Commentaires Récents

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Actualité politique nationale

Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /2007 14:12

Selon le Monde daté du 8 mai

Ségolène ROYAL recueille             et

    58 % chez les 18-24 ans          33 % des agriculteurs

    43 % chez les 25-34 ans          18 % des artisans, commerçants

    50 % chez les 35-44 ans          48 % des cadres sup, prof lib

    55 % chez les 45-59 ans          51 % des profess intermédiaires

    39 % chez les 60-69 ans          51 % des employés

    32 % chez les 70 ans et +        54 % des ouvriers

Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /2007 17:08
Rebonds
vers une nouvelle gauche ? le débat dans «libération»
La France bouleversée
Une opposition créatrice doit s'élaborer dans le sillon ouvert par Ségolène Royal.
Par Jean VIARD
QUOTIDIEN : jeudi 10 mai 2007

Jean Viard sociologue, directeur de recherche CNRS au Centre d'étude de la vie politique française.
Nombreux sont ceux qui ont passé une mauvaise nuit dimanche dernier. Sans doute tous les sondages l'annonçaient, mais l  réalité du «vu à la télévision» est d'une autre nature. Mais que s'est-il donc passé ? Pourquoi un peuple qui s'est si massivemen  inscrit sur les listes électorales, un peuple qui s'est passionné pour le débat présidentiel, un peuple qui a voté au premier tour à près de 84 %, pourquoi un tel peuple, motivé, informé, a-t-il si fortement voté pour un candidat de droite, fier de sa droite  Pourquoi a-t-il écarté une femme battante, belle, sincère qui, d'évidence, aurait pu construire une alliance neuve de la gauch  et de la démocratie chrétienne ressuscitée ? Essayons de dresser un bilan
1. La volonté d'effacer la honte du 21 avril 2002 et, sans doute aussi, le sentiment diffus de malaise suite au non au référendum européen ont contribué à l'expression de choix, nombreux et positifs, pour trois candidats du premier tour incarnant chacun dans leur camp une nouvelle étape de la vie publique. Le temps des votes protestataires et négatifs a paru dépassé. En cela, on retrouve l'ambiance politique de 1965 lors de la première élection au suffrage direct. Il s'agissait alors de tourner la page de la guerre d'Algérie. Il y a donc une cause dans le passé récent aux grandes redistributions politiques. Pensons 1945, 1965, 2007.
2. La droite, avec Nicolas Sarkozy, a fait en cinq ans un travail considérable. Elle a, «au forceps», quitté le costume gaulliste pour rejoindre les autres droites modernes des grandes démocraties. Fortement de droite, rétribuant le travail et la gagne, bousculant les autres. Peu repentante de notre histoire, intelligente et technique, une droite qui dit : «Enrichissez-vous !» Nous n'avions plus connu une telle droite depuis l'avant-guerre.
3. La fin du gaullisme et de la France bipartisane a libéré l'énergie démocrate chrétienne que jadis incarna le MRP. Il ne s'agit pas du centre comme d'un non-lieu, il s'agit de l'UDF débarrassée de ses ultralibéraux (ceux qui parfois s'allièrent aux régionales avec le FN en 1988). Il s'agit, grâce à la volonté de François Bayrou, de la reconstruction d'un champ politique porté d'abord dans la France de l'Ouest, mais fort au-delà. Et qui a gagné sans doute cinq points de plus grâce au point suivant :
4. Le blocage intellectuel du PS, depuis sa victoire de 1981 sur ses bases fondatrices de 1971, a été renforcé par son élimination au premier tour de 2002 et la disparition de son leader naturel d'alors. Depuis, les jeux d'appareil ont remplacé le débat théorique, l'analyse sociale et le renforcement des lieux avec les gauches européennes et américaines, écologiques, féministes, libérales, sociales. Ce blocage de la pensée par la culture d'appareil a permis la désignation «périphérique» de Ségolène Royal lors de laquelle le «peuple PS» a désavoué ses grands éléphants.
5. Ségolène Royal, compte tenu des 16 % où Jospin avait laissé la gauche en 2002, a réalisé un trajet incroyable. Merci, Madame, et chapeau bas. Mais cela d'évidence ne pouvait suffire. On ne concurrence pas une machine de guerre d'un grand parti, un chef aguerri à la machine d'Etat et à l'argent, même avec une excellente prima donna. Jeanne d'Arc a fini brûlée. Mais beau résultat et base possible d'une reconstruction entre démocrates-chrétiens, socialistes et écologistes. Dany le Rouge a encore raison.
Devant la volonté massive d'un peuple de tourner la page de ses refus précédents, devant la volonté de mouvement et d'engagement dans le nouveau temps du monde, le candidat le plus prêt à l'action a gagné. Le désir d'action et d'innovation a gagné. Mais n'oublions pas que le même résultat obtenu par le même camp en 1965 ne précéda 1968 que de trois ans. Car il ne faut pas croire que tous les choix du gagnant aient été massivement approuvés. En particulier son esthétique de droite, du chef qui sait, de «la France, aimez-la ou quittez-la» , de l' «immigration et identité nationale associées», des heures sup pour les salariés à plein temps  curieusement massivement masculins...
Cette victoire de la nouvelle droite est d'abord la défaite de la vieille gauche des appareils et des partis. Du PC atomisé, du PS qui peut le suivre, comme en Italie, et disparaître. Le risque est considérable. Risque pour le PS, mais surtout pour la solidarité, la jeunesse métissée, la culture... Alors, la bataille politique va être dure. Et il faut aller la porter au sein du PS, il faut la porter entre le nouveau parti du centre et le PS. Il faut arriver à régénérer une opposition créatrice dans le prolongement du travail de Ségolène Royal. Non pour être pour ou contre elle. Mais pour prolonger le vote de millions de Français. Pour sortir des vieux positionnements. Et d'abord pour limiter le pouvoir de la nouvelle droite par un désistement systématique et sans faille entre candidats PS et centristes aux législatives. Le temps n'est plus de saupoudrer le Parlement de faux groupes PC ou Verts. Il faut laisser des circonscriptions à quelques voix puissantes issues de ces deux mondes. Point. Car le temps d'une nouvelle alliance au centre et d'une refondation du PS est venu. Pour la nouvelle gauche de l'exigence démocratique au quotidien face à Nicolas Sarkozy, pour la nouvelle gauche de la culture, de la solidarité, du féminisme, de l'écologie et de l'économie libérale. La gauche des grandes démocraties modernes.
Si l'on sait faire cela. Si la droite gouverne à droite sans qu'on lui laisse croire que toutes ses valeurs conservatrices sont partagées, si la démocratie chrétienne se reconstruit, si la nouvelle gauche s'élabore dans le sillon ouvert par Ségolène Royal, alors la France sera vraiment bouleversée. Et pas seulement un soir d'élection. Pour des décennies. Tout comme en 1965, qui avait ouvert l'histoire politique qui s'est achevée dimanche dernier.


