invite le parti à "en appeler au réel bien plus qu'aux mythes". Quand, au début des années 90, député de Corrèze depuis 1988, il s'engage dans le club Témoin en vue d'une éventuelle candidature de Jacques Delors à l'Elysée, il se voit plutôt ministre que chef de parti.

Mais en 1997, le président de la République Jacques Chirac dissout l'Assemblée nationale. Lionel Jospin gagne les élections législatives et se cherche un successeur. L'élu corrézien, alors porte-parole du PS, n'a pas un profil jospiniste : il n'a jamais été dans son courant, il n'a soutenu que tièdement sa candidature à l'Elysée. Pourtant le Premier ministre le choisit, en expliquant à ses fidèles : "C'est le meilleur, le plus brillant et le plus politique d'entre vous". Les militants l'élisent triomphalement, le 27 novembre 1997, au poste de premier secrétaire. Entre les éléphants goguenards qui pensent n'en faire qu'une bouchée - "une fraise des bois" pour Laurent Fabius - et des militants qui goûtent vite sa convivialité et son humour, le nouveau chef s'impose, en promettant une "rénovation idéologique" dont il délimite soigneusement les frontières : pas question de faire muter les socialistes en "libéraux de gauche" ou de copier Tony Blair.

C'est pourtant sur la rénovation idéologique que François Hollande a connu son principal échec. Nombre de socialistes y voient la première raison de la défaite de Ségolène Royal. Au congrès de Dijon, en mai 2003, il avait ironisé sur les " bons esprits " qui somment le PS de faire son aggiornamento, répliquant qu'il avait prouvé sa " modernité " au pouvoir.

Si le reproche d'immobilisme idéologique est fondé, François Hollande a des circonstances atténuantes. De 1997 à 2002, il fait régner le consensus dans un PS obligé de cohabiter avec Chirac à l'Elysée et avec... un gouvernement de gauche plurielle. Le premier secrétaire ne se borne pas à accompagner la politique de Lionel Jospin, il pèse souvent plus que les ministres. Et les succès électoraux suivent. En 1999, la liste du PS que François Hollande conduit aux élections européennes arrive en tête (21,95 %), loin devant celle de Nicolas Sarkozy (12,82 %). En 2001, il est élu maire de Tulle.

Après le séisme du 21 avril 2002, qui voit Jospin éliminé au premier tour de la présidentielle, Hollande parvient à sauver son poste et l'unité du PS, qu'il mène à une triple victoire en 2004, aux élections régionales, cantonales et européennes. Enhardi, il fait voter les militants socialistes sur le projet de Constitution européenne : le "oui" frôle les 59 %. François Hollande se met à croire à son destin présidentiel. La victoire du "non" au référendum du 29 mai 2005 met un terme à son rêve. La crise repart de plus belle. Ses opposants se déchaînent. Au congrès du Mans, en novembre 2005, il l'emporte mais se résoud à une synthèse qui lui ferme la route de l'Elysée au profit de... sa compagne. On connaît la suite.

Sisyphe va rendre son tablier, mais il est bien décidé à ne pas disparaître du paysage de la gauche et à y mener d'autres combats.


Michel Noblecourt
Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
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Mercredi 30 mai 2007 3 30 /05 /2007 15:13
La SDJ de Paris-Match proteste contre des "pressions" de Rachida Dati