http://www.liberation.fr/rebonds/252798.FR.php
© Libération


Les débats de l'Obs
Présidentielle : le dessous des cartes
L'historien et démographe décrypte, avec des cartes révélatrices, la dimension bonapartiste du péril sarkozyste
par Emmanuel TODD

L'effet gare du Nord
Les résultats du premier tour ont émerveillé beaucoup de gens. Miraculeusement surpris par le taux extraordinaire de participation, ils y voient le bénéfique retour de l'affrontement gauche-droite au second tour et en déduisent que la décomposition du système est derrière nous et que l'on vient de surmonter la disparition des idéologies politiques. Je ne partage pas cet enthousiasme. Car c'est très vite oublier la pauvreté de contenu de la campagne. Les questions sur la globalisation, les délocalisations, la montée des inégalités, la peur de l'avenir n'ont pratiquement pas été traitées par les candidats. C'est pourtant celles qui intéressent fondamentalement les gens.
Le score très élevé de Bayrou est bien la preuve que la bipolarisation ne s'est pas réalisée. S'il y a eu de la passion et de l'angoisse dans cette campagne, c'est parce que Sarkozy a mis consciemment les questions identitaires au coeur de son discours, brouillant ainsi la problématique économique. On n'a pas voulu le voir, mais, à mes yeux, le vrai tournant de la campagne, ce sont les affrontements de la gare du Nord. Auparavant, on avait sous-estimé à quel point le soulèvement des banlieues a été un événement traumatique dans le système politique français. A l'époque, j'avais interprété ce soulèvement comme la preuve d'une pénétration des idéaux égalitaires chez les jeunes de banlieue. Il faut aujourd'hui être capable de prendre la mesure du choc que ces émeutes ont provoqué dans l'ensemble de la population. Mais cette crise n'a pas été un événement né du hasard. Elle a été dans un certain sens une création de Sarkozy.

En tant que ministre de l'Intérieur, il a multiplié les provocations à l'égard des jeunes de banlieue. Je suis enclin à penser que cette stratégie de provocation était chez lui délibérée afin de s'approprier une partie de l'électorat du Front national. Cette stratégie, au vu des résultats du premier tour, s'est révélée, si j'ose dire, payante. Si je suis prêt à admettre que l'ampleur et la durée de la crise des banlieues ont été, dans une certaine mesure, accidentelles, je suis plus réservé sur les événements de la gare du Nord. Souvenons-nous. A la veille de ces affrontements, les intentions de vote entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy étaient en cours d'égalisation. C'est à ce moment que Sarkozy a choisi de marteler son discours identitaire. Et c'est après les incidents de la gare du Nord que l'opinion s'est polarisée. Mais il s'est agi d'une polarisation très malsaine, qui a permis à Sarkozy de réussir à décrocher une partie de l'électorat lepéniste.

Stratégie de provocation
J'entends les gens se féliciter de ce qu'une fraction de l'électorat d'extrême droite soit revenue dans la droite républicaine. En tant qu'historien, ce n'est pas du tout ce que je vois. Le Pen s'est toujours agité dans le domaine du verbe. C'est un rigolo dans son genre, qui n'a jamais eu l'intention d'exercer le pouvoir. Par sa violence verbale, il a servi d'exutoire. Avec Sarkozy, c'est une tout autre histoire. On a affaire avec lui à une droite de gouvernement qui n'hésite pas à adopter une stratégie de la violence raisonnée avec le concours de l'appareil d'Etat. On est donc confronté à quelque chose de très grave. En ces temps de tensions sociales et économiques, il y a le risque que s'installe au pouvoir une droite radicalisée qui saitque la stratégie de provocation peut être une technique efficace de gouvernement.

La carte du sarkozysme
J'ai sous-estimé le phénomène Sarkozy, parce que je ne voyais pas comment son discours fondamentalement inégalitaire, communautariste, amical aux riches et dur aux faibles, absurdement bushiste, pouvait séduire l'électorat. Parce qu'il était dans une logique d'affrontement avec les valeurs égalitaires des Français, je ne me suis d'abord pas trop inquiété. L'examen des résultats du premier tour révèle un phénomène paradoxal. La percée sarkozyste a certes un rapport avec celle de l'implantation des immigrés d'origine maghrébine à l'Est, trait qu'elle partage évidemment avec l'ancienne carte du vote Front national. Mais, au-delà du lien avec l'immigration, comme la carte du vote Front national, la carte du sarkozysme révèle une implantation préférentielle dans les zones traditionnellement les plus égalitaires de l'espace français : le bassin parisien et la façade méditerranéenne, qui sont les lieux de la Révolution, de la déchristianisation, de la laïcité, du rejet des élites et du refus du traité de Maastricht. La réalité, c'est que l'électorat n'a pas voté sur le contenu inégalitaire du discours sarkozyste, mais qu'il a exprimé une aspiration à l'ordre et une xénophobie spécifiquement française. La même contradiction existait, encore accentuée, pour le Front national, dont les chefs adhèrent à un inégalitarisme et à un racisme assez classique, mais dont l'électorat est plutôt dans un refus de la différence culturelle maghrébine, dans une exigence d'assimilation immédiate, dans une sorte de perversion de l'égalitarisme. Le style brutal, voyou, de Sarkozy a été en phase avec un certain type de tempérament individualiste, égalitaire, fort en gueule et indiscipliné. Ce tempérament avait permis, dans le passé, l'émergence du bonapartisme, puis du gaullisme électoral, avant celle du sarkozysme. Tous ces phénomènes - interprétations de droite de l'individualisme égalitaire - expriment un désir d'ordre et d'autorité dans une culture locale plutôt anarchiste et pour laquelle l'issue logique est le culte d'un chef qui serait l'individu absolu.
La carte du vote Bayrou montre que, à l'inverse, celui-ci a fait ses meilleurs scores dans les zones où le catholicisme était resté fort le plus longtemps, avec ses valeurs de hiérarchie, de déférence sociale et de bonne éducation. Le vote Bayrou exprime certainement une révolte, mais une révolte de légitimistes républicains, contre l'anarchisme sarkozyste et l'inconnu royaliste.
Dans le Midi, le vote Sarkozy va au-delà du vote gaulliste traditionnel, puisque le Midi avait été réfractaire au gaullisme comme au bonapartisme.
En associant le bassin parisien et la façade méditerranéenne, Sarkozy a réussi, avec l'aide de Le Pen, à réconcilier géographiquement et à titre posthume, de Gaulle et l'OAS.
Le gaullisme de Sarkozy est donc parodique. Une France qui ne serait ni belle, ni grande, ni généreuse. Le gaullisme dans son nationalisme avait la folie des grandeurs. Il incarnait une fuite devant les réalités des conflits sociaux par une politique incantatoire de grandeur internationale. Le sarkozysme est à mes yeux un gaullisme rétréci où la France se promet d'être grande uniquement sur son propre territoire.

La clé des ouvriers
Il est étrange de constater que l'électorat de Sarkozy s'est développé dans des zones où les gens ont des tempéraments plutôt égalitaires. Au cas où Sarkozy deviendrait président de la République, il faut savoir que tout son discours actuel est en contradiction avec les aspirations profondes de son électorat. C'était déjà vrai pour Le Pen, mais il n'a jamais eu l'occasion d'exercer le pouvoir, et le Front national a pu vivre vingt ans avec cette contradiction. Si Sarkozy gagne, il sera fatalement en choc frontal avec ceux qui l'ont élu.
Autre raison de ne pas déprimer. Les chiffres montrent que Sarkozy est parvenu à séparer les deux électorats qui s'étaient réunis dans le Front national : les petits commerçants et les ouvriers. Les premiers sont à la base du phénomène Sarkozy. Le sarkozyste type est un petit commerçant déchaîné du bassin parisien ou du Var. En ce qui concerne le vote ouvrier, le vote Sarkozy est à peine supérieur au vote Chirac. La droite radicalisée a pu récupérer les petits commerçants, mais pas les ouvriers. C'est pour cela que le vote Le Pen est maximal dans les zones industrielles dévastées du Nord et de l'est du bassin parisien, où les ouvriers sont encore nombreux, alors que la carte traditionnelle du Front national présentait des valeurs maximales sur la façade méditerranéenne. Il n'est pas absurde d'imaginer que, pour le second tour, les ouvriers puissent rebasculer à gauche. Le score de Ségolène Royal dans le monde ouvrier, avec 24%, est le double de celui de Jospin en 2002. C'est une surprise rassurante : la barrière égalitaire n'a pas cédé. On reste dans un monde raisonnable. Les ouvriers ont compris que Sarkozy est l'homme des patrons. Dans sa campagne finale, je conseillerais à Ségolène Royal de ne surtout pas oublier les ouvriers. Ils détiennent autant que les centristes une clé de l'élection.


Historien et anthropologue, Emmanuel Todd est chercheur à l'Institut national d'Etudes démographiques et spécialiste de sociogéographie électorale. Il est notamment l'auteur du « Destin des immigrés » (Seuil) et de « l'Illusion économique » (Gallimard).
Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /2007 09:40
Rebonds
Economiques
 