PARIS, 29 mai 2007 (AFP) - La Société des journalistes (SDJ) de Paris-Match proteste contre "des pressions exercées par la garde des Sceaux" Rachida Dati visant à empêcher la publication de photos de jeunesse "dont la reproduction avait pourtant été autorisée par son père", dans un communiqué mardi.
"Dans un contexte d'insécurité, où des journalistes sont incités au départ, la direction de notre rédaction ainsi que la direction générale des rédactions de Lagardère Active, ont choisi de céder. La SDJ le déplore", ajoute l'organisation.
Olivier Royan, directeur de la rédaction de Paris-Match, a expliqué à l'AFP que Mme Dati lui avait fait savoir que "ni elle ni ses frères et soeurs ne souhaitaient la publication de photos de famille dans ce reportage".
"Comme ces photos ont un caractère privé, et malgré leur côté un peu banal - il s'agit de scènes d'enfance - nous avons décidé de respecter la loi", a ajouté M. Royan.
"La liberté de la presse doit s'exercer dans le respect des personnes et Mme Dati n'a fait que faire respecter son droit à la vie privée", a expliqué de son côté le ministère de la Justice.
Selon la SDJ de Paris-Match, la reproduction de ces photos avait pourtant été autorisée par le père de la garde des Sceaux "lors d'un rendez-vous avec nos reporters".
"Au terme de longues tractations, l'article a été maintenu mais vous ne verrez pas dans notre prochaine édition ces banales photos de famille", ajoute-t-elle. "Et ce bien qu'une partie d'entre elles ait déjà été montrée dans un documentaire diffusé sur la chaîne marocaine 2M".
"Les photographies publiées (ndlr: dans la prochaine édition) sont celles qui ont été sélectionnées par la Chancellerie", souligne la SDJ.
Elle note que l'actionnaire majoritaire de Paris-Match, Arnaud Lagardère, "auquel nous avions demandé de nous recevoir afin de garantir l'indépendance éditoriale de nos titres, ne nous a toujours pas dit quand nous pourrions le rencontrer".
La SDJ indique être soutenue, dans cette protestation, par les SDJ du Journal du Dimanche (JDD), Elle, Première et Télé7Jours, publications appartenant au groupe Lagardère.
Cette protestation de la SDJ d'un des titres de la galaxie Lagardère intervient quelques jours après un premier incident. Mi-mai, le JDD avait renoncé à publier un article révélant que Cécilia Sarkozy n'avait pas voté au second tour de l'élection présidentielle le 6 mai.
La Société des journalistes du JDD avait alors accusé Arnaud Lagardère, patron du groupe propriétaire du journal et proche de Nicolas Sarkozy, d'être intervenu pour que l'article ne soit pas publié et avait dénoncé "une censure inacceptable".

Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
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Mercredi 30 mai 2007 3 30 /05 /2007 15:17
anti_bug_fckLES SYNDICATS DE MAGISTRATS HOSTILES AUX REFORMES DE R. DATI

PARIS (Reuters) - Les deux principaux syndicats de magistrats ont exprimé leur hostilité aux projets de réforme annoncé pour juillet sur les peines de prison automatiques pour les récidivistes et l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans, à l'occasion d'entretiens avec la ministre de la Justice Rachida Dati.

L'Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire) et le Syndicat de la magistrature (gauche) contestent le principe de ces réformes, estiment qu'elles pourraient aggraver la surpopulation carcérale et jugent qu'elles éludent le véritable problème du système judiciaire, le manque de moyens.

"Le Syndicat de la magistrature considère que ces deux projets consacrent le renoncement au principe de l'insertion par l'éducation et instituent l'enfermement comme seule réponse aux problématiques posées par la récidive", écrit la présidente de ce syndicat classé à gauche dans une lettre au Garde des sceaux, remise mercredi à la presse.

Emmanuelle Perreux devait être reçue par la ministre mercredi après-midi place Vendôme. Le syndicat s'insurge contre ces lois de procédure pénale, qui viendront après dix autres réformes pénales votées sous le précédent gouvernement.

Le SM estime qu'il manque environ 600 fonctionnaires aux greffes des tribunaux. Selon plusieurs études, environ un tiers des peines de prison ou d'amendes prononcées en France ne sont pas exécutées faute de moyens.

L'Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire), reçu lundi par Rachida Dati, a exprimé une position similaire, a dit à Reuters Catherine Vandier, vice-présidente du syndicat.

"Nous avons indiqué à Mme Dati que la priorité était de remettre les greffes à niveau et de faire fonctionner la justice", a-t-elle dit.

L'instauration de peines de prison automatiques et l'abaissement de la majorité pénale avaient été refusées par les deux précédents ministres de la Justice, Dominique Perben et Pascal Clément, qui jugeaient ces mesures inconstitutionnelles.

Le droit constitutionnel prévoit en effet que les juges doivent adapter les peines à chaque individu et qu'un mineur ne peut être traité comme un majeur. Actuellement, la peine pénale encourue par un mineur est la moitié de celle d'un majeur, sauf décision spécialement motivée.