Plus jamais ça
 
Par Thomas PIKETTY
 
QUOTIDIEN : jeudi 10 mai 2007
Quelles leçons la gauche peut-elle tirer de la défaite de dimanche ? Pour certains, la cause était entendue depuis longtemps : la France s'est droitisée et s'est mise à rêver de Sarkozy, rien ne pouvait y résister. Argument peu persuasif : toutes les études montrent qu'une majorité de Français a toujours eu peur de Sarkozy et de ses dérives. Le vote Bayrou exprime clairement les craintes suscitées par le nouveau président, y compris à droite.
Pour d'autres, la défaite s'expliquerait par une erreur de casting : pas assez expérimentée, pas assez crédible, en particulier sur les sujets économiques, Ségolène Royal ne faisait pas le poids. L'argument ne tient pas : la candidate socialiste a démontré qu'elle avait les capacités et surtout la volonté de renouveler le logiciel économique de la gauche, en développant un discours positif sur la priorité donnée à l'investissement dans la formation et la recherche, en insistant avec force sur la responsabilisation des acteurs, la décentralisation et le refus du tout-Etat, les nécessaires contreparties entre droits et devoirs. Il est probable que seule Ségolène Royal, grâce à son extériorité par rapport au PS et à la légitimité conférée par le vote des militants, était en capacité de lancer l'appel au dialogue à Bayrou entre les deux tours, impératif politique et démocratique évident qui conditionne les victoires futures (comment prétendre prendre en compte les aspirations populaires en feignant d'ignorer que Buffet a rassemblé 1,9 % des voix et Bayrou 19 %?).
En vérité, la gauche a, avant tout, souffert d'un problème de timing. Il aurait fallu bien plus que quelques mois pour construire un programme présidentiel suffisamment charpenté. Pour développer des positions sociales-démocrates fortes et convaincantes sur les grandes questions économiques et sociales (enseignement supérieur et recherche, retraites, santé, fiscalité, marché du travail,...) qui, toutes, exigeront de douloureux ajustements intellectuels chez nombre de militants et sympathisants de gauche, plusieurs années de débats et de patient travail de conviction sont nécessaires. Désignée en novembre, et quels que soient son pragmatisme et son énergie, il était tout simplement impossible pour Ségolène Royal de réaliser ce travail d'ici au mois de mars, surtout après que ses sympathiques compétiteurs internes lui avaient savonné la planche en lui instruisant un procès en incompétence économique.
L'erreur fondamentale commise par le PS entre 2002 et 2007 est d'avoir cru, ou d'avoir feint de croire (car en réalité personne n'était dupe), qu'il était possible de repousser le choix du candidat après la rédaction du programme. Le résultat objectif est que pendant quatre ans, de 2002 à 2006, les socialistes n'ont parlé de rien. Pour une raison simple : il était impossible pour qui que ce soit de prendre une position forte sur un sujet difficile, de peur de se faire canarder dès le lendemain matin par les petits camarades présidentiables. Résultat des courses : le programme adopté par le PS en 2006 est une fontaine d'eau tiède, dans laquelle toutes les questions qui fâchent ont été soigneusement évitées. Les nouvelles couleurs données à ce programme par Ségolène ne pouvaient suffire à le rendre crédible aux yeux des Français.
Exemple évident illustrant ce point : la terrible séquence du débat télévisé portant sur les retraites, dans laquelle Sarkozy a conduit la candidate socialiste à proposer une taxe sur les revenus boursiers. Non pas qu'une telle taxe soit, en tant que telle, inenvisageable : le fonds de réserve pour les retraites est déjà en partie alimenté par une (modeste) contribution sociale sur les revenus de placement, et rien n'interdit de la relever dans le cadre du nécessaire rééquilibrage travail-capital de notre système fiscal. Mais cette réponse tout de même un peu courte rappelait à des millions de Français que pendant des années les socialistes se sont contentés de célébrer l'abrogation future de la loi Fillon. Alors même que l'immense majorité de l'opinion sait depuis des années que la pérennité de notre système de retraites exige des réformes précises et courageuses.
La priorité aujourd'hui est de tout faire pour éviter cette erreur en 2007-2012. Il faut qu'avant la fin de l'année 2007 ait lieu, sous une forme ou sous une autre, un vote des militants (éventuellement élargi aux sympathisants), auquel se soumettront tous ceux qui aspirent à mener le projet socialiste, et qui permettra de désigner un leader incontesté jusqu'en 2012. On entend déjà les arguments fallacieux expliquant qu'une telle personnalisation serait contraire à l'identité collective du parti, etc. En vérité, c'est exactement le contraire : c'est justement parce que les questions de personnes sont totalement secondaires par rapport aux questions de programmes et aux débats d'idées (contrairement à une idée répandue, de très nombreuses personnes ont les qualités pour être président de la République, même Sarkozy) qu'il faut s'empresser de trancher les premières pour pouvoir vite passer aux secondes. Pour sortir au plus vite du combat des chefs et éviter que la catastrophe ne se reproduise, il est urgent aujourd'hui que les militants et sympathisants se mobilisent fortement.
Thomas Piketty est directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'Ecole d'économie de Paris.
© Libération
Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /2007 09:55

La France a un vrai problème d'identité

La Tribune, 07/05/2007


Ces dernières semaines Marcel Gauchet s'est révélé comme l'un des analystes les plus pertinents de la vie politique française. Selon le philosophe, le principal défi posé au nouveau chef de l'État, et à son futur gouvernement, sera de réconcilier les Français et leurs dirigeants politiques et économiques. Cela passera par une redéfinition de l'identité française adaptée au contexte de la mondialisation. Le rédacteur en chef du " Débat " estime que l'Europe peut être une puissance de protection et de régulation face à cette nouvelle donne.

 

Quel sont les défis que va devoir relever le nouveau chef de l'Etat ?

 

Marcel Gauchet : L'agenda officiel a été abondamment développé pendant la campagne électorale. La première préoccupation des Français est le chômage. Derrière se profilent le problème de la croissance, les réformes liées au marché du travail, la question du financement de l'Etat providence. Mais, au-delà de cet agenda bien connu, il y a un agenda caché. Le principal défi étant, selon moi, la réconciliation des Français et de leurs dirigeants politiques et économiques. Elle passe par la capacité des élites à proposer à une société angoissée, déprimée et sceptique devant le contexte de la mondialisation une version de l'identité française adaptée à cette nouvelle donne. Car la société française est habitée par une vrai dépression collective. « Nous sommes foutus », entend-on dans des milieux très divers, que ce soit de façon résignée ou révoltée. Les Français ont une telle préoccupation d'eux-mêmes qu'ils ont d'ailleurs été aspirés pendant toute cette campagne par un climat d'introspection et d'inquiétude. Les hommes politiques doivent répondre à cette question d'identité. Car, pour affronter le monde, il faut d'abord être sût de ce qu'on est et de la partie qu'on peut y jouer. Sinon, on retrouvera les blocages de la société française, sa capacité de résistance aux changements, dont elle ne manquera pas de faire montre dès les premières mesures annoncées.

 

Cette question n'a-t-elle pas émergée de façon biaisée dans la campagne électorale ?

 

Elle a été soulevée par Nicolas Sarkozy au travers de la thématique de l'identité française qu'il a biaisée, à mon sens, en la liant à l'immigration. La France a un vrai problème d'identité. Mais l'immigration n'est qu'un petit aspect de cette question qui est essentiellement fonction du contexte de la mondialisation. Les Français sont très impliqués dans celle-ci mais, en même temps, ils ont une grande incertitude sur ce qu'ils vont y devenir et sur la manière dont ils peuvent se comporter. La France est un pays qui a une équation très particulière. C'est une ex-grande puissance qui supporte mal d'avoir perdu son statut. Les Français veulent faire la course en tête. Ils souffrent de l'inadéquation entre l'héritage de leur histoire et les règles de la compétition actuelle qui les condamne à une forme de marginalité. Ils n'ont pas envie de devenir des Suisses. Ils ont peut-être tort !

 

Pour redéfinir cette identité nationale, vous préconisez de faire de l'Europe une puissance de protection, de régulation face à la mondialisation…

 

Cela me semble un horizon à la fois raisonnable et le seul à même de donner un vrai contenu à l'idée européenne. L'Europe actuelle n'est pas une communauté de protection ; elle n'est pas non plus une communauté politique. C'est l'une de ses grandes faiblesses auprès des peuples. Elle est nouvelle. Quelle a été au départ la légitimité de la construction européenne ? Pas simplement de faire la paix, mais de nous protéger contre l'Union soviétique. L'Europe a été portée par l'évidence de la défense contre le communisme. L'Union européenne est née et s'est développée avec la chance historique d'avoir une dimension politique au sens fort du terme, la lutte pour les idéaux de la liberté. Quand François Mitterrand relance$ la politique européenne, à partir de 1983, pour faire oublier l'échec de la « construction du socialisme dans un seul pays », c'est au lendemain de la crise des euromissiles. Ce qui donne un crédit formidable à son discours. La menace soviétique justifie le grand marché. Les Français étaient assez à l'aise avec cette équation. Ils étaient à la fois pour la défense de l'Europe contre l'Union soviétique et pour l'indépendance vis-à-vis des Etats-Unis. Avec cette situation, c'est la dimension politique implicite de la construction européenne qui s'est évanouie. Elle est à réinventer.

Le discours politique peut-il rassurer sur les enjeux de la mondialisation ?

 

Depuis la disparition de l'Union soviétique, les hommes politiques considèrent qu'ils n'ont plus à faire de politique. La politique, pour eux, se réduit à l'économie…Il y a une sorte de régression de l'ambition du discours politique qui crée une frustration considérable dans les populations. Le contenu politique de l'Europe actuelle se résume à la dissolution des problèmes dans les subventions. Les Américains font de la politique au Moyen-Orient, les Européens arrivent après la bataille. A cette défaillance générale se mêle un travers classique de nos élites. Leur universalisme, qui est une vertu, les pousse à ignorer les spécificités locales au profit du modèle global, ce qui est un grave défaut. D'où le sentiment d'abandon, voire de trahison des populations. Depuis des années, la société française hurle « et nous là-dedans ? » Pour jouer dans la cour des grands, il faut être sûr de ce qu'on est, de ses moyens et de son projet. Qu'allons-nous devenir, nous Français, compte tenu de ce que nous sommes, dans ce monde mondialisé ? Voilà la question à laquelle le discours politique doit répondre.

 

A vous entendre, il n'y a pas à s'inspirer d'un modèle étranger pour réformer, mais il faut plutôt écouter les Français d'en bas…

 

Il faut faire les deux ! il faut bien sûr aller voir ce qui a été fait ailleurs, au Canada, en Suède, au Japon… Mais pas pour transposer des modèles, plutôt pour en tirer les leçons. Il s'agit de greffer, pas de substituer. C'est beaucoup plus compliqué, cela prend du temps, cela demande de fixer des démarches claires, mais à l'arrivée les résultats sont plus probants. Les hommes politiques devraient finir par en avoir assez des déroutes qui suivent les effets d'annonce. Tous ces plans grandioses remballés après avoir mis 500 000 personnes dans la rue, on connaît. Il est temps de trouver autre chose…

 

On a beaucoup parlé des valeurs au cours de cette campagne électorale. Qu'est-ce que le débat autour de la pensée 68 vous inspire ?

 

C'est un débat très français quelque peu théologique : l'immaculée conception de mai 68 contre le péché originel d'où vient tout le mal…Il exprime en fait un conflit générationnel larvé. La génération des baby-boomers a exercé une hégémonie politique et sociétale extrêmement forte, en termes de valeurs, qui a pesé lourdement sur les générations qui ont suivi, partagées entre la révérence pour ces héroïques combattants et l'envie de les faire taire. Elle ont eu de la peine à trouver leur voie propre. Ce débat générationnel a constitué l'arrière-fond de la campagne, d'une manière assez normale, car l'heure de la relève a sonné. L'élection présidentielle de 2007, c'est l'élection du « on tourne la page, on change d'époque ». Elle marque la fin d'un cycle politique, le « mitterrando-chiraquisme », qui a couvert l'hégémonie culturelle de la génération des baby-boomers.

Vous dites qu'en France le poids des tabous et de la langue de bois est insupportable...

 

 

Ah oui ! c'est le fait des baby-boomers et des soixante-huitards en particulier, et j'en parle de l'intérieur ! Après avoir été gauchistes, ils sont devenus antitotalitaires et, après avoir été antitotalitaires, ont pris la défense des droits de l'homme. Ils ont donné à ces messages politiques un caractère absolu, particulièrement fort. Cela a conduit à une domination du discours public par des valeurs suprêmes au nom desquelles on n'a pas le droit de regarder la réalité…

Par exemple ?

Il n'est pas permis de discuter d'un sujet comme l'immigration qu'au niveau des grands principes. Alors que l'immigration n'est pas un problème métaphysique mais un problème purement prudentiel. C'est une question de nombre, de rythme et de conditions concrètes – de travail, de logement, d'éducation, etc.. C'est quelque chose qui doit être géré d'une manière totalement pragmatique. Evidemment, cela engage des questions de liberté, de droits des personnes. Qui en doute ? Mais ce n'est pas cela qui doit primer, faute de quoi vous nagez dans l'irréalité.

Ajoutez à cela une autre dimension de notre héritage, l'attitude cléricale des élites vis-à-vis de la population et vous avez les ingrédients d'un divorce entre la base et le sommet. C'est l'empreinte catholique. Les élites françaises se sentent instinctivement en charge de faire le salut du peuple malgré lui, parce que, spontanément, il a de très mauvaises inclinations. Quand les grands principes sont assénés d'en haut par des gens qui tiennent un discours extrêmement méprisant à des populations qui ne comprennent pas, cela donne une fracture terrible des élites avec la réalité, et du peuple avec les élites. Voilà le genre de choses que le nouveau chef de l'Etat devrait méditer.

 

Que préconisez-vous pour sortir l'université et la recherche du marasme dans lequel elles sont plongées ?

Tout le monde compte sur l'Etat en France. Les chefs d'entreprise aussi. Ils dénoncent l'état de l'université, mais ils n'auraient pas l'idée de dépenser un centime pour lancer des universités privées. Les patrons américains ont des universités qui leur conviennent parce qu'ils ont donné beaucoup d'argent pour qu'elles marchent. Même chose pour la recherche. Ce n'est pas la faute de l'Etat si la part de la recherche privée est plus faible qu'ailleurs. C'est aux entreprises de jouer et elles ne le font pas. Comme par ailleurs, les scientifiques français ont un modèle hérité d'une grande tradition intellectuelle, ils valorisent en priorité la recherche fondamentale. Le problème est culturel.