Les textes présentés au Parlement en juillet devraient prévoir à l'inverse, pour contourner ce problème juridique, que les tribunaux pourront écarter à titre exceptionnel, par une décision motivée, la peine de prison automatique et rétablir aussi exceptionnellement l'excuse de minorité.

Le président de l'USM Bruno Thouzellier estime que ce dispositif, s'il était retenu, constituerait un "piège" tendu aux magistrats. La responsabilité d'une peine favorable leur serait en effet imputée.

"Nous souhaitons que le magistrat garde toute son indépendance pour prononcer les peines et qu'on ne se retourne pas contre lui en cas de dysfonctionnement", a dit Catherine Vandier.

Enfin, les syndicats de magistrats ont rappelé à Rachida Dati que le nombre de personnes détenues dans les 188 prisons françaises avait franchi au 1er mai un cap fatidique avec 60.698 personnes, un des plus élevés de l'histoire judiciaire française. La capacité des prisons est d'environ 50.000 places.

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Mercredi 30 mai 2007 3 30 /05 /2007 15:20
mercredi 30 mai 2007, 13h09
 
Eric Woerth nie tout cafouillage sur les emprunts

 

PARIS (Reuters) - Le ministre du Budget, Eric Woerth, nie tout cafouillage gouvernemental sur la défiscalisation des intérêts d'emprunts immobiliers en cours, mesure promise par Nicolas Sarkozy.

"Le président s'est exprimé hier. (...) Les choses sont très, très claires", a-t-il dit à l'issue du conseil des ministres. "On verra sur les précisions", a-t-il ajouté.

En meeting mardi soir au Havre en Seine-Maritime, dans le cadre de la campagne législative, Nicolas Sarkozy a annoncé que la déduction du revenu imposable des intérêts d'emprunts contractés pour acheter une résidence principale s'appliquerait "à tous les intérêts en cours".

Il a ainsi contredit Eric Woerth, qui avait avancé la semaine dernière que seuls les emprunts relatifs à un achat matérialisé après le 6 mai seraient concernés.

Il n'y a "pas du tout" de cafouillage, a assuré mercredi le ministre du Budget et des Comptes publics.

"Bien sûr, c'est le président" qui gouverne, a ajouté Christine Boutin, ministre de la Ville et du Logement. "Nous avons chacun notre place", a-t-elle ajouté.

"C'est au gouvernement, à partir de ces indications très fortes qui ont été données dans le droit fil des engagements pris, de mettre en oeuvre, de préciser les modalités qui seront bien sûr discutées et votées par le Parlement", a déclaré sans plus de précisions Christine Albanel, porte-parole du gouvernement, lors du conseil des ministres.

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Jeudi 31 mai 2007 4 31 /05 /2007 08:36
Script de François Rebsamen, interviewé par Michel Field (LCI) depuis le zenith de Paris (mardi 29 mai 2007) :

Michel FIELD : François Rebsamen est avec nous. Bonsoir, François Rebsamen ! Vous avez été l'un des directeurs de campagne de Ségolène Royal. Comment vous ressentez l'atmosphère qu'il y a au Zénith ? On m'a dit, tout à l'heure, qu'à la fois vous êtes réalistes et vous savez que c'est une campagne extrêmement difficile à gagner, pour ne pas dire qu'elle est peut-être perdue d'avance ; et en même temps, on sent la volonté des orateurs, de Ségolène comme de Dominique Strauss-Kahn, jusqu'à maintenant, de mobiliser au maximum les militants et les sympathisants.

François REBSAMEN, ancien directeur de campagne de Ségolène Royal : Et de Bertrand Delanoë et de François Hollande qui sont présents. Il y a la nécessité aujourd'hui de re-mobiliser un électorat qui avait rassemblé 17 millions de personnes le 6 mai, sur le nom de Ségolène Royal. Et cette mobilisation est la clé du résultat de l'élection législative, car toute démobilisation se traduirait par une baisse importante du nombre de députés. Je rappelle que Ségolène Royal a été majoritaire dans plus de 200 circonscriptions françaises. Et donc il faut retrouver une gauche combative, rassemblée, qui défende ses valeurs et qui soit capable aussi de se moderniser.

Michel FIELD : Dénoncer la...