Vous avez la dent très dure contre l'université...

Il n'y a pas lieu d'être optimiste. Mais les situations sont très contrastées. La moitié du problème, numériquement et socialement parlant, ce sont les ex-facultés des lettres, qui sont le lieu d'où partent tous les mouvements pittoresques qui font le charme de notre pays…Leurs étudiants trouveront du travail, mais sans rapport avec les études de sociologie, d'histoire de l'art, de psychologie, de communication qu'ils ont suivies…Le problème est très différent avec les facultés des sciences. C'est même l'inverse. Tous les bons étudiants en sciences vont dans les grandes écoles (d'ingénieurs, de commerce) ou préfèrent suivre des formations courtes (BTS, DUT) qui ont des débouchés professionnels directs. La chute des effectifs est dramatique dans certains endroits. Les facultés de droit marchent à peu près. Mais pourquoi ? Parce que l'on y a maintenu un système centralisé dominé par de grands concours nationaux, les agrégations du supérieur, qui font que le corps enseignant est dans l'ensemble d'une qualité remarquable. Quant à la médecine, c'est à moitié bon, à moitié mauvais. Le numerus clausus n'est pas une très bonne idée, puisqu'il conduit à sélectionner les futurs médecins sur des bases qui n'ont rien à voir avec la médecine ni avec les talents pour être praticien. Il faut être bon en physique et en chimie. Ce qui n'est pas forcément la meilleure façon pour former des médecins à la fois pointus et humains.

Vous dites que l'autonomie des universités est une fausse bonne idée…

 

C'est la solution magique, que tout le monde plébiscite…et qui peut se révéler la pire des choses. L'autonomie peut signer l'acte de décès de l'université en France. L'autonomie d'universités composées de fonctionnaires, sans concurrence, ne peut rien donner de bon. On ne peut pas mélanger les systèmes. Ils ont chacun leur cohérence. Ou bien la concurrence entre dans des établissements privés. Ou bien le pilotage central d'un système public qui veille, plus rigoureusement que le nôtre aujourd'hui, à garantir la qualité du corps enseignant. Car il faut de bons enseignants pour faire de bons étudiants. Personnellement, je serais partisan, dans l'idéal, de resserrer le système d'Etat, parce que c'est la tradition française, et le mettre en concurrence avec un système d'universités privées. Si nous ne créons pas ces dernières, les Américains le feront pour nous. Ils ont déjà commencé, l'université de Chicago est présente à Paris, celle de New York également…Ce n'est qu'un début. Le système scolaire français marche le mieux là où il y a concurrence entre l'école privée et l'école publique, en Bretagne et en Alsace. Tirons-en la leçon pour le supérieur. Encourageons la création d'universités privées et concurrentielles face à ces universités publiques qui fonctionnent selon un système centralisé. L'émulation sera féconde pour tout le monde.

A condition que les investisseurs privés répondent présents…


Il est vrai que le monde économique français bénéficie d'une situation de luxe incroyable avec le système des grandes écoles. Elles forment d'excellents ingénieurs, d'excellents commerciaux, d'excellents gestionnaires. Les entreprises n'ont pas à s'en tracasser car elles les ramassent à la sortie. C'est une rente. Le pays peut-il fonctionner durablement sur cette vitesse acquise et ce vivier étroit ? je ne le crois pas.

 

Propos recueillis par Pascal Gateaud et Stéphanie Tisserond
Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /2007 15:44

Que faire face à la situation scandaleuse au Darfour. Cette pétition est un geste à notre portée qui peut accélérer l'intervention de l'ONU

     Cette pétition a été mise en place au niveau européen et "il suffit" seulement de récolter 1 million de signatures en France avant le 1er juin (idem pour les autres pays européens) pour que l'ONU soit obligée de se rendre sur place afin de faire cesser les hostilités et d'amener des vivres et des médicaments aux quelques rescapés qui arrivent à échapper aux massacres.
>  

 Vous pouvez transmettre cette action à d'autres personnes qui aimeraient comme nous faire quelque chose

Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /2007 16:00

De l’ambition pour l’école !
Appel lancé à l’initiative du CRAP-Cahiers pédagogiques

Des personnalités soutiennent cet appel

Antoine PROST, professeur émérite, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - Francine BEST, directrice honoraire de l’INRP - Philippe MEIRIEU, professeur des universités - André GIORDAN, professeur, directeur du laboratoire de Didactique et Epistémologie des Sciences, université de Genève - Nicolas RENARD, président de l’OZP - Françoise CLERC, professeur en sciences de l’éducation, université Lyon 2 - Claude LELIEVRE, professeur émérite d’histoire de l’éducation, Paris 5 - Roger-François GAUTHIER, consultant à l’UNESCO - Pierre FRACKOWIAK, Inspecteur de l’Education Nationale - André OUZOULIAS, professeur, IUFM de Versailles - Violaine HOUDARD-MEROT, maitre de conférence, université Cergy-Pontoise - Jacques FIJALKOW, professeur, l’université de Toulouse-le-Mirail - Yves ROLLIN, proviseur du lycée Diderot de Marseille, président d’Education et devenir - Gilbert LONGHI, proviseur, chargé de cours en sciences de l’éducation, université Paris 10 - Philippe JOUTARD, historien, ancien recteur - Jean ROUCOU, président de Prisme - Jean-Louis PIEDNOIR, IGEN honoraire groupe mathématiques - Hervé HAMON, écrivain, éditeur - Stéphane BEAUD, professeur de sociologie, université de Nantes - Jean-Louis AUDUC, directeur-adjoint de l’IUFM de Créteil/Paris 12 - Alain BERESTETSKY, directeur de la Fondation 93 - Claude PAIR, ancien recteur d’académie - Eveline CHARMEUX, professeur honoraire, IUFM de Toulouse - André LEGRAND, professeur d’université - Michel TOZZI, professeur en sciences de l’éducation, université de Montpellier 3 - Rémi BRISSIAUD, maître de conférence de psychologie cognitive, université de Cergy-Pontoise, IUFM de Versailles - Eric de SAINT-DENIS, délégué général de la FESPI, Fédération des établissements scolaires publics innovants - André de PERETTI, écrivain, directeur honoraire de département à l’INRP - Jacques CARBONNEL, enseignant retraité, ancien directeur des Cahiers Pédagogiques - Guy BERGER, professeur émérite, université Paris 8 - Alain BOURGAREL, OZP - Jean-Michel ZAKHARTCHOUK, enseignant en ZEP - Pascale POMBOURCQ, présidente de l’APMEP (Association des professeurs de Mathématiques de l’enseignement public)