Clameurs

François REBSAMEN : Vous voyez, il y a une bonne ambiance !

Michel FIELD : Oui, ça, mais il y a toujours une bonne ambiance dans les meetings, quelle que soit, d'ailleurs, la couleur politique de leurs participants. Mais comment vous comprenez...

François REBSAMEN : Oui, ça c'est...

Michel FIELD : Allez-y.

François REBSAMEN : Michel Field, je voulais dire : c'est aussi une nouveauté, cette participation massive dans les meetings, pas uniquement socialistes ; c'est un retour, on pourrait dire, du politique, et je ne souhaite pas qu'il y ait une démobilisation pour les élections législatives.

Michel FIELD : Le discours d'ouverture du président de la République avec ces symboles incarnés par Bernard Kouchner ou d'autres, c'est quelque chose qui fait mal au Parti Socialiste. On a l'impression que vous avez du mal à trouver le bon angle pour attaquer le discours actuel du président de la République et de sa majorité.

François REBSAMEN : C'est-à-dire que pour le moment - et c'est normal d'ailleurs - mais il n'y a que du discours, il n'y a que de la médiatisation, il n'y a que de la mise en scène, on pourrait dire, de l'arrivée de Nicolas Sarkozy. Alors, c'est tous les jours, Nicolas Sarkozy qui fait du jogging ; c'est tous les jours, Nicolas Sarkozy qui va à Brégançon... Donc, on a une sorte de saturation, mais il faut absolument que nous soyons conscients que derrière cette médiatisation, il y a une politique qui n'a pas été validée dans toutes ses mesures à plus de 50%. Je vais prendre l'exemple des franchises dans le domaine de la santé : une majorité de Français n'en veut pas ! Eh bien, il faut qu'il y ait des députés socialistes, des députés de gauche, pour s'opposer à des mesures de ce genre. Donc, nous arrivons à nous ressaisir. Et pour moi, le gouvernement de Nicolas sarkozy n'est pas un gouvernement d'ouverture ; la démarche d'ouverture, elle avait été faite par François Mitterrand en 1988 quand il avait dit qu'il ne souhaitait pas qu'un parti ait la majorité absolue. Là, nous sommes sur une pente où on croit que Conseil constitutionnel, CSA, télévisions, Sénat, on est dans un parti... dans un pays de parti unique ; donc, il faut dire "stop". La démocratie, elle marche sur deux jambes. On a besoin de la gauche, on a besoin de députés socialistes, et en nombre. Et je crois que c'est ce que tout le monde ressent ce soir.

Michel FIELD : Merci, François Rebsamen, d'être intervenu en direct sur LCI.
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Jeudi 31 mai 2007 4 31 /05 /2007 15:41
LA POSITION DU SGEN-CFDT
                              Suppression de la carte scolaire
                           Attention Danger



Supercherie ou naïveté, le ministre veut nous faire croire que la suppression de la carte scolaire pourrait permettre à tous les élèves de choisir leur école...alors que l'absence de régulation va plutôt permettre
à certains établissements de choisir leurs élèves.

Remettre en cause la carte scolaire sous prétexte que certains la contournent reviendrait à supprimer les stop sous prétexte que certains ne les respectent pas.

Cependant le statu-quo n'est pas souhaitable : le mode de répartition actuelle des élèves engendre :

- de grandes inégalités et l'existence d'établissements ghettos

- le développement de l'enseignement privé

 Le Sgen-CFDT revendique au contraire une vraie politique favorisant la mixité sociale

Le bassin de formation doit permettre de construire cette politique en associant les collectivités
locales pour :

- redécouper les périmètres scolaires

- choisir l'implantation des établissements scolaires

- constituer des écoles et des collèges regroupant les élèves par cycle

- répartir les élèves selon le principe d'un profil moyen des CSP (catégories socio professionnelles) du bassin, respecté par les établissements publics et privés

- fermer certains établissements ghettos

- développer des lycées polyvalents

- rééquilibrer l'implantation des options pour permettre l'attractivité de tous les établissements

Commentaire : le projet gouvernemental -qui aboutit à permettre aux établissements de choisir certains de leurs élèves - n'a strictement rien à voir avec l'objectif proposé par Ségolène ROYAL d'assouplissement de la carte scolaire pour une vraie mixité sociale. Comme quoi le même intitulé peut conduire à des solutions concrètes totalement divergentes selon la mise en applicaion par la droite ou par la gauche.
Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
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Vendredi 1 juin 2007 5 01 /06 /2007 15:53

La chronique de Jacques Julliard
PS : l'heure du rebond

Les temps sont mûrs pour un aggiornamento intellectuel. S'agit-il de se rapprocher du centre ou de la droite ? Non, il s'agit de se rapprocher du réel

Au royaume du n'importe quoi, ce qui se débite à droite et à gauche à propos du Parti socialiste mériterait une mention spéciale du jury. Ce ne sont que haussements d'épaules et abaissements de bras, jérémiades hypocrites, interjections découragées, commentaires apitoyés : il a touché le fond, il est plus bas que terre, c'est une déroute historique, etc. Tout cela de la part de gugusses qui ont fait entre 1 et 4 % à l'élection présidentielle. Pour moi, avec mes idées simples, un parti dont la candidate a réuni 26 % des voix au premier tour de la présidentielle et 47 % au second n'est pas un parti à l'agonie.
Et tant qu'à déplaire aux imbéciles, allons jusqu'au bout : jamais une défaite politique n'avait offert autant de possibilités de rebond. Pourquoi ? D'abord, parce que la dernière élection a fait place nette autour du Parti socialiste. Le PCF a disparu, les gauchistes, réduits à la portion congrue, sont intellectuellement déconsidérés, les Verts sont atomisés, les radicaux désorientés. Il y a désormais la place pour un grand parti réformateur regroupant, ou peu s'en faut, toutes les composantes de la gauche. En ce sens, et en dépit du bon score de François Bayrou au premier tour, la présidentielle a précipité la bipolarisation de la France ( 1 ) : l'UMP n'a plus de concurrent à droite, le PS n'a plus de concurrent à gauche ; Nicolas Sarkozy est le leader naturel du grand parti majoritaire, Ségolène Royal celui du grand parti minoritaire. Et si, l'an prochain, comme il est probable, le Parti socialiste remporte les élections municipales, on verra bien qu'il est en train de gagner en France une position telle qu'il n'en a jamais occupée dans le passé.
Autrement dit : ses électeurs ont tenu. Ses chefs sont à la ramasse, sa doctrine est en charpie, mais les troupes sont toujours là ! Ségolène Royal est sortie majoritaire chez les jeunes, dans les villes et dans les banlieues. Elle a repris pied dans le monde du travail, qui était en train de déserter la gauche. Ce qui dessine en creux l'électorat de Sarkozy : plus rural, plus âgé, plus bourgeois. Les joggings télévisés n'y changeront rien : la France de l'avenir, c'est celle de Ségolène Royal plus que celle de Nicolas Sarkozy.
Et voici l'autre circonstance favorable dont il va falloir profiter. Les temps sont mûrs pour un aggiornamento intellectuel. S'agit-il de se rapprocher du centre ou de la droite ? Non, il s'agit de se rapprocher du réel. L'avalanche de réponses au débat que nous avons lancé ( 2 ) atteste la volonté qui se fait jour un peu partout de mettre les paroles en accord avec les actes, les solutions en accord avec les questions du moment. Où est le problème ? Il est simple à définir et difficile à résoudre. Il s'agit de trouver le compromis social mais aussi intellectuel capable de faire vivre ensemble un parti et, demain, dans une majorité gouvernementale, les quatre gauches qui coexistent actuellement en France : la gauche libérale, celle des bobos ; la gauche jacobine, celle des fonctionnaires ; la gauche sociale-démocrate, celle des salariés du privé ; la gauche libertaire, celle des intellectuels et des exclus.
Ceux qui récusent une telle alliance, au nom de la cohérence ou de la pureté doctrinale, sont des gens qui ne veulent pas de la victoire - ils sont nombreux à l'extrême gauche - ou qui n'acceptent pas la démocratie, c'est-à-dire la règle majoritaire. Que cela plaise ou non, l'exigence majoritaire implique que plusieurs lignes politiques, plusieurs conceptions du monde coexistent au sein d'une même coalition. La synthèse ne peut être trouvée que dans l'action en commun. Elle reposera nécessairement sur une orientation générale qui ne peut être que réformatrice, c'est-à-dire conforme aux voeux de la majorité de la population. Ce disant, j'ai bien conscience d'aligner des évidences ; mais je suis obligé de constater que depuis des lustres c'est pour avoir obstinément refusé ces évidences que la gauche s'est installée dans une culture de la défaite.

( 1 ) << La France vers le bipartisme ? >>, par Gérard Grunberg et Florence Haegel, Les Presses de Sciences Po. Les auteurs insistent sur la << présidentialisation >> du PS et de l'UMP .
( 2 ) << Réinventer la gauche >>, dans le << Nouvel Obs >> du 17 mai 2006.

Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur

Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
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Dimanche 3 juin 2007 7 03 /06 /2007 19:27
Bolloré accusé d'avoir censuré un article mettant en cause la police

Le journaliste Alexandre Lévy dénonce sur son blog une "petite censure franche et décomplexée"
 
Par FLORENT LATRIVE
 
LIBERATION.FR : samedi 2 juin 2007

Les patrons de presse aiment manier les ciseaux, ces derniers temps. Après Lagardère qui a fait retoquer un article sur Cécilia Sarkozy dans le JDD, c'est au tour de Vincent Bolloré : l'homme d'affaires à la tête d'un groupe de médias (la télé Direct 8, les gratuits Direct Soir et Matin Plus) ou son entourage aurait censuré un article prévu pour être publié dans Matin Plus, édité en collaboration avec le Monde.

L'affaire est relatée par le journaliste de Courrier International (qui appartient au groupe le Monde), Alexandre Lévy, sur son blog. Il y raconte comment, << vendredi 25 mai, en lieu et place d'un article sur les péripéties d'un groupe de musiciens roms hongrois en France, le journal gratuit Matin + publia une page entière de publicité sur... un festival de musique. >>. Dans cet article traduit du quotidien hongrois Magyar Harlap, choisi par la rédaction de Courrier International en vertu des accords qui lient les deux journaux, un ancien consul s'étonne du << traitement réservé à un groupe de musiciens tsiganes invité en France, retenus de façon arbitraire et sans un mot d'excuses au moment de regagner leur pays. >> Un excès de zèle policier français vu par un étranger de façon << plutôt ironique que méchante >>, estime Alexandre Lévy.

Mais l'équipe de Bolloré aux manettes de Matin Plus semble avoir vu là une dangereuse provocation. "On ne peut pas parler de la sorte de la police française", aurait affirmé la direction, selon Alexandre Lévy. Résultat, un papier trappé et << une petite censure, franche et décomplexée, pour un papier qui, ma foi, n'en méritait pas autant. >>

Le quotidien en ligne Rue89 a tenté de joindre les responsables de Matin Plus et du journal le Monde pour obtenir une confirmation, sans que leurs appels soient retournés.

http://www.liberation.fr/actualite/medias/257976.FR.php
 
© Libération
Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
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Lundi 4 juin 2007 1 04 /06 /2007 12:49
Propriétaires: l'absurde subvention
 
Par Thomas PIKETTY

 
QUOTIDIEN : lundi 4 juin 2007

Thomas Piketty est directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'Ecole d'économie de Paris. (En raison des élections législatives, la prochaine chronique Economiques, avec Esther Duflo, sera publiée jeudi 14 juin.)
Parlons net: la réduction d'impôt sur les intérêts d'emprunt prévue par le gouvernement Fillon incarne le clientélisme politique et l'inefficacité économique. Subventionner le logement n'a certes rien d'absurde a priori. Si un bien particulier est sous-produit par le marché, soit parce que les ménages sous-estiment sa valeur (par exemple, si les parents prennent mal en compte l'impact du logement sur le développement des enfants), soit parce que le processus de production correspondant fait l'objet d'une inefficacité particulière, il est légitime de le subventionner, notamment en déduisant la dépense correspondante du revenu imposable. Encore faut-il en être certain, sinon on risque de truffer l'impôt de niches fiscales de toutes natures, avec pour conséquence un relèvement confiscatoire des taux faciaux appliqués au moignon de base fiscale restante. Or tout laisse à penser que la mesure sur les intérêts d'emprunt relève de cette seconde logique.
Cela n'a économiquement guère de sens de déduire les intérêts d'emprunt payés par les propriétaires sans autoriser également la déduction des loyers payés par les locataires (sauf à taxer les loyers fictifs, c'est-à-dire les valeurs locatives des logements occupés par leur propriétaire, ce qui était le cas jusqu'aux années 60). Si l'on souhaite subventionner le logement, qu'importe que le paiement du service de logement prenne la forme d'intérêts ou de loyers. La mesure Sarkozy est donc non pas une subvention au logement, mais une subvention aux propriétaires en tant que tels, dont on voit mal la justification économique. Pourquoi la puissance publique devrait-elle dépenser ses maigres deniers pour favoriser ceux qui achètent leur voiture par rapport à ceux qui pratiquent la location ? D'autant plus qu'en France être propriétaire de son logement est souvent associé à l'immobilité et non au dynamisme économique, compte tenu de la taxe extrêmement élevée pesant sur les ventes de logement (plus de 5 %, malgré la baisse de 1999). C'est d'ailleurs cette taxe absurde, équivalente à un impôt sur ceux qui traversent la rue, qu'il faudrait supprimer en priorité pour dynamiser la mobilité de la main-d'oeuvre et le marché du logement en France.
Surtout, l'expérience passée montre que le rendement économique des aides fiscales au logement est extrêmement faible. Qu'il s'agisse des subventions à l'immobilier locatif, des allocations logement... ou de la déduction des intérêts d'emprunt (pratiquée en France jusqu'en 1997), toutes les évaluations disponibles indiquent que ces aides se transmettent presque intégralement en inflation immobilière, sans réel impact sur la construction et les conditions de logement. Gabrielle Fack a ainsi montré que 80 % des hausses d'allocations logement ont été absorbées par des hausses de loyer. Le même mécanisme s'appliquera probablement aux intérêts d'emprunt. Pour une raison simple : ces aides donnent l'illusion aux ménages d'être plus solvables et augmentent leur demande de logement ; mais compte tenu de la faible élasticité de l'offre de logement et de la trop faible hausse du stock d'habitations disponibles, cette demande supplémentaire nourrit les hausses de prix. Pour prendre un cas extrême, toute subvention fiscale à l'achat ou la location de terre (bien en quantité fixe) se transmet à 100 % aux propriétaires initiaux. Et dans un pays où chacun est prêt à payer cher pour vivre près de ses semblables, le logement est à peine moins inélastique que la terre. L'enjeu aujourd'hui est d'inventer de nouveaux moyens d'actions ciblés permettant de relancer la construction de logements, en particulier pour les plus mal logés. Et certainement pas de déverser de nouvelles aides fiscales à l'ensemble des emprunts en cours et des logements déjà acquis, extension inévitable à partir du moment où elle avait été promise aux électeurs, mais qui porte le coût de la mesure à près de 5 milliards d'euros par an, pour un rendement quasi nul.
D'autant plus que Nicolas Sarkozy distribue des chèques de 5 milliards au même rythme qu'il visitait jadis les commissariats de police. C'est approximativement ce que coûtera l'exonération des heures supplémentaires, mesure qui n'a d'équivalent dans aucun pays, tant elle est insensée économiquement (toutes les heures de travail ont la même valeur, surtout les premières pour ceux qui n'en ont pas) et fiscalement (elle entraînera des manipulations sans fin). C'est aussi ce que coûtera la quasi-suppression des droits de succession, politique archi-inégalitaire que seuls Bush et Berlusconi avaient jusqu'ici osé entreprendre. Et la valeur unitaire du chèque est loin d'être négligeable : 5 milliards d'euros, c'est la moitié du budget total de l'enseignement supérieur.
Cette politique conduit à creuser la dette, à griller toutes les cartouches budgétaires en cas de retournement de la conjoncture, et à handicaper gravement les réformes à venir. Pas facile après de telles largesses d'expliquer aux malades qu'il faut mettre en place les franchises médicales (sans parler de la hausse de la TVA qui s'annonce), aux étudiants que la réforme de l'université se fera avec 1 ou 2 milliards de moyens supplémentaires, aux cheminots qu'ils doivent renoncer à leur régime spécial, etc.
© Libération
Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
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