La question de l’éducation a été présente au cours des débats de l’élection présidentielle. C’est bien une question cruciale pour notre pays qui doit relever le défi de rendre l’école à la fois plus efficace et plus juste.
L’école française a progressé chaque fois qu’elle a su innover, se montrer hardie et capable de mobiliser les énergies comme au temps de Jules Ferry, puis au lendemain de la Libération ou encore lors du mouvement de démocratisation dans les années 70.
Aujourd’hui, une remise en cause du collège unique, un abandon des pédagogies capables de prendre en compte l’hétérogénéité des élèves, un retour à un enseignement sélectif constitueraient autant de régressions qui demanderaient de longues années pour être jugulées.
Dans la nouvelle période qui s’ouvre, il nous paraît indispensable d’avancer dans plusieurs grands chantiers :

Mettre en placevraimentun socle commun de connaissances et de compétences que tout le monde doit avoir acquis à la fin de la scolarité obligatoire. On ne progressera sur cette question que par une politique volontariste de formation des maîtres et par une réflexion qui intègre les nouvelles compétences citoyennes (défense de l’environnement, développement de l’esprit critique...). La dimension culturelle ne doit certainement pas être oubliée et fait partie intégrante de « fondamentaux » qui ne se réduisent pas à des apprentissages mécaniques.

Promouvoir des pratiques pédagogiques innovantes au service de tous les élèves. Pour cela, il convient, d’un côté, de respecter la liberté et la créativité pédagogiques des enseignants, tout en leur donnant un cadre national, et d’un autre, d’accompagner, d’évaluer et de diffuser les innovations. Les dispositifs nouveaux comme les Itinéraires de découverte, l’éducation au développement durable ou la découverte professionnelle ont en effet permis de constituer un capital d’expériences intéressantes qui demandent à être mutualisées.

Développer l’aide aux élèves en difficulté : une priorité qui ne se limite pas à un simple « soutien ». Des dispositifs intéressants comme les « Programmes personnalisés de réussite éducative » (PPRE) n’ont de sens que si une pédagogie différenciée est mise en oeuvre dans chaque classe. Le redoublement a montré son inefficacité ; il a été abandonné dans les pays dont les systèmes éducatifs sont les plus performants.

Encourager un véritable travail collectif dans les établissements. Les recherches ont montré que c’était la condition première pour toute lutte contre la violence, et à toute mobilisation contre l’échec scolaire. Ce travail en équipe doit être au centre du débat sur l’évolution des Zones d’éducation prioritaires (ZEP). Il réclame un temps qui devra être intégré au service des enseignants quand ce n’est pas déjà le cas.

Former aux nouvelles compétences en s’appuyant sur les recherches en éducation qui doivent être développées et diffusées. L’enseignant ne peut être un simple exécutant. Il faut lui donner de l’autonomie, l’encourager à se former et mettre en valeur ses réussites. Il s’agit de faire passer vraiment dans la pratique la nouvelle définition du métier préconisée par le Haut conseil de l’éducation.

Il faudra aussi avancer sur d’autres questions comme le poids du baccalauréat, sous sa forme actuelle, dans la formation du lycéen, l’évaluation chiffrée, ou encore la place du collège dans le cursus scolaire.

Sur tous ces sujets, il n’y a pas de réponses simples, ni en termes de moyens (même si ceux-ci sont indispensables), ni en termes de solutions toutes faites. Mais on ne peut les éluder. Les signataires de ce texte, pour leur part, sont prêts à contribuer à cette rénovation indispensable de l’école, qui ne pourra en aucune façon prendre la forme d’un retour vers le passé.

Le CRAP-Cahiers pédagogiques, le 6 mai 2007

Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /2007 16:51

Les Français ont cru élire un président de la République, ils n'ont élu que le PDG de France S.A. Et comme tout bon PDG, son but est de permettre à ses principaux actionnaires de faire le maximum de profits pour rentabiliser leur investissement.

Ses principaux actionnaires, ce ne sont pas les retraités qui ont voté pour lui pour transmettre leur petit héritage en franchise d'impôts (c'est déjà le cas pour la plupart). Non bien sûr, ce sont ceux avec lesquels il a dîné au Fouquet's : les Bouygues, Bolloré ... la crème du CAC 40. Ceux qui vont vraiment bénéficier de la suppression des droits de succession, du bouclier fiscal et autres gâteries.

Pour se maintenir, N. Sarkozy, outre les 3/4 des médias privés déjà aux ordres - et pour les médias publics, ce ne sera pas très différent ! - veut une majorité de godillots. Il a l'UMP, mais cela ne lui suffit pas. Comme tout bon PDG, il veut s'emparer de tout le marché. Après avoir récupéré l'électorat FN, il a réussi son OPA sur les élus UDF (22 sur 29) et va créer une UDF 'canal historique'  la filiale chargée de capter l'électorat centriste.  

ET BAYROU ? Il est en train de commettre l'erreur de croire que tous ses électeurs ont adhéré à son projet ni droite, ni gauche. Il oublie tous ceux qui ont voté pour lui uniquement pour battre Sarkozy, et dont beaucoup venaient de gauche. Disons le clairement, il n'a aucune chance dans la configuration politique actuelle. Il ne pourra même pas constituer un groupe à l'Assemblée nationale. Il va devoir se rallier ou disparaître, comme le MRP et le Centre démocrate autrefois. 

 

Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /2007 11:40

PARIS (Reuters) - Une semaine après la défaite présidentielle, le Conseil national du Parti socialiste a débuté à Paris avec un seul mot d'ordre, le jeu collectif, afin de ne pas hypothéquer les législatives.

"Aujourd'hui les enjeux ne sont pas des enjeux personnels", a déclaré Ségolène Royal qui est arrivée côte à côte avec François Hollande à la salle de la Mutualité, dans le centre de Paris.

"Je pense qu'il faut une mobilisation collective donc c'est le premier secrétaire qui va conduire cette campagne", a ajouté l'ex-candidate à la présidentielle.

"Moi je suis disponible pour m'engager pleinement dans cette campagne pour défendre les valeurs auxquelles je crois, auxquelles 17 millions de Français ont adhéré pendant cette campagne", a-t-elle poursuivi, seule devant les caméras.

Ségolène Royal devait ensuite s'exprimer à la tribune devant les délégués du Conseil national et les principaux responsables du PS. La réunion a pour but d'entériner le programme socialiste pour les législatives et les listes électorales.

Dominique Strauss-Kahn, qui s'est posé cette semaine en chef de file des rénovateurs sociaux-démocrates au sein du PS, ne s'est pas exprimé à son arrivée.

"Aujourd'hui, la priorité c'est à la fois les législatives et cette tâche qui est à la fois une tâche de rassemblement, on a absolument besoin de rassemblement", a déclaré de son côté Laurent Fabius, renouvelant ses critiques voilées à l'égard de la campagne très personnalisée de la candidate présidentielle.

"Il faut que l'on pratique un peu plus le 'nous' et un peu moins le 'je'", a expliqué l'ancien Premier ministre avant de mettre en garde les tenants d'une ouverture du PS au centre.

"Nous devons rassembler la gauche et les Verts et puis nous devons évidemment être ouverts à tous ceux qui veulent nous rejoindre mais si vous appuyez à la fois dans une voiture sur la pédale droite et sur la pédale gauche, en général ça donne peu de résultats", a-t-il prévenu.

A leur arrivée à La Mutualité, haut lieu de la gauche parisienne, les "éléphants" ont découvert une mini-manifestation de soutien à Ségolène Royal.

Sur des nappes blanches à petites fleurs roses, des militants de la Ségosphère et de Désirs d'avenir avaient inscrit: "Gloire à nos dirigeants qui font bloc avec Ségolène".

Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /2007 16:04

PARIS (Reuters) - Dominique Strauss-Kahn impute la défaite de Ségolène Royal à l'élection présidentielle à un discours "éloigné du réel" sur un grand nombre de sujets, dont les retraites et le nucléaire.

"Cette défaite a des racines profondes, c'est que nous nous sommes éloignés du réel", a déclaré l'ancien prétendant à l'investiture présidentielle du PS lors du Conseil national du parti au palais de la Mutualité, dans le centre de Paris.

"Sur un ensemble de sujets, on n'a pas apporté aux Français une réponse qui était audible, on peut prendre mille exemples", a ajouté l'ancien ministre des Finances.

Selon Dominique Strauss-Kahn, "sur les retraites, on se retrouve avec un programme du parti d'un côté et une candidate de l'autre incapables de dire '37,5 années ce serait souhaitable, malheureusement dans la société qui est devant nous ce n'est pas possible'".

"Si on n'assume pas ça, on a un discours qui n'est absolument pas audible", a-t-il estimé.

Sur le nucléaire, "ou l'on dit : 'pour des raisons qui sont liées à l'effet de serre, on pense que le nucléaire est une bonne solution même s'il faut développer autant que faire se peut les énergies renouvelables' ou l'on dit le contraire".

"Quand on est entre-deux sur trop de sujets, on s'éloigne de la réalité", a encore expliqué le député du Val-d'Oise.

Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /2007 16:06

PARIS (Reuters) - Ségolène Royal se prononce pour une réforme du calendrier interne du Parti socialiste afin que le candidat à la présidentielle de 2012 soit désigné rapidement après les élections législatives, dès le prochain congrès du PS.

Moins d'une semaine après sa défaite face à Nicolas Sarkozy, l'ex-candidate a déclaré à sa sortie du Conseil national que la solution "la plus cohérente" serait que le futur premier secrétaire du PS soit également le candidat socialiste à l'Elysée.

"Il ne faut pas forcément le même qui est candidat et à la tête du parti mais c'est plus cohérent (...) En tous cas, il faut de la clarté au moment de la désignation, au moment du congrès", a déclaré la présidente de Poitou-Charentes.

"Je ne ferme jamais la porte. Il faut toujours être créatif, imaginatif. Chaque époque nécessite de nouvelles règles", a-t-elle fait valoir en quittant La Mutualité juste après le discours de François Hollande.

Ségolène Royal, désignée par les militants socialistes en novembre dernier à l'issue d'une primaire interne de plus d'un an - un "processus épuisant" dont elle dit être sortie "affaiblie" - n'a pas donné de date précise pour ces échéances internes.

Cela doit se faire "après les élections législatives, oui bien sûr. Dès le prochain congrès, quand la date sera fixée", a-t-elle expliqué.

"La question du calendrier n'est pas arrêtée (mais) il faudra qu'on ait un congrès qui ne tarde pas trop", a précisé aux journalistes son co-directeur de campagne, Jean-Louis Bianco, évoquant le mois de septembre prochain ou une date ultérieure, après les municipales qui sont pour l'instant fixées à mars 2008.

"A titre personnel", l'ancien secrétaire général de l'Elysée "pense qu'il faut que le leader du parti soit le candidat ou la candidate".

Il faut de la "clarté, de la cohérence et de la discipline", a martelé Ségolène Royal, livrant en creux un diagnostic de sa campagne présidentielle dont elle rend responsables pour partie les "éléphants".

Il y a eu "sans arrêt des flottements, des trahisons, des prises de distance, des commentaires, ce que l'UMP n'a pas eu", a-t-elle commenté.

"Pour empêcher cela par rapport à la discipline dont a fait preuve l'UMP, à toute épreuve, il faudra réformer le calendrier et donc ça veut dire que la désignation du candidat ou de la candidate se fasse rapidement et qu'ensuite que le projet soit fait avec le candidat ou la candidate et que le parti fasse totalement bloc derrière", a-t-elle insisté.

Par EXCOFFIER Jean - Publié dans : Actualité politique nationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés